QUELLE ÉDUCATION POUR NOS ENFANTS ? Alphabet, le film

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Alphabet le film - Antigone21.com

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Le film Alphabet, du réalisateur Erwin Wagenhofer, sort aujourd’hui en salle. Entamée par We feed the World, consacré à la crise alimentaire, et poursuivie par Let’s Make Money, sur la crise financière, la « trilogie de l’épuisement » s’achève ici avec une dernière crise – celle de l’éducation. Le réalisateur dresse un portrait peu flatteur du système éducatif conventionnel et se penche sur des voies alternatives, axées sur la créativité et l’enthousiasme. Retour sur l’un des meilleurs documentaires de l’année.

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J’ai toujours aimé apprendre, mais je n’ai jamais aimé l’école.

Je me souviens du jour où, petite, j’ai arrêté de poser des questions. J’étais plus jeune que les autres, je savais déjà lire et j’étais très enthousiaste. Trop pour l’une de mes maîtresses, qui m’a vite fait comprendre que, entre elle et ma curiosité insatiable, ce n’était certainement pas la seconde qui gagnerait. J’ai donc cessé de poser des questions et je me suis enfoncée dans ma chaise en attendant que l’heure passe. Toute ma scolarité s’est déroulée ainsi : les lèvres fermées, les yeux à demi-clos ou rêveurs par la fenêtre, en attendant que la cloche sonne et que je puisse rentrer chez moi pour pouvoir enfin faire ce qui me plaisait : lire, dessiner, jouer.

Si je n’ai presque aucun souvenir à présent de ce que nous avons abordé durant ces longues heures de classe, j’ai encore en tête tout ce que j’ai appris hors de l’école : je connais presque par cœur Charlie et la chocolaterie ou Les enfants de Timpelbach, je me souviens de chaque vignette de La vie privée des hommes au temps des Grecs, j’ai souvent des phrases entières en italien qui me reviennent de mes moments de jeu avec mes amis milanais, je sais reconnaître les différentes espèces de chouettes, je peux réciter sans trop hésiter des poèmes de Nerval ou Rimbaud, je connais presque tout le vocabulaire de la magie extrait de Harry Potter en anglais, bulgare ou russe, et je sais plutôt bien monter aux arbres. En revanche, je serais bien incapable de vous parler du programme de biologie (hormis qu’il fallait disséquer des animaux et que cela me répugnait), je n’ai aucun souvenir de ce que nous avons abordé en histoire-géographie au collège et, pour ce qui est de la longue liste des noms et numéros de départements que nous devions apprendre par cœur en Education Civique, disons qu’elle a fondu comme neige au soleil.

Je suis donc bien obligée de faire ce constat : si j’ai, en grande partie, oublié ce que j’ai appris à l’école, je me souviens de tout ce que j’ai appris à côté par moi-même. Et je suis prête à parier qu’il est en de même pour vous. Savez-vous pourquoi ? Parce que, tandis que le premier apprentissage était imposé, noté, jugé, classé, le second avait simplement pour but de satisfaire notre propre curiosité et notre soif du monde. Et nous nous en souvenons, car nous l’avons appris avec enthousiasme.

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L’enthousiasme, la créativité, la passion et la confiance en soi, c’est le sujet du dernier film d’Erwin Wagenhofer, Alphabet.

Beaucoup pourraient vous dire que ce documentaire est un film sur l’école, qui plus est, contre l’école. Il est vrai que son réalisateur nous mène de Chine en Allemagne, en passant par la France et les Etats-Unis, à la découverte des systèmes éducatifs dominants, basés sur les résultats quantitatifs et le mode compétitif. Nous y découvrons de jeunes Chinois, hissés d’Olympiades en Olympiades dès le plus jeune âge, accumulant des diplômes fièrement exhibés par leurs parents et semblant surtout s’être éteints sous les monticules de livres qui entourent leurs bureaux. Nous ne pouvons nous empêcher d’éprouver un certain malaise quand un chargé de programme à l’OCDE se réjouit des résultats épatants de la Chine au classement PISA et paraît oublier au passage que cet élitisme forcé se traduit par l’un des taux de suicides adolescents les plus élevés du monde. Nous frémissons lorsque de futurs cadres de McKinsey s’enorgueillissent de placer la productivité au-dessus de tout et « à n’importe quel prix ». Et nous ravalons un hoquet lorsque l’une d’eux calcule qu’en ayant un ou deux enfants, elle devra dire adieu à son rêve de devenir PDG à 40 ans.

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Donc oui, certainement, Alphabet est un film qui nous place devant la faillite de notre système éducatif conventionnel, sa violence immanente et son aptitude à détruire chez l’enfant toute pensée divergente pour pouvoir rentrer dans un moule où l’erreur devient une faute, la différence face à l’apprentissage un motif d’exclusion et la créativité une qualité devenue accessoire, voire gênante. Et pourtant, Alphabet n’est pas un film à charge, un documentaire simpliste et manichéen, dont la seule défense serait l’attaque de l’école. Non, Alphabet est un film qui nous met face à nos contradictions, face à notre enthousiasme de découvrir le monde et notre inquiétude de ne pas y parvenir sans un moule qui nous enserre. Ce n’est pas pour rien que ce documentaire a pour titre complet Alphabet, la peur ou l’amour, car c’est bien d’amour dont il est essentiellement question tout au long de ce film : amour de l’apprentissage, amour de l’enfant en chacun de nous, amour du monde et de la vie.

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Interpellés par les propos de Sir Ken Robinson sur la créativité et l’imagination, nous partons à la découverte de parcours différents. Celui du célèbre pédagogue Arno Stern, dont les ateliers de peinture offrent aux enfants et aux adultes la possibilité de s’exprimer en toute liberté, loin des conventions sociales et du jugement d’autrui. Celui d’André Stern, son fils, dont la particularité est de n’être jamais allé à l’école et qui, à quarante-quatre ans et une fois devenu luthier, compositeur, auteur et conférencier internationalement reconnu, n’a rien perdu de son enthousiasme premier. Celui, enfin, de Pablo Pineda, qui, à l’aide de sa formidable volonté et d’une joie de vivre communicative, est devenu la première personne atteinte de trisomie 21 en Europe à obtenir un diplôme universitaire et qui a publié récemment un livre intitulé Le défi de l’apprentissage.

Nous découvrons ces chemins de vie éloignés de la grande route de l’éducation conventionnelle et nous nous appuyons sur les paroles du neurobiologiste Gerald Hüther, selon lesquelles tout enfant naît « surdoué » et doté d’une capacité innée à la solidarité, mais qui la perd à rester trop longtemps dans un cadre concurrentiel et étriqué. Nous voguons au travers de ce kaléidoscope de voix détournées, de ces merveilleuses possibilités qui s’ouvrent à nous, et nous nous rappelons soudain qu’apprendre, c’est aimer ce que l’on apprend, faute de quoi, rien ne subsistera, si ce n’est la perte de notre créativité.

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Alphabet n’est donc pas un film sur l’école ; c’est un film sur le pouvoir de l’imagination, sur la confiance en l’enfant et sur son enthousiasme de vie. C’est un film qui n’émet pas plus de jugement réducteur qu’il ne propose de solutions toutes faites, et c’est aussi cela qui fait sa force et sa beauté, car tous les chemins sont possibles. Le monde s’ouvre à nous et c’est à nous seulement que revient le pouvoir de le saisir et l’embrasser dans tout ce qu’il a de plus joyeux, coloré et passionné. Nous pensons vouloir voir  les enfants comme des cerfs-volants, de jolis rubans qui s’envolent haut, mais que nous retenons toujours par un fil. Le grand message de ce film, c’est qu’il faut couper ce fil et laisser les enfants voler haut, très haut, avec leur propre voix et leur enthousiasme à jamais préservé.

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Pour en savoir plus :

A regarder ou écouter :

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Et, petite surprise…  Je présenterai le film lundi prochain à Paris ! 

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Je suis un peu toute stressée, mais très heureuse de participer à cette rencontre et je croise fort, fort les doigts pour que vous veniez nombreux ! Allez, promis, c’est vraiment un super film !

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Bon film !

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61 réflexions sur “QUELLE ÉDUCATION POUR NOS ENFANTS ? Alphabet, le film

  1. Waouh
    Je serai ravie de pouvoir voir ce film c’est un sujet qui me tient à cœur. Hélas j’habite bien loin de Paris. J’ai vu qu’il existe un dvd mais apparemment il n’est pas en français.
    Si qq sait où le trouver sous titré français je suis preneuse. Merci pour ce bel article.

  2. Pour travailler « proche » de l’Ecole (en pédopsychiatrie, beaucoup de nos enfants vont à l’école, ce qui est loin d’être simple vu leurs difficultés…), je me suis aperçu que c’est vraiment un endroit normatif au possible! (le rang, par exemple, quelle idée de devoir se ranger en rang par deux?!…). Et le comble, c’est que je n’avais pas du tout cette perception en étant élève : j’a-do-rais l’école!!!!! Je ne m’ennuyais jamais, je ne me suis jamais sentie bridée, freinée, ou contrainte. Comme quoi, j’avais bien intériorisé le système 😉
    Et l’effet positif de mon travail, c’est qu’il me fais voir le milieu de l’éducation spécialisée, qui devrait en fait être la norme (programme hyper individualisé, valorisation des compétences de l’enfant, travail en petits groupes, etc…)
    Bref, l’école, tout un programme! Merci de me signaler l’existence de ce film dont je n’avais pas entendu parler 🙂 (hey, je suis en train de réaliser que je suis à Paris le jour de la projection, je verrais si je peux venir 🙂 )

  3. Tu connais mon point de vue sur les systèmes éducatifs conventionnels… alors j’ai vraiment hâte de voir ce film, et d’y puiser peut-être encore plus d’inspiration pour la suite 😉 Comme toi, je ne me souviens de rien de ce que j’ai appris durant mes années collège/lycée et même universitaire… Quelle perte de temps, et surtout d’énergies positives, de rêves, de créativité, d’imagination, de talents… certains réussissent à faire surface, mais d’autres restent enfouis à jamais, opprimés par les conventions d’une éducation qui ne laisse aucune place à la liberté d’apprendre à vivre et à aimer tout simplement… c’est vraiment désolant de passer par de tels systèmes qui ne font rien de bon pour l’humanité.

  4. J’aime l’initiative de ce film! Je me penchais justement sur la question de l’instruction à la maison, j’en lis tellement de bien que ça donne envie (et pourtant je suis prof ^^). J’aurais bien voulu connaître ton point de vue là-dessus justement, ainsi que sur les écoles comme Waldorf-Steiner ou Montessori parmi tant d’autres. Bisous! =)

  5. « J’étais plus jeune que les autres, je savais déjà lire et j’étais très enthousiaste. Trop pour l’une de mes maîtresses, qui m’a vite fait comprendre que, entre elle et ma curiosité insatiable, ce n’était certainement pas la seconde qui gagnerait. J’ai donc cessé de poser des questions et je me suis enfoncée dans ma chaise en attendant que l’heure passe. Toute ma scolarité s’est déroulée ainsi  »

    Bonjour
    Ceci me ramène à une expérience vécue en tant qu’institutrice/directrice de Maternelle (et combien d’autres dans ma carrière!): un petit garçon qui, à 2 ans et demi, savait lire …. bien que d’une famille, comme on dit, « socioculturellement défavorisée ». Avide d’apprendre toujours plus, il recherchait la compagnie des adultes et posait beaucoup de questions, ou parlait du dernier livre qu’il avait lu.
    J’ai toujours milité pour un enseignement personnalisé, qui accompagne chaque enfant en fonction de ses compétences. J’avais d’ailleurs, dans mon école, mis en place un système qui ne laissait personne de côté. Avec cette façon de fonctionner, ce petit garçon s’est épanoui: il était passionné par les Sciences, mais aussi par la langue française … si bien qu’à 5 ans, il était capable d’analyse grammaticale niveau CM2! Mes collègues de l’école élémentaire ont refusé de le prendre avant 6 ans car « il pose trop de questions, ça perturbe la classe, il manque de maturité ».
    A 6 ans, il a été admis en CE2, par la force des choses …. et à partir de ce moment, plus aucun enseignant n’a tenu compte de ses spécificités: il avait compris qu’il ne fallait pas se faire remarquer, alors il s’est ennuyé pendant une bonne partie de sa scolarité! et puis, comme il avait pris l’habitude de la facilité, il a eu du mal quand il a fallu travailler! et comme il s’était senti déconsidéré, il manque encore de confiance en lui.
    Son amour de la langue lui a tout de même permis de passer examens et concours avec des notes très enviables. Il est maintenant professeur de Français: j’espère que son expérience le guidera pour prendre en compte les enfants « différents ».

    Le système éducatif Français est mal fait, c’est vrai, malgré (ou à cause de, peut-être) les réformes successives vécues depuis 1968. Pourtant, je me souviens d’une époque où l’on bannissait la compétition, où l’on faisait travailler les enfants en équipe, où l’on disait que l’élève devait découvrir par lui-même … mais les enseignants n’étaient pas formés pour cela et le résultat ne fut pas à la hauteur des espérances!

    Combien d’enfants sont ainsi « sacrifiés » parce que « quand on est bon, on s’en sort toujours »?

  6. Je n’avais pas entendu parler de ces documentaires mais ça me donne très envie de les voir. celui sur l’éducation m’intéresse particulièrement dans la mesure où ma fille rentrera prochainement à l’école. Je me demande un peu si ce qui l’attend est une bonne voie à suivre ou s’il vaut mieux essayer de toutes mes forces de trouver une éducation alternative.

  7. Je suis enseignante en maternelle, et que ce soit moi ou mes collègues chacune essaye de s’adapter à chaque enfant, mais à 28 par classe c’est quasiment impossible. Quand il arrive qu’il y ait beaucoup d’absents et qu’on se retrouve à 20, ce n’est plus la même classe, et c’est là que je me dis « comme c’est dommage que ce ne soit pas toujours comme ça!! »

    • Ah comme je te comprends !
      Tu devrais peut-être faire un tour du côté des revendications de l’UNL (l’Union Nationale des Lycéens, syndicat très actif et admirable) qui demande au gouvernement, en autres mesures d’urgence, une réduction drastique des effectifs dans les classes…

    • Comme tu as raison je crois même que c’est la solution à tous nos déboires!! Combien de fois je renonce à des trucs sympas à cause de mes 30 CM entassés dans une classe étriquée! C’est la seule chose que je demanderai à Najat (Bon avec une augmentation tout de même!)

  8. J’ai vu il y a deux semaines Être et Devenir, un film étonnant, qui exprime très bien ce que je pense et ressent depuis que j’ai 10 ans (j’en ai 26 aujourd’hui). Comme toi je me suis ennuyée à l’école et je n’en ai pas de bon souvenirs, j’y ai même parfois été malheureuse, et c’est pire pour mes deux jeunes frères qui se sont vraiment éteint, ils y ont perdu la curiosité et l’envie. J’avais justement pour projet de venir voir Alphabet lundi et ai été ravie de voir que tu y serai ainsi qu’André Stern ! J’ai hâte d’y être et ce sera un plaisir de te revoir 🙂

  9. Chère Ophélie,
    Je suis encore toute jeune et pourtant je suis tout à fait portée par ces espoirs qui fleurissent de toutes parts : Espoir d’une autre économie, d’une autre pensée sociale, et, bien sûr, d’une autre éducation puisque c’est par l’école que toute organisation sociétale commence.
    Et cependant je me questionne… J’ai déjà vu dans plusieurs articles que tu es une élève de l’ENS ; tu as donc suivi un parcours scolaire pour le moins balisé. Penses-tu qu’il est utile, enrichissant de passer par cet enseignement exigent et élitiste afin d’être armée au mieux pour créer du différent ?
    Je serais heureuse que tu puisse me répondre, car c’est une question qui me taraude en ce moment : Dois-je débuter ce parcours des grandes études en espérant que ma réflexion en sera approfondie et plus apte à être mise en pratique ?
    J’irai en tous cas voir « alphabet » dès que possible…
    Bien à toi

  10. Bonsoir Ophélie,
    Je sors de la première séance au cinéma de l’espace Saint Michel. Et bien comme disait André Stern, je nous souhaite qu’il pleuve beaucoup sur Death Valley ! Quelle chance que tu interviennes lundi prochain, j’aurais aimé pouvoir y être.
    Enjoy!

  11. Bonjour. Je lis régulièrement votre blog sans commenter, mais là je m’y sens un peu obligée… Ce que dit ce film ne me semble pas « révolutionnaire », des pédagogues qui ont proposé des modèles alternatifs, il y en a eu beaucoup : Montessori, Freinet, l’école de Summerhill, les Waldorfschule… Il y a tout le travail de l’OCCE aussi (j’étais d’ailleurs hier à une conférence de Sylvain Connac sur la péda coopérative). Je pense que beaucoup d’enseignants souhaiteraient mieux adapter leur pédagogie sauf que la formation initiale et continue est largement insuffisante (parce que oui, c’est un métier qui s’apprend), qu’un certain nombre de classes sont surchargées, que l’inclusion des élèves en situation de handicap se fait souvent dans des conditions discutables… Alors on se débrouille, on pioche à droite à gauche, on y passe beaucoup de son temps personnel (sans que cela soit valorisé d’un point de vue professionnel) et on reste frustré de ne pas pouvoir faire mieux vu les conditions de travail auxquelles on est confronté. Sans parler de la pression extérieure (parents, médias…) par rapport à l’efficacité des résultats (notamment en référence aux tests PISA). C’est toute une vision de l’enseignement/éducation qu’il faudrait revoir mais cela devrait être un choix sociétal et là, il y a du boulot !!! Tout ce que je vois pour l’instant autour de moi, ce sont des enseignants (je parle de l’école primaire) qui voient leurs conditions de travail dégradées, qui s’épuisent et qui finissent souvent par prendre de moins en moins de plaisir à exercer ce pourtant magnifique métier. J’irai voir ce film s’il passe près de chez moi, mais je crains que sa diffusion ne reste confidentielle. Après tout, ça doit bien arranger certaines personnes que le système éducatif soit ce qu’il est, non ?
    Karine

    • Tu as tout à fait raison je partage ton point de vue, les enseignants sont trop souvent dévalorisés et accusés alors qu’après les enfants se sont les premières victimes du système!

      • C’est simple : l’élève réussit, on félicite l’élève ! L’élève échoue, les parents accusent le prof ! Non non non… la majorité des enfants ne se donnent pas à fond dans le travail, et on devrait aussi féliciter le prof quand l’élève réussit… (c’est déjà un exploit avec 30 élèves par classe, non ?).

  12. Je me souviens avoir regardé la bande-annonce de ce film, je le croyais déjà sorti !
    Je vais regarder par chez moi si il sera disponible, il m’intéresse beaucoup.

    Contrairement à toi, j’adorais l’école: je me souviens, en primaire, comme j’ai eu horreur des récréations à un moment, je trouvais que c’était une perte de temps. En secondaire, donc période collège/lycée, c’était pareil, tout ce qui était extra-scolaire je trouvais que c’était du “gaspillage” de temps. Et l’université s’est passée sans problème, assez calmement.
    Mais, parce qu’il y a un mais, sinon ce ne serait pas intéressant, le master fini, ma motivation à travailler “parce qu’il le faut”, s’est volatilisée. Envolée. Je repousse à la semaine des quatre jeudis les chose que je ne veux pas faire… tout en étant pleine d’envies et d’idées (et d’angoisses parce que je ne parviens pas à faire ce que je veux et je me vois ensevelie par moment par ce qui ne m’intéresse pas). Par exemple, je viens de commencer à apprendre à jouer du piano, un vieux rêve.
    En fait, même si j’aimais bien apprendre dans le contexte scolaire, je me rends compte que je suis passée à côté de plein de choses à cause de cette vision étriquée que j’avais de la vie, et de l’importance que je donnais à l’enseignement, et aux savoir surtout.

    L’éducation est un grand sujet de discussion chez moi, d’échanges. Avec un compagnon professeur de sciences et un père ancien professeur de français-histoire, c’est quelque chose qui nous tient à cœur. Pourtant, dans les faits, c’est dur de faire bouger les choses. On tente de construire le cours pour que les élèves s’investissent, réfléchissent, repoussent des limites, mais il est arrivé qu’ils demandent à mon amoureux de ne pas expliquer, juste de leur donner de la théorie à étudier, pour l’oublier aussi vite après.
    Comment forger les savoir? Faut-il développer les compétences pour les acquérir uniquement? Est-ce que c’est dissociable? À quel point peut-on éduquer, ou donner des pistes, à la citoyenneté, à la réflexion, à la critique, pour des élèves de tous bords? Qu’est-ce qui est important actuellement? L’école normative, même si elle a ses défauts, fut un atout considérable à son lancement dans l’accès à une éducation pour tous. Mais à l’époque, l’éducation avait pour but de former à l’emploi, désormais, on ne sait plus trop sur quel pied danser: accroître les liens avec les entreprises pour les formations ou viser l’émancipation de la personne?

    Je me base sur mon vécu, en Belgique, dans une petite école de fond de province : d’après ce que j’ai déjà pu apercevoir, la France était encore plus à cheval sur l’aspect compétition et les contraintes de l’apprentissage “par cœur”. Ici, on tend à faire disparaître dans les évaluations la restitution simple, au profit de compétences et de mises en pratique des savoir acquis et compris, ce qui déstabilisent des élèves qui, a priori, ne sont pas scolaires et ne peuvent plus que difficilement avoir la moyenne en étudiant rapidement leur cours. On leur demande de réfléchir, et parfois ils n’en n’ont juste pas envie.
    Plein de questions comme tu peux le voir 😉
    Merci pour ton témoignage Ophélie, et bonne présentation lundi prochain !

    • NB: en Belgique, il est sorti le 17 septembre…2014 ! C’est incroyable qu’il y puisse y avoir un tel décalage.
      Bon, j’aurai du mal de le voir sur grand écran mais je tâcherai de le louer à la médiathèque 😉

      • Oui, il est sorti plus tôt en Belgique ! (j’ai d’ailleurs utilisé la BA belge dans cet article, et non la française, qui est un peu plus courte). Pour ma part, je l’ai vu la première fois en Allemagne en 2013 ! 😉

      • Bonjour Emilie (et Ophélie!),

        Si ça t’intéresse, « Etre et devenir » passera en janvier au cinéma Aventure à Bruxelles et au Cinéscope à Louvain-la-Neuve (une séance par ville normalement). Après avoir vu « Alphabet », que j’ai adoré, « Etre et devenir » m’a permis d’enrichir encore ma réflexion sur l’éducation.

        Belle soirée

  13. Bonjour!
    Je n’ai pas vu encore ce film mais je ne manquerai pas de le faire ! Je suis la personne qui va te faire mentir mais j’ai adoré apprendre à l’école française traditionnelle . Je ne pense pas avoir été une enfant précoce comme tu sembles l’avoir été. Mais je savais moi aussi lire avant l’école Mais malgré cela les connaissances que j’ai acquises à l’école m’ont marquées et m’ont ouvertes à tout un monde culturel . N’oublie pas que les solutions alternatives sont très chères . De plus l’école française évolue et la plupart des maternelles propose une pédagogie proche Montessori. Dans les autres classes les pédagogies du type leçons puis exercices tendent à disparaître . Il faut du temps et les maîtres et maîtresses sont en general de bonne volonté mais croulent sous le travail et les obligations administratives. Je vais aller voir le film merci de nous en avoir parlé.

  14. J’en ai entendu parler après avoir vu « Etre et devenir ». En tant que parent qui n’envoie pas ses enfant à l’école, ça m’intéresse naturellement de le voir, et d’y découvrir encore plein de choses intéressantes…

  15. Merci pour cet article ! Je ne manquerai pas de regarder ce film, c’est un sujet qui me passionne d’ailleurs j’ai déscolarisé mes enfants parce que le système scolaire actuel les éteignait (comme tu le présentes si bien), ils sont si heureux et épanouis depuis, ils apprennent tant de choses par eux même sans avoir besoin de devoirs, de rabâchage etc …
    J’espère sincèrement que les choses vont changer en matière d’éducation (au sens large) mais il y a encore un sacré boulot et tout d’abord une prise de conscience

  16. je suis bouleversée juste en regardant la BA et en lisant les lignes de cet article. Oui j’ai oublié, j’ai quasi tout oublié de ces années d’écoles, et encore comme j’avais ce désir et cette envie de quitter le foyer, j’ai cessé mes études après le bac et j’ai commencé à travailler pour voler de mes propres ailes … mais j’ai été vite rattrapée par ce cordon de « réalité » qui m’a fixée au sol dans cette routine quotidienne imposée et je ne commence de nouveau à m’autoriser à voler que depuis (trop) peu de temps et entre les deux c’est installée une période d’une vingtaine d’année où j’ai le sentiment d’avoir gâché quelque chose (je rassure hein, je ne regrette pas mes 4 enfants et ma vie de famille) mais ce n’est pas complet …. il manque quelque chose …..
    et aujourd’hui, malgré mes prémices de vols nous programmons déjà nos enfants de bien travailler à l’école pour pouvoir avoir ce luxe plus tard de choisir des études et un travail qui leur plaira vraiment …. mais qu’en savons nous ? Cette société m’exaspère car il est difficile de faire une « double » éducation à nos enfants ….

  17. Merci Ophélie pour cet article ! En parlant d’éducation j’aurai beaucoup aimé avoir ton avis sur le système universitaire, peut-être dans un autre article ?

  18. Merci beaucoup pour le partage. Un peu comme Rose Citron plus haut, je travaille auprès d’enfants en difficulté dans le domaine paramédical et je me dis que les outils dont nous disposons, l’accompagnement personnalisé que nous mettons en place devrait être la norme. Celà éviterait sans doute que des enfants en souffrance viennent jusqu’à nous. Et je ne blâme pas les enseignants, comme Karine le disait plus haut on ne leur laisse pas beaucoup la possibilité d’innover ou de faire différemment…
    Un livre m’avait beaucoup marqué il y a quelques années, c’est « Toto Chan »: https://fr.wikipedia.org/wiki/Totto-chan,_la_petite_fille_%C3%A0_la_fen%C3%AAtre
    Çà parle d’une petite fille qui entre dans une école plus adaptées aux besoins des enfants que les écoles plus conventionnelles. Çà m’avait beaucoup touché.
    Merci encore 🙂

  19. Eh bien, je découvre que pour une fois, nous avons eu la primeur en Belgique (il y a d’autres films que j’attends toujours). Donc je l’ai déjà vu il y a quelques mois. Il est génial !! Clairement, j’ai eu les larmes aux yeux la plupart du temps : ça me renvoyait à tout ce que l’école a tué en moi et que j’essaye de faire revivre – petit à petit, avec beaucoup plus d’efforts et d’obstacles que si on avait juste permis à mon enthousiasme de vivre.
    [Dans le même ordre d’idées, j’ai vu, il y a peu de temps, le film ‘être et devenir’ – je n’avais pas pu le voir au ciné (très très peu de diffusions en Belgique) et je l’avais acheté en précommande, puis plusieurs mois après, il était dans ma boîte aux lettres :-). C’est sur l’autoéducation – on y retrouve, entre autres, la famille Stern, comme dans Alphabet :-).]
    Bref, allez voir Alphabet !!! c’est vraiment super 🙂 🙂 🙂

  20. A ce que je vois beaucoup d’autre personnes considèrent le sujet de l’éducation comme crucial pour l’avenir de nos société, cependant il est si peu médiatisé et à peine remis en cause. Ce genre de discours nous font réaliser qu’il est pourtant loin d’être parfait. C’est (comme d’autres) après avoir vu « Etre et devenir », documentaire sorti il y a un an je crois, que j’ai ouvert les yeux sur l’absurdité de ce système éducatif.
    Merci pour cet article !

  21. Merci pour ce partage!
    Nos enfants sont maintenant scolarisés dans une petite école alternative (12 enfants par classe, 4h par jour, pédagogie active et qui les laisse parler librement, lire couchés par terre ou en haut d’un arbre, décider de ce qu’ils veulent étudier en sciences, etc etc) après avoir fait l’école à la maison (hum hum, ce qui veut dire pas d’école et pas à la maison, mais plutôt s’éclater dans les bois avec les copains, traîner au musée et faire mille activités avec les groupes non-sco…). Ils y sont hyper heureux et apprennent avec un plaisir et une vitesse incroyables. Je vous conseille un autre documentaire, un peu vieux, d’une école qui fonctionne depuis plus de 30 ans en Équateur (bien qu’ayant déménagé depuis). Pour ceux qui savent lire l’espagnol ou l’allemand, les livres de Rebeca Wild (co-fondatrice de cette école) sont vraiment vraiment merveilleux. Et pour connaître plusieurs adultes qui furent scolarisés dans cette école, je peux vous dire que ça les prépare à la vie d’une manière épatante! https://vimeo.com/4211517

    • Ohlala, ça me fait rêver l’école que tu décris :-). Je ne suis plus enfant mais je suis en formation – pourtant « que » 3h par jour, mais pffff, ça me déprime. Je me rends compte que j’ai besoin d’autonomie et que l’intervention de ‘l’enseignant’ ne soit que ponctuelle. Là mon cerveau fonctionne au ralenti – et pourtant c’est bien de la matière nouvelle pour moi la plupart du temps. J’aurais envie de dire à la prof : aller, laisse-moi voir la matière, on se retrouve tout à l’heure pour faire le point.

  22. Ton article me donne vraiment envie de voir ce film. D’ailleurs j’ai commencé la trilogie hier soir.
    Comme toi, je n’ai pas de véritables souvenirs de ce que j’aurai du apprendre à l’école, je n’ai jamais réussi à retenir ce qui ne m’intéressait pas, malgré toute ma bonne volonté. Je pensais que j’avais une mémoire défaillante, que j’étais loin d’être aussi intelligente que ce que certains me disaient. Pendant toutes les années collège et lycée, je me sentais du coup totalement stupide.
    maintenant, je prends un véritable plaisir à apprendre de nouvelles choses, j’ai retrouvé ma curiosité d’enfant… et je retiens tout. Parce que personne ne me dit ce que je dois lire, ce que je dois apprendre, ni ne me note et ne me juge. Avec le temps, je comprends tellement mieux pourquoi nous étions nombreux à « couler ». Nous n’étions pas bêtes. Juste, pas fait pour ce système éducatif…

  23. Bonjour,
    Je te remercie pour cet article, et je fonce voir le film. Je suis directrice dans un centre de loisirs, j’accueille les enfants après l’école, donc le système scolaire classique, je connais, je subis, et je vois de petits bouts de chou de trois ans a peine qui se voient forces de rentrer dans le moule. Et s’ils sortent un peu du cercle, ils sont de suite catalogues … c’est usant.
    J’ai aussi un petit garçon de deux ans, et si je n’ai pas les moyens financiers de la mettre dans une école alternative, nous pratiquons la pédagogie Montessori a la maison, et on s’efforce, avec son père (qui est un exclus du système scolaire classique) d’encourager, développer et renforcer son envie d’apprendre et sa créativité. On essaie d’offrir une alternative a ce que l’école classique va forcement engendrer quand il y sera … en espérant que ce soit suffisant.
    Je voulais aussi profiter de ce commentaire pour te remercier de ton blog et de tes articles, qui me font réfléchir et me lancer des défis à ma même.

  24. Coucou, je me permets de donner mon avis sur le système éducatif français en tant que lycéenne. J’ai 16 ans (je suppose qu’il n’y a pas beaucoup de lecteurs de ce blog dans ma tranche d’âge ^^) et je suis dans un lycée catholique à Paris, en 1ère S. Je n’ai jamais aimé l’école mais j’ai toujours fait en sorte qu’on me laisse tranquille, donc je me faisais discrète et travaillais un peu. Depuis le lycée le rythme s’est accéléré et vous pouvez demander à n’importe quel lycéen, nous n’avons plus de temps pour les loisirs. Je fais presque tous les jours du 8h-18h ou au mieux du 9h-17h, quand je rentre chez moi je dois travailler 2 bonnes heures alors que je suis déjà épuisée! En plus j’ai des facilités donc je n’imagine même pas ceux qui terminent leurs devoirs vers minuit. On a donc beaucoup trop d’heures de cours contrairement à des pays comme l’Allemagne, la Suède… Certes, nous avons beaucoup plus de vacances, mais à chaque fois il me faut 1 semaine pour me remettre du trimestre! Donc je préfère avoir moins de vacances et finir plus tôt
    Le pire c’est que ce système ne porte pas ses fruits. Les résultats sont très médiocres et je connais beaucoup de jeunes qui ont décroché et arrêté l’école.
    Voilà, c’était juste mon avis, je pourrais parler d’autres problèmes énormes, comme le classement des élèves selon leur moyenne mais je m’arrête là.
    En tout cas, un grand merci pour cet article! J’irai sûrement voir le film pendant les vacances. 😉

  25. Article très percutant sur un sujet qui me tient à coeur. Merci pour ce partage. Je viendrai avec grand plaisir voir le film lundi. Courage pour ta présentation mais au vu de ta belle écriture, pas de crainte à avoir.

    Au plaisir,

    Tatiana

  26. Bonjour à tous !
    Cet article est très intéressant. Etant enseignante de maternelle, en zone d’éducation prioritaire, je me sens évidemment personnellement touchée. Je souhaiterais juste soulignée deux points qui selon moi sont étroitement lié à la question de l’éducation :

    – mon premier point est la question économique (oui malheureusement on en revient à là) : Les systèmes éducatifs alternatifs sont désormais réservés à une élite car ils sont dans des écoles privées (alors qu’initialement ce n’était pas le cas pour les écoles Montessori). Je ne vois pas trop comment nous pouvons comparer écoles publiques (plus ou moins conventionnelles) et écoles privées alternatives, car si les nouveaux programmes de l’école publique mettent désormais l’accent sur la bienveillance et le jeu chez les jeunes enfants (l’âge est discutable, et pour les plus grands? ), on n’a pas dans le public les moyens suffisants. On ne peut pas laisser les enfants parfaitement libre d’apprendre en jouant quand on a pas de matériel en classe (alors oui ça peut parfois se fabriquer, mais honnêtement, c’est anormal que ce soit à l’enseignant de pourvoir à ces manques) et que l’on a un effectif comme le notre. Pour répondre à la question du rang, c’est très simple. J’ai essayé de m’en passer cette année : résultat, les enfants ne suivaient pas dans les déplacements, certains se sauvaient même. Je précise qu’ils sont petits, la majorité ne parle pas le français, et certains ne réagissent pas à leur prénoms. Je ne peux pas leur courir après ou les laisser se mettre en danger (je précise que les locaux des crèches sont bien mieux adaptés que ceux des écoles maternelles). Donc on fait le petit train, j’essais de le présenter comme un jeu, je ne contrains pas les élèves qui ne veulent absolument pas le faire mais dans mes conditions d’exercice actuel du métier, je n’ai pas trouvé d’autres solutions
    Voilà pour la question économique. Cependant, l’économie n’est pas une fin en soit, elle est là pour être au service des sociétés. J’en arrive donc à mon deuxième point, à savoir la nécessité d’un changement profond des mentalités et un respect des droits de l’enfant.

    – les droits de l’enfant : en effet, tant que la société ne considèrera pas l’enfant comme un être à part entière, avec des goûts et une volonté qui lui sont propre, que l’on a pas à formater mais qui a besoin de douceur et de temps, le système éducatif restera inapproprié. Nombre de parents d’élève (et ils composent majoritairement notre société) sont plus préoccupés de savoir si l’enfant s’est bien tenu, a été « gentil » (je cite) que si il a appris et a eu plaisir à apprendre. Je pense donc qu’il y a un grand effort à faire en terme de reconnaissance des droits de l’enfant et d’aide à la parentalité, nombre d’enfants vivant dans l’espace familial des situations inutilement frustrantes, et de violence .

    En conclusion, je souhaite juste souligner que si j’ai choisis de continuer mon métier, c’est que j’estime plus juste de proposer un enseignement réfléchi à tous les enfants, que de proposer un enseignement plus libre uniquement aux enfants issus d’un milieu plus favorisé. Je pense que ce qui fait la différence, au delà de la méthode pédagogique, c’est l’attitude de l’enseignant en encourageant l’enfant, et sa faculté à se questionner sur sa pratique, non pas pour tomber dans la culpabilisation ou l’inaction, mais pour essayer de trouver des solutions acceptables et réalisables avec les moyens que l’on a.

  27. J’aime tant voir les gens que j’aime se pencher sur des sujets qui me sont chers. Je verrais ce film le 11 novembre, présenté par André Stern, à Toulouse. J’aurais bien aimé que tu sois là toi aussi.
    Je te rejoins sur tant de sujet, tu m’a tant apporté. Alors quand tu parles accompagnement de l’enfant, un sujet qui me passionne, je me dis simplement que tu es parfaite ! Je t’aime Ophélie !!!

  28. à C, maîtresse de maternelle: ce n’est pas parce que pour le moment les écoles alternatives sont privées que cela doit forcément rester comme ça! En Catalogne, il y a plusieurs écoles publiques qui ont opéré un changement radical, sont devenues « actives », ne font plus les rangs ni les devoirs ni les classes ni les examens ni rien de tout ça, les enfants s’y éclatent, ça marche tellement bien qu’il y a une vraie explosion, plein d’écoles publiques qui s’y mettent. Juste pour te donner une idée: http://escolacongresindians.com/ et http://escoladelsencants.cat/ (deux exemples parmis des dizaines, celles-ci sont en plein Barcelone). Mais pour que ce soit possible, il faut commencer par y croire…

  29. j’ai hâte devoir ce film.
    Pour autant, je viens un peu modérer tes propos sur l’école et toutes ses tares… Je m’y suis, d’un point de vue très personnel – épanouie complétement et j’y ai appris beaucoup de choses…. L’histoire notamment m’a été enseignée d’une très bonne manière (en particulier au lycée public) ce qui m’a entraîné vers son étude plus poussée ensuite. de la même manière j’ai découvert la littérature en 3ème avec un prof exceptionnel…
    Je veux bien admettre que l’école n’est pas parfaite, parfois destructrice même et pas adaptée à certains enfants mais le système n’est pas si pourri, mauvais, castrateur de talents que ça.
    Je dis notamment cela car je vis aux USA depuis quelques années et je considère quelle chance l’école publique française gratuite et avec des profs très bien formés est.
    Beaucoup s’accorde pour dire que l’école castre, annihile, formate… Et que bien sûr leur petit chéri tellement talentueux en pâtit (et surtout pâtit des autres, n’est ce pas qui seraient moins talentueux….)… je dis cela avec une certaine ironie car je suis d’un milieu de gauche très engagée et mes amis militants ne parlent que de Montessori et autres écoles PAYANTES alternatives où soit disant leur chérubin pourrait s’accomplir parfaitement (et ce qui ne serait pas le cas dans l’école publique). je ne rejette pas du tout ses pédagogies dites alternatives, surtout que tout bon prof de primaire a depuis longtemps intégré ces alternatives dans sa classe (et oui… ! même si à 30 enfants avec des niveaux très disparates c’est pas tout le temps facile ). mais je trouve qu’elles font le lit de la casse organisée de l’école publique gratuite et ouverte à tous et qu’elles attirent des gens bien prétentieux sur le génie de leur progéniture, sur « l’alternatif » mais pas très au fait du combat de l’école publique et de ses enjeux civiques indispensables….
    J’y vois une montée lente et pernicieuse de la fin de l’école gratuite propulsée malheureusement par des gens pourtant bien intentionnés (pour un enfant plus libre, plus créatif, mieux respecté et plus stimulé dans ses capacités) mais qui (et c’est une analyse personnelle) au fond pensent quand même qu’ils sont mieux que la masse et que donc ils méritent une éducation sélective….
    Alors oui à une infusion de différentes pédagogies dans l’école publique mais non à la fuite des « alternatifs » vers les écoles privées qui, bien souvent, ne sont pas à la hauteur de leur publicité (et je le sais de source très sûre)

  30. Ce film m’intéresse beaucoup, ainsi que son sujet car je me reconnais entièrement dans la description que tu fais de ta scolarité.

    Néanmoins, je ne peux m’empêcher de croire en l’école et dans le rôle du professeur dans la vie d’un enfant.
    Issue d’une famille de classe moyenne, j’ai suivi une scolarité lambda…Mais avec un poids familial extrêmement fort. J’emploie le mot fort, mais en réalité, je devrais dire « toxique », car mes parents m’ont tout simplement pourri la vie avec ma scolarité (et continuent allègrement dans cette voie car malheureusement, mes études ne sont pas terminées). À l’âge délicat de l’adolescence où j’étais mal dans ma peau, absolument peu sûre de moi et socialement isolée, cette pression a failli mener à l’irréparable. Ce sont les professeurs qui m’ont sauvée: des professeurs qui ont cru en moi, m’ont parlé, soutenue et appréciée, acceptée pour ce que j’étais et montré que je pouvais faire quelque chose dans une voie dans laquelle je serais plus à l’aise et où on m’épargnerait un peu. De fait, ils m’ont soustraite à un parcours d’études qui m’aurait détruite.
    Certes, celui qui est le mien n’est pas celui d’une grande réussite couronnée de lauriers, et le système que j’avais choisi n’était sans doute pas celui qui me convenait. La khâgne apporte beaucoup même si ton paragraphe de vécu à l’école décrit bien mes années en prépa , mais le concours est fait pour un certain profil d’élèves…Malheureusement, cela laisse quelques séquelles aussi, mais en dépit d’années vraiment difficiles, je suis contente d’avoir pu bénéficier de l’école.

    Car à l’idée d’une école assurée par mes parents (et c’était déjà le cas, en quelque sorte. Samedi et mercredi étaient rythmés par les cours particuliers de matières scientifiques où l’on me tourmentait et me reprochait ensuite de gaspiller leur temps), je ne peux m’empêcher d’éprouver une peur véritable. Malheureusement, je ne suis pas un cas isolé et je crois que beaucoup d’enfants et adolescents puisent un véritable réconfort dans l’école, même si le système n’est pas adapté …En tout cas, pour moi, c’était une « safe place » incomparable où j’étais au contraire libre de mes mouvements, quand l’apprentissage effectué seule de mon côté (j’étais très versée dans les logiciels et la photomanipulation, entre autres) était systématiquement dévalorisé, traité comme une perte de temps et objet d’interdictions sous n’importe quel prétexte.
    Lorsque j’ai enseigné en lycée comme vacataire cette année, pourtant dans une matière qui fait un peu rigoler les élèves aujourd’hui parce que le français, après tout, on ne se fait pas gronder si l’on est pas bon et qu’on chahute en cours de français, j’ai eu en face de moi des enfants dans lesquels j’ai pu reconnaître des profils comme le mien. Evidemment, je ne connaissais pas leur histoire familiale ou personnelle, et finalement, peu importe, mais le besoin d’une « safe place » est très, très sensible en général. Et plus encore que la matière enseignée, j’ai trouvé que c’était ça, le sens du métier d’enseignant: essayer de donner un certain sentiment de sécurité à l’élève.

    Je crois que je me suis bien trop épanchée dans ce commentaire, mais bon, le coeur y était!

    Bien à toi,

    Orr

  31. Bonjour à tout le monde,

    Je me permets de commenter car j’ai vu ce documentaire à l’avant-première (où j’ai vu rencontrer Ophélie, un vrai plaisir ^^) notamment parce que nous sommes parents d’un petit garçon qui a été en « maternelle » Montessori et pour qui nous faisons maintenant l’instruction en famille.

    Ce film est effectivement à voir.
    Il confirme la vision que nous avons de l’école : uniformisme, mise en concurrence, bourrage de crâne, principe de réussite vs échec ; l’objectif étant de faire de nos enfants des machines sans avis personnel qui consommeront s’ils échouent ou qui rendront notre monde toujours plus capitaliste.
    Dans tous les cas, ce film montre que l’enthousiasme, la curiosité, la créativité et l’esprit critique des enfants sont étouffés par notre système éducatif qui est devenu global notamment à cause de l’OCDE et du programme PISA (pour « Programme international pour le suivi des acquis des élèves » en français) qui est un ensemble d’études menées par l’OCDE et visant à la mesure des performances des systèmes éducatifs des pays membres et non membres.

    Ce film n’apporte pas de solution, le réalisateur l’assume. Le message est d’ouvrir les yeux sur le fait qu’il faut changer notre école. Indirectement le film est honnête sur le fait que ça sera compliqué : ce fonctionnement est historique (militaire puis industrialisation) et économique, le plus gros problème… donc tant qu’il n’y aura pas de volonté à refonder notre société, il sera difficile de changer nos écoles.
    L’alternative est donc nécessaire et l’un des exemples est la famille Stern. Mais attention, le film ne prône pas non l’instruction en famille. Il prône l’amour et le respect de l’enfant.

    Le Documentaire « Etre & Devenir » traire lui de l’instruction en Famille (documentaire que j’ai vu également avec la présence de Clara Bellar et Catherine Gueguen). Il dénonce également l’état de notre système scolaire et tord littéralement le cou aux idées reçues concernant l’instruction en famille (désociabilisation, aucun apprentissage, etc). Au contraire ce documentaire montre des enfants heureux, curieux, pleins d’entrain et d’enthousiasme, sûrs d’eux-même et capables de tout ! Ce documentaire peut vous retourner le bide et vous changer à jamais. Je vous le recommande.

    Amicalement,
    Christine

    • J’ai oublié de préciser quelque chose, le Documentaire « Etre & Devenir » traite lui de l’instruction en Famille mais surtout, de l’apprentissage autonome.
      Ce mode d’apprentissage consiste à n’imposer aucun programme scolaire mais à fournir à l’enfant un environnement riche qui titillera sa curiosité qui l’amènera ensuite à poser des questions, chercher, réfléchir, comprendre assimiler et ce avec PLAISIR !
      L’objectif est de répondre aux besoins de l’enfant et non de tenter de remplir une boîte vide pour qu’il reste et devienne lui.

  32. J’ai eu la chance de voir ce film en avant-première il y a quelques mois et je le conseille à tout le monde.
    Merci pour ce « rappel ».

  33. Merci pour cet article que je partage du début à la fin. Je recommande chaudement à tous les enseignants et à tous les parents de lire l’Elément de Sir Ken Robinson. Inspirant au plus haut point ainsi que de visionner ses conférences TEDex.

    Merci Ophélie d’ouvrir une fois encore ici une porte sur un sujet qui devrait concerner tout le monde.

  34. Bonsoir Ophélie,
    Je regarderai avec plaisir ce film. C’est un sujet qui me touche particulièrement. Merci du partage!
    Je suis ton avis sur le sujet.
    Globalement, l’école formate les individus. A partir du moment où nous sommes ne serait-ce qu’un peu différent, nous sommes mis de côté. L’école n’aide pas souvent à se trouver ou développer ces capacités. De plus en plus d’enfants sont mis en situations d’échecs à cause de cela. La phobie scolaire n’est plus si rare aujourd’hui.
    A l’école, nous ne sommes pas vraiment libre, ni traités comme égaux. Le système éducatif présent notamment en France n’est pas le bon, c’est évident.
    L’imagination, la créativité, et l’enthousiasme devraient pas être ainsi mis de côté.
    Douce soirée à toi,
    Valentine

  35. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à lire ton blog car je te trouve DRÔLE. Vraiment. A travers cet article différent de tes recettes habituelles, tu as réussi à me donner envie de regarder ce documentaire, grâce à ton enthousiasme et également par ta manière de partager tes connaissances (et parce que le sujet m’intéresse énormément =) ) Tu ne décris pas simplement l’article, tu ajoutes une réelle plus-value.
    Moi qui me demandais comment améliorer mon blog, j’ai trouvé chez toi ce qui rend digeste et facile à lire un article aux abords plutôt long et ne traitant pas d’un sujet très fun.
    Bravo pour l’ajout des sources, et également des liens en rapport avec le sujet. C’est un très beau travail que tu as fait pour cet article.

  36. Bonjour, je n’avais pas entendu parler de ce documentaire….
    Moi c’est Être et Devenir de Clara Bellar qui m’a émue, profondément. L’as-tu vu? J’aimerais beaucoup visionner celui don tu parles, pour voir comment ils se complètent…
    Hop je file sur internet faire ma recherche…. Et merci pour…. euh…. tout 😉

  37. J’ai été élevée par des parents repliés sur eux-mêmes, misanthropes et angoissés. Heureusement que l’école, toute imparfaite qu’elle soit, a été là pour m’ouvrir au monde et à la vie. Peut-être que si j’avais eu le privilège de grandir dans un milieu favorisé, je critiquerai l’école, moi aussi. Je ne peux m’offrir ce luxe car l’école m’a appris une grande partie de ce que je sais.

    Aujourd’hui je suis moi-même enseignante (donc une méchante, si je comprends bien), et je souffre de voir à quel point sont dénigrés ce que je suis, ce qui m’a permis de me construire. Si un jour je me reconvertis, c’est parce que je ne supporterai plus cette haine dont l’école est victime.

    Mon message ne sera sans doute pas compris…

    • Vous savez, Amandine, je suis moi-même fille d’enseignants, j’ai été enseignante et je le redeviendrai certainement… Un très grand nombre de mes amis sont également enseignants. Et heureusement que j’ai eu quelques très bons enseignants qui m’ont donné le goût des choses et m’ont permis d’aller plus loin dans mes passions.
      Ce n’est pas une haine ou un travail de dénigrement que de dire ce qui semble ne pas aller dans une institution : c’est au contraire essayer de faire en sorte de l’améliorer.

  38. Génial! Merci beaucoup pour le partage! J’ espère pouvoir le visionner au cinéma! Du coup j’en ai profité pour regarder de plus près son travail et aie aie aie, le reportage sur la production de masse glace les sangs. Je pense que comme sur les paquets de cigarettes, on devrait mettre une photo des animaux dans un abattoir. Mais pour revenir a l’éducation, c’est exactement pour cela que j’ai décidé de mettre mes deux filles dans une école alternative et associative. Et j’en fait la promotion des que je peux. J’ai toujours été très studieuse lors de ma scolarité, et j’étais une bon element puisque je savais me mettre en retrait quand, a priori, il le fallait. J’ai changé ma fille d’école a son entrée au cp car je n’ai pas eu de place avant. J’ai été parent d’élève dès le début, j’ai toujours fait des activités avec mes enfants, beaucoup lu, beaucoup sortie. Quand elle est arrivé aux Calendrettes, la maitresse m’a dit que pour elle c’était comme si elle n’avait jamais fait de grande section…J’habite un quartier populaire et le nombre d’enfants par classe était effarant! Maintenant, elle est dans une classe a double niveau, épanouie, heureuse d’aller a l’école et félicitée pour chaque effort mis en place. Vive l’éducation alternative et bravo pour ton blog! Je songe depuis longtemps a créer le mien!
    Eloïse

  39. Ping : NOTRE AVENTURE DE L’ÉCOLE À LA MAISON ! | Antigone XXI

  40. Merci pour cet article.
    Mais je me demandais comment Antigone, khâgneuse de première, docteure ès lettres ou approchant, est devenue ce qu’elle est… Peut-être est-ce plus facile d’être critique quand on a pu se nourrir de ce système, s’y intégrer et le regarder de manière adulte et autonome… Finalement dans ton cas le système n’a-t-il pas formé une citoyenne, une vraie, libre d’esprit, et capable de partager ses convictions et ouvrir le débat?
    Je connais aussi des parents très « alternatifs » qui peuvent enfermer leurs enfants dans des projections et injonctions de « la théorie ça sert à rien », « les études non plus », « fais plutôt des voyages ». Peut être tant mieux pour eux, mais peut être ont ils manqué de choix sous des apparences très « cool »…

    Nuançons nos propos et nos regards, et oeuvrons à une école, une société, un monde meilleur sans juger trop rapidement…

    mli

    • La khâgne, les grandes écoles et les grandes universités m’ont apporté beaucoup de bonnes choses, auxquelles je ne tourne pas le dos, mais elles m’ont également donné l’occasion de voir ce que peut être un système scolaire tourné entièrement sur la compétition, la normalisation et la réussite à tout prix.

      En prépa, nous n’étions pas des élèves, mais des bêtes de concours qu’on poussait à bout pour avaler des pages et des pages de textes, de programme d’histoire et de déclinaisons. J’adorais la philosophie, je voulais en faire mon métier, mais la philo ‘à coup de marteau’, celle qui ne suscite pas la réflexion, mais qu’on apprend par cœur pour réussir sa dissertation, celle-là a tôt fait de me dégoûter. Et pourtant, je ne nie pas avoir beaucoup appris en prépa : la rigueur, la discipline, l’organisation, le sens critique, parmi tant d’autres choses. Mais ces qualités, n’aurais-je pas pu les développer autrement ? J’ai des amis qui n’ont ni fait prépa, ni grande école, ni université, mais dont la profondeur de pensée ne cessera de m’étonner et de susciter mon admiration.

      J’ai fait du latin pendant 9 ans et, pendant toutes ces années, j’ai détesté cette langue car la méthode pour l’apprendre n’était pas la mienne. A côté de cela, j’ai appris le bulgare ou le macédonien en quelques mois, car j’étais maîtresse de mon apprentissage et que personne n’était là pour me forcer à les ingurgiter. J’ai mis de côté des choses que j’aimais profondément (le théâtre, le dessin…) et que j’aurais rêvé de faire, car elles ne rentraient pas dans la liste des matières ‘nobles’ pour lesquelles je devais travailler. J’ai appris à avoir peur des autres, à travailler de manière individualiste, alors que j’aime par-dessus tout aider les gens.

      En prépa, j’ai côtoyé des jeunes gens terriblement brillants, détruits par ce système d’apprentissage à outrance car trop sensibles (cette sensibilité si précieuse, surtout en Lettres !) ou rejetés car trop ‘hors-norme’, parce qu’il fallait faire du chiffre, coller à une méthode d’apprentissage et de rendu et pas à une autre, être capable d’apprendre par cœur toujours plus de choses – qu’on a tôt fait d’oublier, une fois passé le concours. Je ne regrette pas la prépa, car j’y ai beaucoup appris, appris sur moi aussi, mais je ne souhaite pas cet univers à mes enfants.

      Je suis partie en Angleterre, puis en Allemagne, et j’y ai découvert d’autres systèmes d’éducation. J’y ai vu des étudiants nettement plus épanouis que les nôtres, des jeunes gens actifs dans leur apprentissage, et non passifs devant la parole du maître, des personnes qui exprimaient leur avis en cours car celui-ci était pris au sérieux par le professeur, dans une atmosphère de confiance, d’échange et de respect mutuel.

      J’aspire à une école meilleure, plus ouverte, plus humaine, plus tournée vers l’enfant, et non à sens unique, comme il me semble qu’elle l’est trop actuellement. C’est justement parce que j’aimerais que cette école existe que je me permets de réfléchir et critiquer celle qu’elle est à présent. Je me destine moi-même, en plus de la recherche, au professorat, parce que j’aime enseigner, j’aime transmettre, mais j’aime aussi apprendre en retour, et je pense que nous avons beaucoup à apprendre des personnes qui sont en face de nous, dans la classe, qu’ils aient six ou dix-huit ans. Enfin, je souhaite que ma pratique puisse être libre et critique d’elle-même, afin qu’elle soit la meilleure possible, pour les élèves et étudiants comme pour moi-même. C’est parce que je la connais justement bien que je me permets de réfléchir à l’école telle qu’elle est actuellement.

  41. Ping : BEST OF 2015 ♥ HAPPY 2016 ! | Antigone XXI

  42. Bonjour,
    J’ai regardé très récemment le magnifique documentaire « ¨être et devenir » et souhaiterais acheter le DVD de « Alphabet », mais je n’arrive pas à l’acheter!!!! Ou le trouver avec sous titres français (?)
    Merci d’avance…. Delphine

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