POURQUOI JE NE SUIS PAS VEGAN

vegan

Oui, vous avez bien lu, je ne suis pas vegan.

Pas plus que végan.

Ou viiiigan.

Ou végant.

Ou végé radicale, ou végintégriste ou végémachinchose.

*

Je suis végane.

*

Ouf, j’entends les petits soupirs de soulagement d’une partie de mon lectorat. Elle ne remange pas des animaux ! C’était une blague ! La petite farceuse, hi hi !..

Oui, une farce ou, plutôt, une affirmation un brin provocante pour attirer votre attention sur une chose à mes yeux vraiment importante. Car, si à première vue, l’ajout ou non d’un petit accent et d’un -e- final à ‘vegan’ ne semble pas changer la face du monde, j’aimerais vous expliquer pourquoi je choisis d’écrire ‘végane’ et pourquoi je vous encourage chaudement à faire de même.

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Le terme anglais vegan a été à l’origine créé par la Vegan Society en 1944, puis officialisé en 1951, pour désigner une personne qui essaie de vivre sans exploiter les animaux. A la différence d’un simple vegetarian, un vegan ne mange pas de produits animaux (viande, poisson, lait, œufs, etc.), pas plus qu’il n’en utilise pour se vêtir (fourrure, laine, cuir…) ou dans quelque autre activité que ce soit (cosmétiques, divertissements, etc.).

Si le terme ‘végétalien’ a été forgé en français pour désigner un individu qui ne mange pas de produits d’origine animale, il s’agit d’un terme se référant uniquement à une pratique alimentaire. Ainsi un végétalien ne consommera-t-il pas de lait ou d’œufs, mais il pourra concevoir d’enfiler un pull en laine ou d’utiliser des produits de beauté testés sur les animaux.

Par opposition, vegan est un concept moral. Selon la Vegan Society, est vegan un individu qui refuse d’exploiter les animaux pour des raisons éthiques. 

Ces précisions étant faites, pourquoi adopter la graphie végane ?

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La France et la plupart des pays francophones accusent un sacré retard par rapport à leurs voisins en ce qui concerne l’adoption d’un terme équivalent à vegan. Ce n’est qu’en 2013 que Hachette intègre véganisme à son dictionnaire et seulement en 2015 que le Petit Robert ouvre ses pages à végane.

Pourtant, dans la grande majorité des cas et en dépit du travail de la Société Végane, le terme utilisé par bon nombre d’individus, media, éditeurs, etc. reste le terme anglais vegan. Alors que la plupart des pays non-anglophones se sont appropriés le terme d’origine en l’adoptant à la graphie, la grammaire et la prononciation de leur propre langue, le français rechigne encore à faire de même. Ainsi l’allemand a tôt fait de forger le néologisme Veganer (Veganerin au féminin), ainsi que l’adjectif veganisch. En espagnol, on dit vegano et vegana, et il en est de même dans d’autres langues latines, à l’instar de l’italien ou du portugais.

Pourquoi la France tarde-t-elle tellement à s’approprier le mot anglais et, ainsi, à rendre plus accessible le concept de véganisme ? Il faut avoir en tête que le terme vegan peut être un réel frein à la compréhension, l’acceptation et l’adoption de ce mode de vie en France.

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Comment prononcez-vous ‘vegan’ ? Faut-il dire ‘végane’ ? ‘vigane’ ? ‘végant’ ?.. S’agit-il d’un mot invariable ? Faut-il lui mettre un -s- à la fin au pluriel ? Ecrit-on : ‘des pâtisseries vegan’, ‘des pâtisseries végan’ ou ‘des pâtisseries végans’ ?

Je ne sais pas vous, mais moi, je connais des tonnes de personnes qui se posent ces questions. Et rien ne m’horripile plus qu’un individu qui prononcera ‘végant’ comme on parle d’un ‘gant’ (d’ordinaire, c’est mon père ou mon frère qui le font exprès pour m’embêter, mais je connais aussi des véganes qui le prononcent ainsi !). La graphie directement calquée sur l’anglais vegan est donc source de confusion et d’ambiguïté.

Vegan est un mot que l’on ne sait pas prononcer ou, du moins, dont la graphie ne reflète pas la prononciation la plus courante en français. Le risque encouru, bien sûr, c’est que cette graphie anglo-saxonne entraîne une modification de la prononciation du mot en français : vous imaginez ? des ‘végants’ (et, qui sait, des ‘végantes’ ?) partout !

Vegan est un mot que l’on ne sait pas écrire ou, du moins que l’on hésite à mettre au féminin ou au pluriel, laissant souvent l’impression d’une horrible faute d’orthographe ou d’une bizarrerie lexicale : ‘une pâtisserie vegan’, ‘des boissons vegan’, ‘mes filles sont vegan’… 

Ainsi vegan reste-t-il un concept étranger, un emprunt que l’on ne s’approprie pas, un mot ‘à la mode’ venu directement des States et qui, espérons-le, ne fera pas long feu face à nos traditionnels camemberts et fars bretons… Or le véganisme n’est pas un concept anglo-saxon, mais un principe universel. 

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L’utilisation de plusieurs graphies en parallèle, véganevégan et vegan, entraîne une confusion dans l’esprit des gens. A l’heure où la plupart des instances officielles de promotion du véganisme (l’Association Végétarienne de France, la Société Végane, L214, la Société Végane de Suisse, la Société Végane de Montréal, etc.) et un certain nombre de dictionnaires ou d’encyclopédies en ligne (le Petit Robert, Hachette, Wikipédia, etc.) ont adopté la graphie végane, pourquoi continuer à utiliser d’autres graphies ?

Si l’on adopte une seule et unique écriture (qui sera, a fortiori, un jour, végane, puisque c’est celle qui tend à être majoritairement reconnue sur le plan officiel), on offre plus de clarté au message véhiculé. Comme l’explique la Société Végane, on facilite ainsi le travail des associations auprès des institutions, dans la mesure où ces dernières n’utilisent que des mots répertoriés dans les dictionnaires.  La lexicalisation de végane ne peut qu’améliorer la prise en considération du terme, du concept et de ses représentants par les organismes étatiques et par le grand public en général. Ainsi, en utilisant végane, on oeuvre à une meilleure prise en considération du véganisme dans son entier. 

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Enfin, l’une des raisons principales d’adopter végane, c’est le caractère épicène du mot.

Epiquoi ?.. Epicène, cela signifie tout simplement qu’il s’agit d’un mot qui n’est pas marqué du point de vue du genre grammatical. Par exemple, on dit ‘un élève’ comme ‘une élève’ ; ‘un adulte’ et ‘une adulte’, ‘un archéologue’ ou ‘une archéologue’… De la même manière, on dit ‘un végane’ comme ‘une végane’. Qu’il soit au masculin ou au féminin, le mot conserve la même forme.

Et cette graphie est à la fois bien pratique et bien moderne, puisqu’elle permet d’éviter une différenciation de genre. Homme ou femme, nous sommes tous véganes. De la part d’un mouvement qui cherche à abolir les discriminations à l’égard des animaux et qui, bien souvent, étend cet élan égalitaire envers toute autre forme de discrimination, il serait bon de commencer par sa propre orthographe.

A ceux qui rétorqueront que ‘végane’, ça fait féminin… Je répondrai seulement que le -e- muet final n’a jamais été marque exclusive du féminin dans la langue française et qu’il existe bon nombre de mots masculins pourvus d’un -e- final, à l’exemple de ‘génie’, ‘incendie’, ‘apogée’, ‘lycée’, ‘musée’, ‘cigare’, ‘phare’, ‘anniversaire’, et tant d’autres… En outre, il existe déjà un certain nombre de mots masculins qui se finissent en -ane-, à l’instar de ‘mélomane’, ‘profane’ ou ‘Tsigane’. Donc, croyez-moi, végane n’est pas plus féminin que masculin : c’est le propre d’un mot épicène !

Végane

Enfin, à ceux qui diront que végane, d’abord, c’est moche, j’aurais tendance à répondre qu’un mot nouveau, surtout quand on le croit une simple déformation réactionnaire et franco-française d’un terme anglo-saxon, peut paraître peu esthétique. Mais il s’agit-là d’une question d’habitude et, si, pour ma part, j’ai eu quelques réticences au tout début de mon véganisme à adopter cette graphie, celles-ci se sont bien vite envolées au fur et à mesure que je l’utilisais. Personnellement, je trouve maintenant végane très joli (cela me fait penser à la fée Morgane !..) et j’ai bien du mal à voir utiliser le terme anglais invariable à côté de mots féminins ou pluriels.

J’ajouterai que je me bats régulièrement avec des journalistes ou des éditeurs qui veulent conserver le côté ‘tendance’ du mot anglais d’origine, car il serait, semble-t-il, plus ‘cool’ que la graphie francophone. Pourtant, il ne tient qu’à nous de rendre la graphie végane tout aussi cool, sinon plus, que le terme anglo-saxon d’origine. Et je crois qu’en faisant cela, nous ne contribuerions pas simplement à partager la coolitude du terme, mais bien du véganisme dans son ensemble.

J’en appelle donc à vous, lectrices et lecteurs, pour utiliser, écrire, reproduire, transmettre et faire connaître la graphie végane où que vous soyez. Plus nous serons nombreux à l’utiliser, plus le véganisme sera accepté et mieux il sera perçu dans la société. Et n’hésitez pas à partager cet article autour de vous pour, ensemble, œuvrer à la promotion du mot végane et du véganisme !

*

On se lève tous pour végane !

*

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95 réflexions sur “POURQUOI JE NE SUIS PAS VEGAN

  1. Coucou Ophélie,
    je viens de tomber sur le titre du nouvel ouvrage d’Ellen Frémont (alléchant par ailleurs), et ton article prend tout son sens : je trouve ça bizarre d’écrire « Saveurs vegan ». C’est un peu dommage, parce que quand on écrit « végane » ça permet de franciser le mot et donc de lui donner sa place dans la grammaire française (on peut mettre le pluriel!) : là, « vegan » apparaît comme un OVNI, un sigle, et ça irrite un peu…
    Merci donc pour cet article de linguistique!
    Lou

  2. Pour ma part je fais partie des décues….

    Pourquoi a -t-on besoin de passer « vegan » à la moulinette du nationalisme francais ?

    Ne peut-on pas pour une fois dans ce concept moral de bienveillance…se retrouver autour d’un mot universel ?

    Vegan est d’origine anglaise OK mais bon si les vegan ne sont pas capables de se retrouver autour d’un mot…je trouve ça triste triste triste…

    En plus qui dit francisation – dit pour le dico (en toute logique) : sexisme en force (ben oui faut assumer la francisation)… vegan fonctionne parfaitement pour masculin et féminin…pourquoi y rajouter un « e » et qui n’existe pas pour le masculin ?

    C’est la francisation qui pour moi est « has been » !!!

    Je trouve ça dommage que la communauté vegan n’est pas fait preuve d’un peu plus d’ouverture au dela de nos frontières et nos traditions (qui sont pas forcément bonnes on le sait tous)…

  3. Je trouve qu’au contraire, la France etait en avance car nous avions le mot vegetalien bien avant que le mot vegan n’ait ete invente au Royaume-Uni.

    Je ne considere pas du tout le mot vegane comme un atout. Nous sommes animalistes, nous sommes egalitaristes, nous sommes ceci ou cela. Inutile de se definir autour d’un mode de vie.

  4. Je suis végane et j’utilise vegan.. cela ne me dérange absolument pas. Quand les personnes le prononcent mal, je leur dit 🙂 (et puis la fée Morgane a un bien vilain nom avec deux mots qui la composent: mort, organe 😦

  5. Merci Antigone XXI pour cet article, très parlant à mes yeux ! J’utilise depuis quelque temps déjà cette graphie du mot « végane » pour toutes les raisons que tu cites. Cela avait fait suite à la lecture de cet article (http://penseravantdouvrirlabouche.com/2014/04/15/nous-sommes-veganes/) qui évoque justement le caractère épicène du mot et ce qu’il dénote comme retard concernant le véganisme en France. Mais je peinais à convaincre d’autres personnes de se l’approprier, malgré mon utilisation exclusive (ou presque) du mot. Je ne trouvais pas les mots qu’il faut… Mais maintenant, je les ai : un petit partage de ton topissime article et hop, d’ici peu l’occurrence du mot « végane » aura sûrement dépassé celui du mot anglo-saxon « vegan » dans les moteurs de recherche… 😉

  6. Ping : Manger végane en Inde du nord - AnywhereAnywhere

  7. Bravo Antigone. Je pense exactement comme toi. Je viens seulement de lire ton brillant texte sur l’utilisation et l’orthographie du mot « végane » et je découvre que j’ai fait moi aussi cette réflexion de mon côté et qu’on se retrouve au tas de sable parce qu’on a eu le même cheminement tous les deux. J’ai intitulé mon livre (à paraître en avant-première au salon VeggieWorld le 2 avril 2016) « De Viandard à végane » pour toutes ces raisons, merci de m’avoir montré que je ne suis pas seul avec mon combat pour la langue française. One love

    • Même si certains dictionnaires l’admettent!.
      Le mot végane n’existe pas pour l’académie française (seul organisme officiel autorisé à inscrire un mot nouveau).
      Il n’est donc pas correct de l’employer.
      Il faut continuer avec « vegan »

      • .G de Savoie
        « Pour l’académie française »… S’il faut attendre l’académie française, on va probablement attendre 100 ans avant que le véganisme entre dans le dictionnaire. C’est ridicule comme argument.
        Le mot « vegan » n’existe pas plus pour l’académie française.

        L’académie française valide bien des erreurs de prononciations comme « bonzai » (bonsai : prononcé bon-saille en japonais), et il valide ce genre de choses suite à une utilisation du mot. Vous avez peut-être décidé que « végant » était courant au masculin à l’oral… Personnellement, j’ai rarement entendu le terme, à part dans la bouche de présentateurs télés ou nutritionnistes mal renseignés.

  8. Ping : BEAU DEVANT ! Vegan Healthy rend-il le végétalisme-sain gourmand et accessible ? – Qu'on se le dise…

  9. Je suis tout à fait d’accord pour franciser le terme de « vegan ». Je pense comme toi que la langue française doit s’approprier ce mot de manière à ce qu’il évoque un concept clair, non exclusif au monde anglo-saxon et qu’il soit utilisé sans réticence par les institutions, les pouvoirs publics, les associations, etc.
    Néanmoins, je ne suis pas favorable à la forme épicène proposée, à la fois pour des raisons linguistiques et philosophiques.

    On est d’accord que la forme épicène « vegan » (un dessert vegan, une pâtisserie vegan) est une forme brute, arrivée directement du monde anglo-saxon et qu’elle ne devrait plus être utilisée en bon français pour les raisons citées ci-dessus.
    Pour moi, la forme épicène « végane » ne va pas non plus car elle contredit les règles d’accord de la langue française. En effet, de manière naturelle, on dira plutôt « un dessert végan » qu’un « dessert végane ». Oui, me diras-tu, mais il suffit de considérer le mot comme épicène en faisant l’analogie avec « mélomane », « profane », « tsigane », etc. C’est oublier que les mots ont une histoire et que « profane », « tsigane » dérivent de formes latines et grecques (« profanus », « tsigannos ») qui contenaient déjà une voyelle. De même que « mélomane » (tout comme « kleptomane », « pyromane » et tous les mots en « -mane », issus de « manie ») dérive de « mélomanie » (« kleptomanie », « pyromanie ») avec donc aussi une voyelle. Le mécanisme de dérivation et d’apparition n’a donc rien à voir avec celui de « vegan ». Dès lors, il me semble bien plus pertinent de faire l’analogie avec l’existant, c’est-à-dire avec les emprunts étrangers similaires tels que les noms de nationalité du Kenya, du Nigéria et de l’Afghanistan. Ne dit-on pas « kenyan,-e », « nigérian,-e » (noter l’accent) et surtout « afghan,-e » ? Des phrases comme « le marathon a été remporté par un coureur kenyane » ou « il s’agit de trois ressortissants afghanes » sont fautives, comme devrait l’être « ces desserts véganes semblent très appétissants ».

    Revenons-en au début. Puisqu’il s’agit de franciser le terme, pourquoi ne pas rajouter un accent sur le -e-, par analogie avec « végétal », en écrivant tout simplement « un dessert végan », « une pâtisserie végane » ? C’est pour moi la solution la plus évidente et la plus naturelle. D’un point de vue phonétique, cela implique bien sûr, pour le masculin, la prononciation « végant » (comme « efferalgan », « d’Artagnan », « origan », etc.), préférable pour certains à « végane », mais pour des raisons purement esthétiques, et donc arbitraires, qui ne peuvent l’emporter.

    D’autre part, je trouve curieux et contestable l’idée de retenir une forme épicène pour éviter la différenciation et lutter ainsi contre une éventuelle discrimination. Cela voudrait dire que différencier, c’est discriminer et donc faire souffrir. Hommes et femmes sont différents, c’est un fait, mais ils sont égaux en droit. Lorsqu’on parle d’égalité entre sexe, espèce, race, c’est toujours sur le terrain du droit que l’on se place, et non sur celui des capacités, et différences, naturelles. Uniformiser la langue sur ce point, en gommant arbitrairement les particularités de chaque sexe, ne fera pas disparaître ces différences. Le but de la version épicène est louable et recevable, mais pas plus qu’une vision inversée que l’on pourrait formuler ainsi : loin d’être un inconvénient, la différence, l’altérité sont une force et un atout, reconnaissons les particularités de chacun tout en gardant à l’esprit qu’il faut respecter leurs droits.

    • A vous aussi Bravo et merci ! Je ne comptais pas m’exprimer davantage ce soir mais j’adhère totalement à votre démonstration.

    • Je suis d’accord aussi avec votre analyse, différencier n’est pas discriminer…on naît comme on est…et être et devenir vont de pair même si c’est différent parfois.

  10. A nouveau deux mots : Bravo et Merci… Plus quelques autres : j’apprécie décidément beaucoup l’esprit et la justesse de vos écrits ! Végétarienne depuis deux ans, je restais récalcitrante à l’idée du véganisme. Vous venez de m’offrir une occasion, et le désir, d’évoluer dans ce sens

  11. Merci beaucoup pour cet article, je l’avais déjà lu il y a un petit moment et depuis j’utilise toujours cette écriture, je l’ai d’ailleurs reprise pour mon blog 🙂
    J’ai remarqué que les italiens eux n’hésitent pas une seconde à italianiser le terme : ils mettent des vegano et vegani à toutes les sauces, et franchement ça rend beaucoup mieux !

  12. Ping : Lectures de l’été, #3: le Guide du végan en herbe de PeTA – Perrine Bellanger

  13. Thierry
    Le terme, végane est épicène, mais ce n’est qu’une conséquence, pas une volonté. Si on décide de prononcer le « n » à la fin, alors il faut placer un « e » après, c’est une règle basique du français.
    Si vous écrivez « vegan », certains prononceront à l’anglaise, d’autres prononceront « végant » ou « veugant » au masculin (personnellement, ça m’écorche les oreilles).

    « Des phrases comme « le marathon a été remporté par un coureur kenyane » ou « il s’agit de trois ressortissants afghanes » sont fautives, comme devrait l’être « ces desserts véganes semblent très appétissants ». »
    Le mot est tout de même entré par la langue anglaise, on entend pas grand monde parler de dessert « végant », sauf qu’ils ne prononcent pas à l’anglaise pour autant. (« vigeune »)

    Prononcer le mot à l’anglaise, c’est une erreur si on souhaite répandre le véganisme, mais les prononciations « végant » et « veugant » sont loin d’être courante et on les entends plus dans la bouche des détracteurs que des défenseurs du véganisme, comme si – en lisant le terme anglais avec les règles de prononciation française – il y avait une volonté d’écorcher le mot et signifier que c’est une « mode » arrivée de l’étranger.

  14. J’avais mis ça en réponse à ceux/celles/celleux qui convoquaient l’académie mais bon autant mettre ça en plein milieu.

    D’abord l’académie actuelle n’a que le pouvoir qu’on lui donne et dans les écrits scientifiques (universitaires, donc) personne ne lui reconnaît autre chose que le droit d’être une assemblée héritée d’un temps auquel on pensait avoir coupé le chef, composée de vieux cons et de vieilles connes, même jeunes, habilléEs du vert de l’envie par un boucher autolégaliste – bonne excuse pour ne pas les avoir au théâtre, le vert.
    Le Petit Robert lui n’a de la légitimité qu’en section commerciale pour étudier sa stratégie de de vente, c’est un dico de merde pour qui veut être un peu sérieux (Lexus, TLFi ftw).

    Si on reprend l’histoire de la formation d’unité significatives en France, on peut d’ailleurs aller beaucoup plus loin que ça sans convoquer l’académie. Le français n’est pas comme l’anglais au point pĥonologie comme graphémique, elle est bien plus constante dans sa prononciation (les mots étrangers ne peuvent de toute façon qu’être rendus de manière imparfaite faute de signes diacritiques adaptés, et on en a viré des pelletées, ça m’étonnerait qu’on en réintroduise pour faire plaire à des snobs qui veulent écrire tokyo avec des macrons, d’ailleurs si on veut supprimer les macrons, ça permettrait de recycler les abattoirs). Pourtant avant la fin des années 30 environ, tous les mots d’origine étrangère étaient prononcés approximativement, comme la jungle prononcée jongle, le krach boursier prononcé krak, en gardant parfois la graphie d’origine, d’où des dictées de Pivot et des erreurs chez les élèves dont les parents ne sont pas CSP++ ou de la classe sociale d’encadrement. Le substantif parking ne veut toujours rien dire en anglais, l’académie n’y est pas non plus pour grand chose. L’anglais d’Oxford est considéré par certains linguistes comme une langue morte (à l’opposé de l’anglais de la rue bien vivant), que l’on peut utiliser selon son bon vouloir pour former/reformer/réformer (celui-là aussi je veux bien le supprimer de mot) des mots français. Dans ce cadre, on écrit comme on veut prononcer en gardant de côté le respect de la flexion pour éviter que les futurs élèves se plantent dans les dictées par hypercorrection. Tous les néologismes sont donc possibles tant qu’ils sont justifiés. A mon sens, si l’hypothèse de travail d’Antigone est très logique (même si sur l’épicène, c’est un cataplasme sur une jambe de bois) – mis à part la flexion allemande qu’on ne peut pas utiliser comme référent toute germanophilie bien pesée puisque le fonctionnements de affixes et notamment des suffixes est différent (ou alors autant reprendre la méthode anglaise). La formation des mots du français à partir de l’anglais est un peu le terrain des canadiens francophones et on peut leur reconnaître la légitimité d’un usage populaire rapide au Canada (même si par exemple « pourriel » a une troncation ignoble). Si on me demandait mon avis, moi qui ne fais que bidouiller dans ma cuisine, j’utiliserais le mot « véganiste » (vous vous y attendiez pas à celui-là, hein?). Ca reste épicène, ça souligne le débat moral initial et la pratique d’un système (comme le touriste érige le tour en système au point qu’il fait les musées – en fait le tour – plutôt qu’il ne les visite). La bonne cuisine véganiste, un plat véganiste, un restaurant véganiste. Et ça s’oppose pile poil à carniste. So what?

    • avec les coquilles de qui a remanié quatre fois son commentaire et ne sait pas lire son écran. Précision: quand je dis qu’on n’est pas sérieux avec le Petit Robert, je vise les journaliste qui en ont fait une soit-disant référence (mais bon d’après eux, Twitter aussi est une référence alors qu’il m’aurait fallu une vingtaine de tweets pour à peine argumenter).

  15. Bravo pour cet article! C’est une très bonne initiative qui va dans le bon sens, parfaitement exprimée qui plus est. Je partage et transmets autour de moi!

  16. Ping : 5 LIVRES VÉGANES POUR LES AMATEURS DE VIANDE ET DE FROMAGE | Antigone XXI

  17. ahhhhhh merci merci… Je suis très attachée à la langue française (je fus rédactrice-réviseuse dans un journal pendant de nombreuses années) et je me demandais. Voilà donc un article qui répond superbement bien à mes questionnements !

  18. Je pensais que cet article était tout récent mais il date déjà d’un an ! Et zut, je découvre ton argumentation que maintenant… et je me sens un petit peu coupable de ne m’être cantonnée qu’à la graphie anglo-saxonne..! Je serai désormais végane 🙂

  19. Ping : Parole de Vegan – Baptiste – Vegan & Moi

  20. Ping : Question con : Devenir végane, pour ou contre ?! – #Amour #Paix #Empathie #Respect #Justice #JeSaisYaPasDe"s"A"eduques" ;)

  21. Bonjour. Je ne suis ni vegan, ni végan, ni vegane….. Je suis contre l’utilisation de l’animal quelqu’il soit, ds l’alimentation, le respect de leurs milieux de vie, le refus du cuir, laine….pas de cosmétiques, attentive à tout et c’est épuisant en milieu urbain… Je ne me définis par aucun terme, surtout anglais qui pour moi reste invariable !!!!!

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