FAUT-IL ALLER VOIR « THE DANISH GIRL » ?

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Faut-il aller voir The Danish Girl ? Antigone21.com

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Ce week-end, je suis allée voir The Danish Girl au cinéma.

L’histoire ? Elle est inspirée de la vie de l’artiste danoise Lile Elbe, née Einar Wegener et connue comme étant l’une des premières personnes transgenres à avoir réalisé une opération de réattribution sexuelle. Le film, réalisé par Tom Hooper, retrace l’évolution de Einar, jeune peintre en vogue, devenu Lili avec le soutien de son épouse, l’artiste Gerda Wegener.

Copenhague, 1926. Einar et Gerda sont jeunes mariés. Les paysages d’Einar sont acclamés, tandis que les portraits de Gerda se vendent difficilement. Le personnage de Lili apparaît au détour d’une séance de pose, durant laquelle Einar se voit contraint de remplacer une modèle et de revêtir robe et collants. Petit à petit, Lili prend une place de plus en plus importante dans le couple, déterminée à « tuer » Einar, l’homme que Gerda aime toujours. C’est le point de vue de cette dernière, complice de ce qui naît comme un jeu, mais finit par la dépasser, que nous présente le réalisateur. En l’espace de deux heures, ce film nous plonge dans les heurts, tergiversations et questionnements que suscite cette transformation, tout en nous laissant apercevoir la réception d’un tel changement dans une société de l’entre-deux-guerres encore terriblement conservatrice.

Le sujet, délicat, appelle à un traitement fin et intelligent, qui évite représentations stéréotypées et caricature. Quand on connaît Tom Hooper, réalisateur du Discours d’un roi et Des Misérableset au regard du casting de choc réuni pour l’occasion (Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Amber Heard…), on peut s’attendre à un film esthétiquement réussi, mais dont l’ambition franchement avouée est de plaire au grand public et de décrocher un, deux, voire trois Oscars. Une équation complexe. Peut-on parler d’un pari gagnant ?

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The Danish Girl est, en bien des points, une réussite.

Une réussite pour le sujet auquel il s’attelle. Si le film souligne combien la transidentité est peu acceptée, voire totalement rejetée, dans l’Europe des années 20, on peut rappeler que c’est encore très majoritairement le cas au XXIè siècle. Le désir profond exprimé par Einar de devenir Lili est taxé de folie par le corps médical. Les divers médecins le voient comme un schizophrène, quand ils ne souhaitent pas tout simplement l’interner ou le soumettre à une radiothérapie censée le « libérer de sa perversion ». Seule sa femme, Gerda, et, à moindre titre, deux de ses amis, le soutiendront dans son projet. The Danish Girl n’est pas le premier film à traiter de ce sujet, mais dans un univers cinématographique dominé par la cis- et l’hétéronormativité, il était temps d’offrir une meilleure représentation à toutes celles et tous ceux qui s’éloignent des schémas majoritaires.

Une réussite également pour le jeu de ses acteurs. Si j’ai apprécié la prestation d’Eddie Redmayne, j’accorde encore plus de mérite à Alicia Vikander, dont l’image de femme aimante, ouverte et forte, qui accepte de sacrifier son couple pour soutenir la personne qu’elle aime, est particulièrement émouvante. Notons à ce titre que le titre du film, « the Danish girl », renvoie tout autant à Lili Elbe qu’à Gerda Wegener.

Une réussite enfin, car le film en appelle à notre raison tout autant qu’à notre empathie et nous n’en ressortons pas indemnes. Personnellement, j’ai maudit mon oubli de mouchoir ce jour-là et ai entendu la salle accompagner bruyamment mes reniflements au moment du clap final.

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The Danish Girl est donc un bon film. Qu’est-ce qui, pourtant, l’éloigne du chef-d’oeuvre ?

Un traitement peu subtil du sujet. J’avoue que je ne connaissais pas l’histoire de Lili Elbe et de Gerda Wegener avant de voir le film. Je n’ai donc pas pu distinguer ce qui est un reflet de la vérité ou ce qui naît de l’imagination du réalisateur, mais j’ai été particulièrement agacée par le symbolisme outrancier de la trame narrative. Il est certes délicat d’amener et de traiter un sujet aussi complexe en à peine deux heures, mais nous donner à voir, dès les premières minutes du film, la main d’Einar s’égarant sur les manteaux de femme comme un signe de sa transidentité latente était peut-être un peu facile. Comme il était facile de nous présenter Gerda en femme dominante qui se vante d’avoir fait le premier pas et séduit le timide Einar, fume la cigarette d’un air assuré, s’amuse à exercer son ascendant sur ses modèles masculins et verse dans la fémellisation forcée vis-à-vis de son mari. De là à voir en elle « l’homme » du couple, il n’y a qu’un pas, qu’on aimerait n’être pas tenté de franchir.

De la même manière, on déplorera l’enfermement du personnage d’Einar/Lili dans une représentation de la féminité et du transgendérisme très stéréotypée. Il semble que l’évolution d’Einar en Lili ne soit dépeinte que par un excès de fanfreluches, de minauderie et de sourires rougissants, que sauve à peine l’interprétation – pourtant réussie – d’Eddie Redmayne. Là où Tom Hooper aurait pu dépeindre les questionnements et tourments liés à la confusion des genres, il s’arrête à un choix narratif peu subtil, frisant parfois la caricature. De la même manière, Hans, l’ami d’enfance d’Einar interprété par Matthias Schoenaerts (aparté : le sosie de Vladimir Poutine), vient ici jouer le mâle alpha, dont l’existence semble n’avoir pour seul but que d’incarner les frustrations sexuelles de Gerda et dessiner le contrepoint de son mari devenu femme. On se serait bien passé de ces poncifs essentialistes dans un film qui entend dépasser les clichés de genre. Ne parlons pas du rideau tiré au milieu du lit pour marquer physiquement le fossé symbolique qui s’est glissé entre les deux époux : too much.

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On regrettera par la même occasion le choix narratif du film. Certes, nous donner à voir l’histoire de Lili à travers les yeux de Gerda est une idée originale qui permet de ne pas se concentrer uniquement sur le personnage principal, mais d’évoquer de près la réception de son cheminement. Gerda devient, au même titre que Lili, l’héroïne de ce film, tendant parfois même à lui dérober la vedette tant le jeu d’Alicia Vikander est convaincant.

Pourtant, on aurait aimé un traitement plus ample et plus profond du personnage de Lili. S’arrêter sur ses doutes, ses craintes, ses désirs, ses frustrations, son courage, sa force, son évolution intérieure. De tout cela, nous n’aurons qu’une esquisse. A la place surtout, nous nous arrêtons à une image relativement superficielle de celle qui est pourtant considérée aujourd’hui comme une figure de proue du mouvement transgenre. Notons à ce titre que si le film a été globalement acclamé à sa sortie, il a fait l’objet de critiques issues de ce même mouvement, portant notamment sur le choix d’un acteur cisgenre pour jouer le rôle de Lili. Une actrice transgenre aurait peut-être été mieux placée pour donner à voir ce cheminement intérieur.

Plutôt que fouiller les personnages, Tom Hooper a choisi un traitement axé sur le mélodramatique, à grand renfort dyeux mouillés et de nez qui coulent. Alors, certes, c’est réussi, nous nous émouvons beaucoup. Mais peut-être était-ce là un chemin trop aisé à emprunter et j’aurais certainement préféré une analyse psychologique plus creusée. Cela aurait peut-être été possible si le réalisateur avait respecté la chronologie de la vie de Lili Elbe : celle-ci s’est mariée en 1904, a commencé à se travestir en 1908 et n’a été opérée qu’en 1930. Dans le film, ces étapes prennent tout au plus un an ou deux : on gagne en intensité dramatique ce que l’on perd en véracité et profondeur.

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Enfin, on peut déplorer les raccourcis opérés par le film. Faute d’explications, nous peinons à comprendre pourquoi la transformation d’Einar en Lili passe par une modification de son orientation sexuelle et un rejet de son épouse. Einar a-il toujours été attiré par les hommes ? Ne le présente-t-on pas au début du film comme amoureux éperdu de Gerda ? Lili semble pourtant la laisser tomber comme une vieille chaussette sitôt sa transformation entamée. Si Tom Hooper s’était appuyé sur la vie réelle de Lili Elbe et notamment ses mémoires, Man into Womanplutôt que sur le roman à succès de David Ebershoff qui a trait davantage à la fiction qu’à la biographie, peut-être aurait-on eu une vision plus juste des choses, notamment si l’on sait que Gerda Wegener était, semble-t-il, lesbienne et aurait encouragé la transition d’Einar en Lili. Du reste, il semble qu’Einar aurait été lui-même homosexuel avant son mariage. Bref, ce n’est pas tant la part de vérité ou non qui m’a agacée ici, mais plutôt la confusion entre identité de genre et orientation sexuelle induite par le film.

On regrettera par ailleurs la volonté du réalisateur de lisser et rendre « présentable » une histoire qui aurait pu – Seigneur ! – choquer la ménagère de 50 ans. A ce titre, une seule peinture parmi celles qu’a véritablement peintes Gerda Wegener apparaît à l’écran. Est-ce parce que les tableaux érotiques de l’artiste, dépeignant souvent des amours lesbiennes, auraient fait défriser certain-es de nos concitoyen-nes ? Du Paris très libéré des années 20 – la raison même de l’emménagement de Lili et Gerda dans cette ville -, il n’est également pas question dans le film. Pas plus que du remariage de Gerda ou de l’intersexuation de Lili, pourtant mentionnée dans ses mémoires.

Bref, on nettoie, polit, lisse, romance une histoire qui aurait pourtant méritée d’être contée comme telle. On s’inspire des véritables transgenres, acteurs ou auteurs, qui ont permis le film, mais on ne leur offre pas l’écran. On obtient la grande histoire d’amour hollywoodienne de l’année, celle qui fait le bonheur du grand public et des Oscars, alors qu’on aurait pu aboutir à un film politique, représentatif et engagé. Et c’est dommage.

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Donc voilà, en définitive, un film en demi-teinte, qui m’a plu, dérangée, agacée, touchée, et que, malgré toutes ces critiques, je vous encourage à aller voir. Certes, ce n’est pas un film parfait, loin de là, mais c’est un film qui donne matière à réflexion et discussion (la preuve, cet article). Allez-y prévenus, avec quelques réserves et précautions, mais allez-y quand même.

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Votre opinion sur ce film ?

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33 réflexions sur “FAUT-IL ALLER VOIR « THE DANISH GIRL » ?

  1. Bonsoir! J’ai très envie de le voir, et ton post m’y encourage. Je m’attendais aux écueils que tu cites, ce qui ne m’étonne pas. C’est bien aussi de faire du grand public, et de sensibiliser tout le monde.
    Un passage me gêne « Notons au passage que si le film a été globalement acclamé à sa sortie, il a fait l’objet de critiques issues de ce même mouvement, portant notamment sur le choix d’un acteur cisgenre pour jouer le rôle de Lili. Une actrice transgenre aurait peut-être été mieux placée pour donner à voir ce cheminement intérieur. »..
    Le travail d’acteur n’est-il pas justement de donner à voir ce que l’on ne connaît pas soi-même. Ca m’énerve, reproche-t-on à Cary Grant d’avoir joué les hétérosexuels???? Non, je trouve ce genre d’arguments injustifiables et justement ségrégationnistes (ce ne pas le bon terme, je sais, je suis fatiguée, et le mot me reviendra plus tard).
    Merci néanmoins pour la critique! au plaisir de te relire!

    • Je comprends ta gêne, Marie. Cela se discute, mais on peut néanmoins objecter que ce film aurait peut-être eu plus d’impact s’il avait donné la chance à des acteurs ou actrices trans d’être représenté/es à l’écran. Le monde du cinéma est encore extrêmement normé et il est problématique que les genres et orientations sexuelles minoritaires n’y soient pas davantage représentés. Personne ne s’offusque de voir ici un cisgenre jouer le rôle d’une femme trans, mais je n’ose imaginer le nombre de voix qui se seraient élevées si une trans jouait le rôle d’un cisgenre à l’écran (on peut faire une relative comparaison avec le ‘scandale’ récent qui a accompagné le choix de Noma Dumezweni pour jouer Hermione au théâtre dans la pièce de JK Rowling).

      • Très intéressant comme réflexion! Perso je suis une grande fan d’Eddie Redmayne donc j’ai hâte de le voir dans ce film… mais du coup j’ai aussi peur d’être déçue face à ses « minauderies »!
        Comme actrice trans j’aurais bien vu Jamie Clayton dans ce rôle, elle sait absolument tout jouer…Sans aucun risque de minauderie 🙂

  2. Bravo pour votre analyse. J’ai vu ce film, ai beaucoup pleuré ( bouleversée par ce sujet qui me touche personnellement), et une fois l’émotion retombée , je’ai pu en faire la critique comme vous le faîtes. Vous êtes allée plus loin dans vos recherches et commentaires sur la vraie vie de Lili et ça me donne envie d’en savoir plus. Tant de visages en larmes et de minauderies effarouchées … Mais bon, je ne regrette pas !

    • Merci ! Il faut effectivement attendre que l’émotion retombe avant de pouvoir réfléchir au film en lui-même, car on en sort très marqué au départ. J’avoue que l’histoire de la vie de Lili Elbe m’a beaucoup intéressée et donné notamment envie de lire ses mémoires (plus que le roman dont est tiré le film !).

  3. Ce film n’atteindra sans doute jamais ma campagne, donc je lis avec intérêt ton exégèse ,je découvre cette histoire: je ne savais pas que la chirurgie avait déjà atteint ce niveau en 1930 ; mais connaissant une personne qui est passée par là quelques décennies plus tard, j’imagine les difficultés traversées pour changer de statut à l’époque…et le regard des  » autres »

  4. Merci pour cette critique. J’apprécie le fait que tu écrives avec l’envie, on le ressent, d’être complète et honnête et que tu aies fait toutes ces recherches. Pour ma part, le lancement du film m’a beaucoup intriguée! Comme tu dis, le sujet permettait pas mal de possibilités cinématographiques. Dommage donc que hollywood n’en profite pas, mais, comme dit Marie, ce n’est pas surprenant. Je suis quand même contente que cette question de l’identité puisse maintenant se poser. Bien ou mal posée, cette réflexion permet une vraie discussion qui, je l’espère, pourra aider des personnes en souffrance de s’exprimer et d’être entendues.
    Bref, bravo pour ton article qui me paraît très complet. Bises

  5. Une critique qui donne envie d’aller voir le film. J’ai hâte de me faire ma propre opinion, même si je sais d’avance que j’aurai sans doute la même que toi (je vois tout à fait le genre de défauts que tu reproches au film et en fait je m’y attendais). J’espère qu’il passera dans ma campagne profonde. Sinon j’achèterai le DVD à sa sortie.

  6. En sortant de la salle… Je suis demandé si j’avais aimé ou détesté ce film. Après une heure je me suis rendue compte que je l’avais aimé. Il m’a juste un peu dérangé, pas pour le sujet en soit… Mais j’avoue que j’aime bien parfois m’identifier aux personnages d’un film… Mais la ce n’était pas du tout le cas, j’essayais de comprendre la réaction de ses personnes … Mais ce n’est pas facile… La distinction flagrante entre Einar et Lily. Mais comment une personne peut être en réalité deux personnes. Et sa femme ? Comment peut elle supporter ça ? Un amour inconditionnel. C’est beau c’est touchant… Mais dérangeant. Un film assez particulier. Ça change mais je n’en regarderais pas tous les jours. Mention très spéciale pour les acteurs… Parce que WOW !

  7. Aaah ton billet tombe à pic justement je me demandais si je devais aller voir ce film, la bande annonce m’avait attirée et intriguée à la fois, j’avais peur que l’on tombe dans les clichés habituels liés aux « genres » (ce qui semble être un peu le cas tout de même à te lire) mais je pense que je vais, comme tu nous le conseilles, aller au cinéma ce week-end 🙂
    D’ailleurs il y a aussi un film qui sort demain qui me tente aussi, « Les Saisons » de Jacques Perrin dont j’ai entendu parler pour la 1ère fois ce soir sur France Inter, seul hic les sponsors du film…. mais bon, le film ayant une vocation à sensibiliser le grand public à l’écologie, pourquoi pas… tu en as entendu parler ?
    Je te souhaite une belle soirée ! Bises

    PS: merci pour les petites recettes de biscuits 🙂

  8. bonsoir , quelle analyse , c’est impressionnant! merci pour cette fluidité tant dans ton écriture que dans tes idées, ça coule …de source!!!! en effet, le sujet est intéressant et cela me plairait bien d’aller voir ce film bientôt! passe une belle soirée et merci pour ce talentueux partage!!!

  9. Je l’ai vu deux fois, version française puis en V.O., il m’a plu et le personnage de Gerda m’a vraiment touchée. Einar/Lili aussi mais par moments, le « surjeu » ou « les minauderies » de Redmayne m’ont un peu détachée du personnage, le sentiment que l’on voyait trop l’acteur masculin dans son rôle. Sans doute qu’un/e interprète transgenre aurait mieux convenu (??? je ne sais pas, je m’interroge).
    Mais j’ai globalement aimé, vraiment et je le conseillerai sans problème.
    En tout cas, bel avis.

  10. Bonjour Ophélie, merci pour ton analyse. Je n’ai pas vu le film mais, sur le même sujet, je ne peux que te conseiller Laurence Anyways de Xavier Dolan et la série Transparent.

  11. J’ai lu avec grand intérêt ta critique, et je dois te dire que je l’ai beaucoup appréciée. Elle est claire, bien structurée et soulève une série de points qui donnent à réfléchir. j’avais pensé aller voir ce film, mais il n’a pas l’air à l’affiche chez moi en ce moment, je patienterai donc un peu! Mais j’ai de m’y frotter pour construire mon propre avis, qui aura le mérite d’avoir été balisé par les points repères que tu offres 🙂

  12. Bonjour Ophélie,

    merci beaucoup pour cette critique. Je souhaitais aller voir le film, mais j’avoue que le visionnage de la bande-annonce m’avait un peu refroidie, notamment à cause de toutes les minauderies et autres joues rougissantes de Eddie Redmayne lorsqu’il devient Lili.
    En tout cas, ta critique éclairée et renseignée me conforte un peu dans cette première impression, mais me donne l’envie d’aller le voir 🙂
    Merci pour ton engagement « sur tous les ponts » !

  13. J’hésitais à aller le voir (en Allemagne, alors il faut s’armer d’un peu de courage…) mais tu m’as donné envie de me faire ma propre idée! Merci pour cette critique bien fournie; Bonne fin de semaine

  14. Super article, merci beaucoup!
    Je partage ton avis sur la majeure partie de ce que tu dis, mais je me posais une question quant aux mimiques et autres yeux plissés de l’ami Eddie… j’ai un peu l’impression que c’est sa marque de fabrique en fait! Pour l’avoir vu récemment dans « Une merveilleuse histoire du temps », où j’avais apprécié son jeu, après « The danish girl » je me suis dit « ah ok, en fait il joue pas, il est comme ça… ». Je ne l’ai vu que dans ces deux films donc je ne me rends pas compte si c’est une coïncidence ou non…
    Tu me donnes très envie d’en savoir plus et de me procurer les mémoires de Lily en tout cas!

  15. Vous avez oublié de mentionner la beauté des images, les décors, les toilettes. C’est tout simplement magnifique, de toute beauté et de délicatesse.

  16. Ophélie,

    Pourriez vous mettre la table des matières de votre prochain livre? Je l’ai précommandé mais l’aimerai connaître son contenu.

    Très cordialement.
    Valerie

  17. Je suis allée voir le film hier et je ne regrette pas du tout. Eclairée par ton excellent article, je l’ai abordé comme un drame romantique au lieu de m’interroger sur la psychologie du personnage de Lili ou sur la véracité de l’histoire. Moi qui ne pleure quasiment jamais devant un film, j’ai versé quelques larmes à la sortie de celui-ci. C’est l’amour de Gerda pour Einar qui m’a bouleversé tout du long. Cette femme est absolument exceptionnelle ! Elle accompagne et soutient Einar/Lili jusqu’au bout malgré ses découragements et ses propres questionnements.
    Les acteurs jouent magnifiquement bien, surtout Eddie Redmayne qui n’a vraiment pas un rôle facile.
    Je pense que c’est un film davantage pour les filles que pour les garçons car ceux-ci seront moins sensibles à l’histoire d’amour et c’est vraiment cela, à mon avis, qui prône du début à la fin et qui fait l’intérêt du film.
    J’ai trouvé que c’était un peu long à démarrer jusqu’au moment où ils partent à Paris et où, là, tout s’accélère.
    Donc voilà, un très beau film pour ceux qui cherchent un peu d’évasion et une belle romance. Mais pour le reste, je trouve que le cheminement du personnage est pour le moins survolé et qu’il y a beaucoup de clichés. Je te rejoins totalement sur les points négatifs.
    C’est une belle production hollywoodienne où tous les ingrédients pour obtenir un Oscar sont réunis.

    • « un film davantage pour les filles que pour les garçons car ceux-ci seront moins sensibles à l’histoire d’amour » ????? Donc un garcon n’a pas le droit d’aimer une histoire d’amour et une fille n’aime pas l’action ? Ta phrase me choque beaucoup, sait tu aussi qu’il y a de spersonnes n’étant ni femme ni homme (moi par exemple), on est censé ce situer ou d’après toi ?
      J’espère que ce n’est qu’une erreure, mais en tou cas il n’y a pas de choses « pour les garcon » ou « pour les filles

  18. Pour une raison qui m’échappe, mon cinéma ne diffuse pas le film… à mon plus grand regret, il faudra que j’attende certainement sa sortie en DVD pour le voir…

  19. Je n’ai pas une très bonne opinion de ce film, à vrai dire. Je salue le fait que tu aies tenté d’avoir un point de vue assez global et objectif sur ce film, ton article est intéressant. Mais j’ai noté quelques petites erreurs dans ce post: premièrement, une femme trans attirée par les hommes n’est pas homosexuelle, même avant son coming-out, et d’ailleurs rien ne dit que Lili n’était pas bisexuelle, c’est l’hypothèse la plus crédible d’ailleurs.Les bi-es existent ! 😉 Je suis juste un peu fatiguée de nous voir invisibilisés en permanence, même si je sais que ce n’était pas ton intention.
    Deuxièmement, tu parles de Lili au masculin pendant la majeure partie de ton article. Une femme trans, même avant son coming-out reste une femme 🙂
    En tout cas, merci de dire qu’une actrice trans aurait peut-être mieux joué ce rôle. Je suis attristée que encore une fois, le monde du cinéma exclue les concerné-es des films qui parlent d’eux. C’est comme la vie d’Adèle, qui donnait la vision d’un hétéro sur les lesbiennes, et une vision ultra sexualisée et caricaturale, digne d’un porno… mais je m’égare, désolée.

    Bonne continuation à toi !

    • Tu as raison et je te remercie d’avoir parlé d' »erreurs » et non de fautes, et de l’avoir fait avec gentillesse et patience !
      Je t’avoue que je me suis beaucoup posé la question pour le « il/elle » et, finalement, j’ai choisi de me calquer un peu sur le film et sur le personnage d’Einar/Lili : j’ai donc utilisé le masculin avant la scène de la pose (celle où Einar semble devenir, pour la première fois, Lili), car il me semblait que c’est à ce moment-là seulement que Lili naît à ses propres yeux, et ensuite le féminin.
      Et oui, tout à fait, Lili est peut-être bisexuelle ! C’est une maladresse de ma part de n’avoir pas évoqué cette possibilité, la plus plausible, comme tu le dis, et je suis désolée de l’invisibilisation de la bisexualité qui en résulte. Disons que, comme le film présente vraiment une rupture un peu manichéenne (Lili semble presque soudainement ne plus être attirée par Gerda et n’envisage plus sa vie avec elle, mais avec un homme – un aspect que j’aurais aimé voir approfondi), je me posais des questions et ne savais pas vraiment comment aborder les choses…
      Merci encore à toi pour ce commentaire bien utile et pour avoir pris le temps de l’écrire !

  20. Bonsoiiir !

    Je n’ai pas vu le film (il n’est resté à l’affiche qu’une semaine dans ma ville 😦 ) mais j’ai terminé le livre il y a peu. D’après ta critique, je pense qu’une bonne partie de ce que tu « reproches » au film est lié au roman. Il y a un certain nombre de choses qu’on peut trouver clichées (notamment le goût de Lili pour les très belles robes par exemple, ainsi que son apparent désamour pour Gerda) qu’on trouve déjà dans le livre. Cependant, la lecture permet de s’imprégner plus en profondeur des personnages et de leur intériorité, ce qui semble t’avoir manquée. Quant au fait que Gerda prenne presque autant de place qu’Einar… Je pense que c’est réellement un parti pris, puisque c’est elle qui encourage Einar à aller au bout de sa transformation.
    Pour info, le livre s’est basé sur un ouvrage écrit par Einar lui-même à l’époque mais se veut être une fiction, d’où le fait que le film paraisse peut-être un poil consensuel.

    Je recommande vivement le livre, évidemment 🙂 Je ne suis pas certaine d’avoir été claire dans mes propos parce que je suis fatiguée mais j’espère que j’aurai pu t’éclairer un peu.

  21. merci pour cette critique bien construite, je sens que j’aurai le même genre de réflexions, mais pour l’instant je ne l’ai pas vu à l’affiche. je ne suis donc pas certaine de pouvoir voir ce film, mais ce que je sais, c’est que je lirai le livre de lili, je viens de le commander pour kindle (le premier non-gratuit depuis 2 ans qu’on me l’a offert, car j’adore les ivres en vrai)
    en fait j’étais venue pour les recettes, le cheesecake pour être précise, et voilà même si j’ai traîné un peu, je n’ai
    pas perdu mon temps. à bientôt

  22. Ping : Sélection de films #2 – La Culbute

  23. Bien, à part la phrase : « Une actrice transgenre aurait peut-être été mieux placée pour donner à voir ce cheminement intérieur. »
    Non, engager une actrice transgenre était simplement la seule possibilité non-transphobe. Y en a marre des gens qui engagent des acteurs et actrices cisgenres pour jouer des personnages trans.
    More about that (in english) :

    Voici un artcile qui détaille le film (spoilers, donc) :
    http://www.lecinemaestpolitique.fr/the-danish-girl-un-melo-transphobe/

    Dommage, je ne retrouve pas cette BD qui parle de Gerda Wegener et qui montre qu’elle était de un, une grande artiste, et de deux, aimait toujours autant sa femme après qu’elle ait débuté sa transition (et elle était probablement bi de toute façon).

    Lili Elbe était également intersexe. Elle a toujours eu des traits féminins et s’amusaient à se balader dans la foule sans être remarquée.

    Pour les personnes qui voudraient en apprendre plus sur la transidentité, je vous envoie sur ce blog:
    http://assigneegarcon.tumblr.com/ « Un webcomic à propos d’une fillette transgenre. »
    La page facebook : https://www.facebook.com/assigneegarcon/?fref=nf
    Le version originale en anglais : http://www.assignedmale.com/

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