QU’EST-CE QU’ÊTRE FÉMINISTE AUJOURD’HUI ?

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Récemment, j’ai fait circuler sur Facebook un article intitulé Grandir en Allemagne, la (douce) vie des enfants de la naissance à 6 ans.

Sophie nous y fait part de son expérience de jeune maman en Allemagne, avec, au programme : accouchement en maison de naissance, suivi par une sage-femme & traitement naturel, allaitement encouragé, long congé parental, dévouement à l’enfant, respect de son autonomie, végétarisme, etc. En résumé, un peu l’inverse de ce qui se pratique en France depuis une trentaine d’années…

S’en est suivi un débat assez animé. D’un côté, celles (désolé pour le féminin exclusif, je n’ai pas vu un seul homme prendre la parole) qui louaient les bienfaits du modèle allemand, son côté ‘naturel’, l’accent mis sur le bien-être de l’enfant et, surtout, le respect de la parentalité (facilitée notamment par d’importants congés parentaux – 14 mois à se partager entre le père & la mère). De l’autre, celles qui dénonçaient les travers de ce système en pointant du doigt les dangers de l’ ‘enfant-roi’ et d’une féminité écrasée par le culte de la maternité.

Je ne vais pas ici discuter du statut de l’enfant (un autre article ?), mais je voudrais revenir sur la place de la femme, la mère et l’épouse dans notre société.

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Féminisme - Antigone XXI

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Tu seras une femme/épouse/mère, ma fille

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Depuis des décennies, en France, on nous rabâche les mêmes choses : travailler, c’est un droit, ne pas en saisir l’opportunité, c’est revenir au passé / allaiter, c’est dépassé, tu es une femme avant tout / ne passe surtout pas derrière ton enfant / rester à la maison ? tu es l’égale de l’homme, ne l’oublie pas.

Si l’on ne peut nier les avancées offertes par le féminisme des années 60, survenues à une époque où la société était résolument patriarcale et qu’il fallait idéologiquement la secouer, on ne peut nier pour autant certains travers de l’héritage de ce mouvement dans la société d’aujourd’hui. Les féministes radicales se mordraient peut-être les doigts si elles voyaient les conséquences actuelles de leurs grandes idées.

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La femme Barbara Gould

La femme moderne n’est pas simplement l’égale de l’homme : elle est la femme battante, celle qui sait concilier carrière, vie de couple et rejetons, qui reste sexy en toutes circonstances et assume son tailleur cintré avec fierté, qui ne rate rien de sa vie, ni au boulot, ni au lit, celle qui achève de dégommer sa cellulite à coup de sueur sur le tapis de course, qui n’a pas fait toutes ces longues études pour s’encroûter au foyer, qui drope son baby à 8h chez la nounou pour le récupérer au moment du dernier bisou, qui fait bander son mari dans sa guêpière de tigresse, qui domine les hommes, ses collègues, le monde. C’est la femme complète, la femme parfaitesimply the best, quoi.

Je ne sais pas vous, mais moi, l’idée d’accoucher pour retourner travailler deux jours après, sourire Rachida et hop, abdos à nouveau plats, ça ne me dit pas forcément. Pas plus que cela me dit de ne voir mes enfants qu’au moment du brossage de dents, de manquer leurs premiers pas, leurs sourires au plafond et leurs rôts d’après repas. Pas plus que j’ai envie de me faire houspiller parce que, à 6 mois passés, j’allaite encore (pour rappel, l’OMS recommande d’allaiter jusqu’à au moins 2 ans – bien sûr, si ce n’est pas possible, c’est une autre question) et que je ‘m’oublie en tant que femme’. Parce que, qu’est-ce que cela veut dire ici, en l’occurrence, ‘s’oublier’ ?

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Féminisme - Antigone XXI

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Suce mes tétons, c’est pas pour mon rejeton

En fait, cela veut juste dire ne pas être une épouse parfaite. Ça veut dire que, parce qu’on a eu le malheur d’avoir un enfant, on en néglige son pauvre mari et les devoirs conjugaux associés. Bien sûr, on ne le dira jamais de cette façon : on parlera de ‘vouloir renouer avec sa féminité’, de ‘sortir un peu des couches pour être à nouveau soi’, d’être ‘une maman super sexy’… Et on ne dira pas que, par là, on signifie : arrêter d’être un peu obnubilée par sa progéniture, perdre vite fait bien fait ces kilos de naissance pour être à nouveau désirable, arrêter d’allaiter pour avoir à nouveau envie de baiser.

Parce que, c’est ça, au fond, le message implicite véhiculé par la femme-épouse parfaite : il ne faudrait pas qu’elle oublie d’assurer sur tous les plans. Si elle choisit de faire ce qu’elle estime le mieux pour son bébé, on va la culpabiliser. A grands coups de théories freudiennes dépassées, on va évoquer le danger de la fusion, le cordon à couper, l’asservissement du corps de la mère envers son enfant. Et gare au cododo, ce relent d’inceste et de péché qui vient rompre le couple sacré en laissant s’immiscer, entre le père et la mère, ce nourrisson dictateur qu’il faut dare-dare éduquer sous peine qu’il nous mène par le bout du nez.

Quelle menace l’allaitement, le cododo et la maternité signifient surtout ici ? La menace que le corps de la mère ne soit plus à la libre disposition de l’homme, mais donné à un autre, le bébé. En France, on n’aide pas les femmes à faire ces choix, on ne les informe pas, on ne leur permet pas d’être maîtresses de leur accouchement et de leur maternité. Jamais on ne sort vraiment du rapport de domination. 

(pour une analyse plus fouillée du mythe de la mère fusionnelle, je vous invite à lire l’excellent article d’une Jeune Idiote, Allaitement et Féminisme).

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Féminisme - Antigone XXI

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La femme, cet homme caché

Être l’égale de l’homme ne signifie pas être l’homme.

C’est le problème du féminisme radical et des marques qu’il a laissées dans la société française. Parce qu’il a voulu faire de la femme l’égale de l’homme, il a oublié qu’égalité ne signifiait pas interchangeabilité. Il a oublié que la libération féminine ne signifiait pas l’imitation masculine. Le féminisme des années 60 a dit que la femme devait travailler, et la femme travailla. Le petit hic, c’est qu’il a oublié de préciser qu’à côté de cela, la femme était la plupart du temps mère et que les deux emplois du temps étaient susceptibles de se chevaucher.

Le danger ne réside pas dans ce féminisme lui-même, mais bien dans la manière dont il a été incorporé à la mentalité collective. La société a fait de la femme l’égale de l’homme au travail, sans assurer les arrières. On parlait plus tôt du système allemand : 420 jours de congé parental payé. On pourrait également évoquer la Suède : 450 jours de congé, dont 420 pouvant être répartis entre les deux parents.  Vous connaissez la durée du congé paternité en France ? 11 jours. 11 maigrelets jours, week-ends et fêtes compris, qui s’ajoutent aux 3 jours accordés à la naissance.  Youhou. Tu parles d’une égalité. L’homme va terriblement pouvoir aider la femme à concilier carrière et foyer…

Ce n’est, bien sûr, pas le fait de travailler pour une femme que je dénonce. C’est cette hypocrisie ambiante : comment vouloir faire de la femme cette super-woman à tout bout de champ, businesswoman accomplie, mère aguerrie et amante ravie, si rien n’est mis en place pour l’épauler ? Honnêtement, c’est dur d’être femme aujourd’hui, de devoir gérer sur tous les fronts et qu’on nous fasse culpabiliser si l’on décide de sortir du schéma établi. Oui, je comprends parfaitement ces mères qui décident de ne pas repartir travailler, de ne pas mettre leur nourrisson en crèche à peine deux mois et demi écoulés, qui refusent d’être des mamans à mi-temps. Ces femmes qui trouvent que cela fait trop, que c’est plus de pression qu’elles ne peuvent supporter. Et non, qu’on ne blâme pas ces choix, ces priorités. Ils sont parfaitement normaux (tout comme il est normal pour une femme qui ne veut pas avoir d’enfant de pouvoir exprimer et assumer ce choix librement).

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Féminisme - Antigone XXI
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Barbie au supermarché

Enfin, un dernier volet dont on ne parle pas souvent : cette image de la femme s’inscrit dans un modèle de société très précis – la société capitaliste de consommation.

Je sais, ça paraît un peu tiré par les cheveux, tout cela, et on s’éloigne de plus en plus des idéaux féministes initiaux, mais réfléchissons un peu. Une femme qui travaille, et qui travaille même beaucoup, c’est une femme qui gagne de l’argent. Pas besoin de se serrer la ceinture, on peut donc dépenser tout son soûl dans ce que la société patriarcale veut nous voir acheter : des fringues. Des robes, des bijoux, des chaussures, des cosmétiques… Tout ce qui permet la coïncidence parfaite de la femme à son rôle d’épouse et de bombasse.

Oui, car la mère, la femme qui s’oublie dans les langes de son petit, elle n’est économiquement pas intéressante. Elle ‘oublie’ de se maquiller, elle oublie de bien s’habiller, elle oublie de s’épiler, elle oublie de se faire belle pour son chéri, elle oublie de vouloir sortir au restaurant, elle oublie d’être le sex-symbol qui ne se trimbale qu’en louboutins et décolleté jusqu’au-dessous des seins. Bref, elle oublie de consommer et d’être un objet sexuel, et ça, ça ne peut pas aller.

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Féminisme - Antigone XXI

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Pour un renouveau féministe

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Que les choses soient claires : je ne condamne aucun des combats menés par les féministes de la première heure, les luttes de nos mères pour être libres de disposer de leur corps, les avancées de la société qui permettent de plus en plus à la femme d’être légalement l’égale de l’homme.

Ce que je dénonce, c’est l’impossibilité de choisir. C’est ce modèle si profondément ancré dans les mentalités françaises qu’on ne le remarque même plus. Notez que j’insiste depuis le début sur le modèle français. Car c’est bien en France que cette image de la femme est prévalente. Ce n’est pas en Allemagne ou en Suède que vous verrez l’allaitement découragé et les discours pro-allaitement accusés d’entraver la liberté féminine. Ce n’est pas dans ces pays que vous trouverez des femmes honteuses de ne pas avoir encore repris le travail les douze premiers mois écoulés. Ce n’est pas non plus là-bas qu’on valorise les clichés d’une ministre remise au travail une semaine après avoir accouché.

Certes, l’Allemagne et les pays nordiques ne sont pas la panacée. Sophie dans son article mentionne à juste titre la pression inverse exercée sur les mères qui voudraient mettre leur enfant en crèche à quelques mois seulement et souhaiteraient reprendre une occupation salariée. Il est de nombreuses sociétés où la jeune mère s’arrête de travailler et le contraire serait mal vu. Il n’y a donc pas de pays parfait, à ériger en modèle, il y a juste une chose dont on peut être sûr : on veut pouvoir choisir.

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Féminisme - Antigone XXI

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Le droit au choix

Je veux être libre de mes choix et ne pas être jugée.

Je ne veux pas qu’on me taxe de rétrograde si j’émets le souhait d’allaiter longuement. Je ne veux pas qu’on me dise femme soumise si je décide de garder le foyer après avoir accouché. Je ne veux pas qu’on dise de moi que je suis esclave de mes enfants parce que je veux ce que j’estime être de mieux pour eux. Je ne veux pas qu’on dise que je me néglige parce que je trouve qu’il y a plus important qu’être fraîche et maquillée. Je ne veux pas qu’on m’impose d’être une Barbie alors que je veux être une mummy.

De la même manière, je ne veux pas non plus qu’on me montre du doigt si je décide de biberonner. Je ne veux pas qu’on me traite de mère indigne si j’avoue que je suis épuisée et que je veux juste quelques heures sans bruit ni charivari. Je ne veux pas qu’on m’accuse d’être égoïste si c’est mon chéri qui prend un long congé paternité. Je ne veux pas qu’on mette en doute ma féminité si je choisis de ne pas avoir d’enfants. Je ne veux pas qu’on mette en cause ma maternité si je décide de repartir travailler.

Bref, je ne veux pas qu’on m’impose quoi que ce soit. Je veux avoir le choix.

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Féminisme - Antigone XXI

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Redéfinir le rôle de l’homme

Je pense que le problème posé par l’intégration du féminisme old school dans nos normes sociétales actuelles, c’est que celle-ci tend à occulter un élément-clef de la société: l’homme.

Il était fondamental que le combat des femmes à cette époque portât sur le sexe qui avait le moins de droits dans la société. Certains droits devaient être défendus : le droit à la citoyenneté, le droit de travailler à salaire égal, le droit de maîtriser sa fécondité, ou le droit, encore, de divorcer. Cette lutte a donc été parfaitement légitime. Mais le féminisme d’époque n’a songé qu’à la femme : il fallait la mettre au même niveau que l’homme, il fallait qu’elle soit son égal, qu’elle jouisse des mêmes droits.

Or la réflexion sur la place et le statut de l’homme doit être poursuivie. Il est anormal qu’en France, au 21e siècle, un père dispose de moins de deux semaines pour s’occuper de son enfant. Il est anormal qu’on implique si peu l’homme dans la parentalité. Et ce n’est pas seulement à coup de biberons partagés que ce statut doit être repensé.

On ne veut pas nécessairement une femme qui soit absente du foyer, mais bel et bien un homme qui y soit davantage présent. On veut un père qui soutienne une femme si celle-ci fait le choix de la maternité, qui partage sa fatigue et ses peines, et qui porte avec fierté l’idée d’une famille équilibrée hors de la maisonnée. Un père qui appuie les choix de sa conjointe et participe à sa liberté.

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Féminisme - Antigone XXI

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Pour conclure…

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J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article à l’intituler : ‘Le Nouveau Féminisme’. Mais, étant donné que ce nom, accolé au qualificatif ‘européen’, est déjà celui qu’a choisi une association dont les slogans, souvent entendus lors des nombreuses ‘Manifs pour tous’, sont loin d’être les miens, j’ai préféré éviter. Je ne suis pas favorable au féminisme ‘traditionaliste’ porté par des groupes religieux et qui pousserait la femme à ‘revenir vers son essence de femme’. Je ne suis pas essentialiste, je ne crois pas que la femme ne puisse s’épanouir qu’en tant que mère et je ne suis pas pour cloîtrer au foyer des femmes qui ne souhaitent qu’une chose : travailler.

J’ajouterai, même si cela est assez hors-contexte, que si j’ai dépeint ici le schéma d’une famille ‘traditionnelle’, axée sur un papa + une maman, ce n’est pas par dénonciation d’un type de parentalité différent. Je pense qu’on peut avoir une super famille avec deux papas ou deux mamans, dont l’un des avantages peut même être celui de renverser complètement les codes de la parentalité et, en conséquence, les rôles socialement attribués à l’homme et à la femme. Mais refermons la parenthèse, ceci est un autre débat.

Je n’ai pas donc choisi ce titre et j’ai opté à la place pour une question. Une question à laquelle une autre peut s’ajouter : refuser le féminisme d’antan, est-ce anti-féministe ? 

Non, je ne le crois pas. Je ne suis pas la première à critiquer certaines conséquences du féminisme radical des années 60, comme ce mouvement critiquait déjà lui-même le féminisme réformiste des décennies précédentes. Je pense que la société évolue et qu’il est bon de ne jamais s’arrêter sur des idées données, mais de toujours les réévaluer et, au besoin, de les réviser. Au contraire, à dire vrai, je me sens même hyper-féministe. C’est juste que le combat de nos mères n’est pas le mien. J’en appelle aujourd’hui à un autre féminisme. Un féminisme centré autour d’un autre combat, non moins fort et courageux : celui de décider.

Et vu qu’il n’est plus seulement question de la femme… faut-il un nouveau label ?

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*Féminisme - Antigone XXI*

 Photos prises à Berlin, 2010.

  

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364 réflexions sur “QU’EST-CE QU’ÊTRE FÉMINISTE AUJOURD’HUI ?

  1. Ping : La théorie du genre existe | laplumerousse

  2. Très bel article, bravo. Je suis d’accord avec toi. J’ai déjà pensé à tout ces sujets et force est de constater que notre langue manque de mots. La société évolue plus vite que l’ancien vocabulaire…féministe est caricatural. Cela ne correspond pas au débat. Mais en y songeant, il faut déplacer le débat: il faut que les hommes s’émancipent. Oui, ils n’ont pas eu leur révolution: ils ne peuvent pas pleurer, ils ne peuvent pas pouponner et rester James Bond. Oui, les Barbie sexy aiment James bond et consort, les stéréotypes abondent. Quand ils ne sont plus Superman, horreur, ils deviennent des Simpsons.

    Les nouvelles féministes sont …NOUVEAU MOT A TROUVER …masculiniste, euh, antimachiniste…ou sentihomme…cherchons.

    Pour une nouvelle féministe, un superman ou un James Bond s’est s’émancipé du stéréotype masculin qui ne fait rien sauf travailler, sauver la famille et attendre à bouffer. Cela signifie qu’être papa, ce n’est pas jouer au foot 2 fois par mois. Les hommes doivent faire leur révolution, Repasser, peler les carottes, les oignons, faire calin et bisou etc etc. Ils ont le droit et ils sont sexy. Une fois ce droit établi, les femmes et les hommes ne seront plus tant polarisés et le partage travail-maison-famille équilibré.

      • Mais je le fais à tours de bras quotidiennement! pas vous?
        Allez, je vous avoue que mon dernier compagnon a d’abord beaucoup apprécié de pouvoir pleurer en toute liberté… avant de prendre peur de ses larmes et du regard des autres… Il ne supportais pas non plus que je puisse le rassurer quand il en avais besoin, alors qu’il en avais diablement besoin, justement… bref, la fin a été plutôt douloureuse, mais heureusement, mon nouveau compagnon est beaucoup plus ouvert! (et révolutionnaire, tiens, je vais le faire rire avec ça!

  3. Bon, comme chez Hélène, j’arrive après la bataille! La fin de semaine dernière a été riche en articles interessants! (bien que je ne mette pas au même plan le shampooing et le feminisme^^)
    Bref, tout ça pour dire que je suis d’accord avec ton article, bien entendu! je me doutais que nos convictions étaient similaires!
    J’ajoute tout de même que je n’ai jamais vu le féminisme comme une lutte pour annihiler les différences hommes femmes, peut être parce que je m’en suis toujours tenu à la définition du dictionnaire (qui parle de l’égalité des droits), et surtout, parce que je n’ai jamais entendu le féminisme comme un gros mot. Je trouve qu’on peut faire le parallèle avec la manière dont les omnis voient LES végéta*iens (des extremistes qui ne respectent pas les choix des autres, etc …) comme s’ils s’agissait d’un groupe homogène, n’ayant qu’un seul mode de pensée…
    Et j’ajoute aussi une nuance par rapport à la notion de choix dont tu parles. Bien evidemment, je suis d’accord avec ce que tu défends, mais j’ai parfois l’impression qu’il est facile de se retrouver tellement baigné d’injonctions sociales, qu’on pense faire des choix alors qu’on ne fait qu’obéir à une pression sociale plus ou moins inconsciente. je pense au fait d’avoir des enfants notamment. Je ne dis pas qu’il faille obligatoirement faire une thèse avant de faire un enfant, mais j’ai l’impression pour être dans l’âge fatidique que beaucoup font des enfants parce que c’est le moment, parce qu’il faut, parce qu’après ça sera trop tard…
    Enfin, voilà, bon courage avec tous tes commentaires 🙂
    (j’essaye depuis un moment de poster le mien, mais j’ai des messages d’erreur, j’espère que tu ne l’auras pas en 10 exemplaires…)

    • Oh, mais ce n’est pas grave du tout, Rose, ne te mets aucune pression (‘tu as le choix !’ 😉 )
      Bon point la définition du dictionnaire, et c’est d’ailleurs pourquoi cet article n’est en aucun cas une critique du féminisme en tant que tel, mais d’un certain héritage du féminisme radical des années 60 sur la société française actuel.
      Tout à fait pour l’hétérogénéité du mouvement : je viens justement de répondre à une autre lectrice dans ce sens.
      Tu as également raison pour le choix : qu’est-ce qu’un véritable choix libre ? Ce choix est-il possible ? (je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait penser à Sartre et à l’acte gratuit chez Gide… je sors un peu du sujet, là 😉 )
      Merci encore ! Bizarre pour les messages d’erreurs… Normalement, ça devrait marcher sans souci… J’espère que le problème ne se posera plus !

  4. Je te rejoins complètement sur cette theorie très francaise que le bebe vole de l’attention au père comme si ces derniers etaient de gros bebes. Dans mon monde les deux parents se chamaillent pour s’occuper de leurs bebes et non pas pour ne pas s’en occuper.
    Par contre sur ta critique du feminisme – excepte badinter- la majorite defendent le choix.
    Mais est-ce economiquement viable? Dans aucune societe traditionnelle les femmes peuvent se permettre de ne s’occuper que des enfants. Tous les adultes doivent travailler pour se nourrir au champ au moins. Dans une societe moderne, comment le financer? Comment ne pas rendre les femmes dependantes, impossible de quitter de ne pas tomber amoureuse d’un autre, en cas de veuvage, de chomage, de maladie, d’etre quittee? Actuellement c’est parce que des femmes travaillent que certaines peuvent rester chez elles, que le poids des actifs permet encore de degager assez pour l’assurance-chomage, les allocations familiales, l’assurance-maladie pour tous les inactifs (et encore avec les deficits que l’on connait). Donc on y va franco et les cotisations des peres ne comptent que pour la moitie pour leurs droits et l’autre moitie pour les meres, ces dernieres cotiseraient donc reellement pour leur retraite au lieu d’avoir une pension de reversion a condition sur un nombre d’annes de mariage par exemple. La maternite c’est beau mais il faut se nourrir et on ne peut pas eluder les contingences economiques. Si trop de parents s’arretaient de travailer pendant une longue periode le systeme des allocs et de l’assurance-maladie s’effondrerait. Et n’est ce pas completement utopique une societe où un nombre d’actifs consequent ne produirait rien en surplus pour au moins les inactifs ne serait ce qu’en nourriture? Encore une fois si un nombre consequent de femmes n’etaient pas actives et ne cotisaient pas, les autres ne pourraient avoir une maternite epanouie en etant chez elles.
    Dans mon quatuor de deux couples entre le mien et celui de ma nounou, je vois deux femmes qui cotisent, qui sont independantes, deux hommes qui ont le droit d’etre malades, d’etre au chomage.

    • Bonjour Lyly et merci de ton commentaire.
      Attention, je ne critique absolument pas le féminisme, relis mon texte et relis mes réponses à certains commentaires : ce que je critiques, c’est les retombées de certains pans du féminisme radical des années 60 sur la société française actuelle, c’est très différent. J’ai beaucoup de respect pour le féminisme actuel (enfin, comme pour tout mouvement, il ne s’agit pas d’un groupe homogène, nuance une fois de plus).
      D’autre part, l’aspect financier a déjà été abordé dans d’autres commentaires. Je cite à nouveau les réflexions portées par l’écoféminisme sur la valorisation financière du travail au foyer, par exemple.
      Finalement, je le répète : je ne fais aucunement l’apologie de la femme au foyer, je suis juste en faveur du choix.

      • Avant de faire des prédictions catastrophiques ou de supposer qu’Antigone prône le fait de rester des années à la maison – et ce pour les femmes uniquement-, il serait bon de (re)lire mon article qui constitue le point de départ de la réflexion d’Antigone. En Allemagne, les parents, à l’issue des 12 ou 14 mois de congé parental qu’ils prennent presque tous, réintègrent le poste de travail qu’ils occupaient avant, sans que la famille tombe dans la pauvreté ou que la société ne s’écroule. L’assurance maladie et les allocs existent comme en France. Certes les Allemands ont moins d’enfants mais comme le dit plus haut Antigone, est-ce vraiment un mal vu la surpopulation? En tout cas le fait de rester la ou les premières années à la maison s’occuper du bébé est juste habituel et normal, et ça fonctionne. Donc 100% d’accord pour défendre largement le choix de pouvoir prendre un long congé parental rémunéré.

        • Mon commentaire n’etait pas une critique mais une reflexion… Reflexion pour que justement des personnes restent à leur foyer tout le temps qu’elles veulent sans qu’elles se mettent en danger financierement et qu’en plus elles soient ensuite traitees de parasites par cette meme societe qui les a piege dans ce systeme. Sans etre catastrophique, on peut s’interroger sur les equilibres macrofinanciers pour meme trouver des solutions originales. (Par exemple un revenu universel pour tout le monde qui remplacerait toutes les prestations, le debat commence a sortir du milieu grace au referundum suisse. Les anglais ont cree une allocation unique qui a le merite d’etre tres simplifie)
          Pour l’allemagne ma perception est plutot qu’une mere qui travaille est extrêmement critique notamment via l’expression pejorative « enfants porteurs de cles »

  5. Je ne suis pas d’accord sur tout. J’ai horreur de l’argument du travail de la femme comme soutien de la société de consommation, parce que c’est souvent celui utilisé par les anti-féministes anti-capitalistes. C’est également un argument culpabilisant que je ne trouve pas tout à fait valable : tu es tout à fait libre de gagner de l’argent dans le but d’être autonome, tu n’es pas plus victime de la consommation qu’en dépensant l’argent de ton homme comme ça se faisait avant.
    Je connais des mères qui se sont mises à mi-temps pendant les premières années de leur maternité (ma mère par exemple), et je trouve que c’est un bon compromis – j’aime mon travail et je ne me vois pas rester m’occuper des enfants à la maison à plein temps. Malheureusement ce n’est pas possible avec tous les corps de métiers. Et je n’ai pas non plus observé de pressions quant à l’allaitement ou au fait de porter l’enfant chez mes amies ayant eu des enfants. Mais le milieu dans lequel je suis est peut-être particulier..
    Il y a cependant un combat dans ce domaine qui me touche particulièrement : c’est celui des intermittentes. Pour garder leur statut d’intermittente elles se retrouvent dans l’impossibilité de prendre un vrai congé maternité et de s’occuper de leurs enfants : http://www.matermittentes.com/.

    De mon point de vue il s’agit en effet plus d’une redéfinition de la place de l’homme. Mon copain m’a demandé s’il pourrait être père au foyer quand on aurait des enfants, et je trouve qu’en posant cette question il touche à quelque chose : pourquoi il ne pourrait pas ? Pourquoi il n’aurait droit qu’à 11 malheureux pauvres jours ?

  6. Et ben voilà. C’est exactement ce que je pensais, mais en bien mieux exprimé. J’ai l’intuition que c’est aussi la vision de pas mal de gens de notre âge (j’ai 30 ans), qui sont pour l’épanouissement des deux sexes en général, donc féministe entre autre, mais qui sont un peu mal à l’aise avec certains points des discours des féministes plus âgées, notamment sur le temps passé avec les enfants ou l’allaitement. Merci merci et parlons-en le plus possible pour faire évoluer la pensée.

  7. Excellent article ! Je l’ai découvert hier suite, au déo naturel vu sur pinterest.
    C’est la première fois que je n’ai « pas honte » d’avoir été mère au foyer. Ces fainéantes qui préfèrent rester chez elles à s’occuper de leur/s enfant/s ! J’ai élevé les miens par choix, avec mon mari à mes côtés puisque invalide à 80 %, heureusement qu’il touche une rente car je n’aurais peut-être pas eu 3 enfants et dû travailler, parce que ce n’est pas avec ce que l’on perçoit de la sécu que nous aurions pu faire vivre décemment une famille de 5 personnes. Il faut dire, que l’on ne boit pas et ne fume pas, c’est un sacré budget… Je suis championne toutes catégories pour les soldes, (les vide-greniers sont assez récents) entre autres… Mes enfants ont 26, 23 et 19 ans, je pense être la lectrice la plus âgée avec mes 48 automnes ! J’ai lu tous les commentaires et la plupart sont soit jeunes par leur âge, soit de jeunes mamans, mais ayant plus de la vingtaine comme moi quand  » je suis entrée dans ce monde de maman », auquel nulle n’est vraiment préparée. Etant l’aînée de 4 enfants, je n’étais pas prise au dépourvu. Puis les visites mensuelles chez la pédiatre, le livre « j’élève mon enfant » et le magazine « Parents », m’ont bien aidée… Dernièrement, j’ai encore eu droit à « elle travaille elle », tellement lamentable vu d’où cela venait, j’ai laisser dire, cette même personne qui disait de moi que j’étais une « maîtresse ringarde », au moins tous mes enfants ont eu tous leurs diplômes, eux… Mon 2ème fils a dû se contenter d’un bac pro, (je le voyais en bac S).
    Son prof de philo m’a conseillée de l’orienter vers un D.U.T. il a rajouté que nous avions « subi
    les préjugés ». Seul mon fils a fait un D.U.T. dans sa classe, qu’il a eu, pas comme certains avec leur bac S…
    Je m’arrête là, sinon moi aussi je vais faire un roman ! 😉
    @ Lyly, mais c’est vrai ça, dans notre beau pays de Bisounours où il n’y a pas un seul chômeur mettons toutes ces mamans au boulot !! Au lieu de nous occuper des parasites en tous genres !!!

    • Merci Bamboo pour ce témoignage très fort.
      ‘A dû se contenter d’un bac pro’… mais comment ça ? il n’y a pas de voie ‘meilleure’ qu’une autre ! A chacun son chemin… 😉

      • Pas de quoi, et je n’ai pas raconté mes « malheurs » depuis le printemps 2012… Et je n’ai pas envie de tout « déballer »…
        Il a dû passer un bac pro car dans son lycée on n’a pas voulu de lui en Bac S… Il aurait moins galéré dans sa classe ou il n’apprenait rien. Et a dû se mettre à niveau pour les maths lorsqu’il était à l’I.U.T. Ce qu’il a fait seul grâce à internet… Il a ensuite intégré la 3ème année de licence, mais là, il n’a pas pu rattraper tout seul son retard, un D.U.T et 2 premières années de licence ne sont pas comparables… D’ailleurs, il voulait la licence professionnelle, mais là encore on n’a pas voulu de lui. Il s’est donc retrouvé en licence « générale ». Qu’il n’a pas obtenue, il a donc redoublé (c’était la première fois), malheureusement, avec son retard et sans soutien il ne l’a pas eu non plus…
        A ce niveau-là, ce n’est plus un chemin, c’est soit la traversée du désert ou le parcours du combattant et 2 ans de perdus… Lorsqu’il est allé se présenter pour un stage, dans la seule boîte où il aurait pu travailler dans notre « bled », c’est limite, si on lui a dit que ce qu’il avait appris était nul pour ne pas dire de la m… Et chez « Pas d’emploi », rien pour lui dans sa branche…
        Comme j’ai pris du retard avec mes mails, je ne lisais que ceux de la colonne « principale »
        Or, vos mails sont arrivés dans la colonne « réseaux sociaux », et je n’ai pas pensé à regarder ici…
        Je vais maintenant lire l’article sur le no-poo.

    • L’emploi n’est pas un gateau à taille unique qu’on devrait se partager. Plus de gens travaillent et plus l’emploi se developpe. Il y a une nette correlation entre le taux d’actit travaillant et la croissance observe dans la majorite des pays notamment en europe. Quand deux personnes dans un foyer travaillent deux revenus permettent de consommer au dela de la consommation primaire (logement et alimentation) et donc de developper et donc l’emploi dans les autres secteurs. On peut s’interroger sur la societe de consommation (et est ce su recent que ca de tout temps les gens ont voulu plus…)mais actuellement la majorite des personnes veulent consommer au-dela de la consommation primaire.

      • Je n’avais pas vu votre réponse !
        C’est facile à dire, quand on voit toutes les entreprises qui ferment, ou qui licencient. Ça coûte moins cher de faire produire à l’étranger. Mon fils de 23 ans aimerait un boulot dans sa branche, il n’y a rien ! La seule chose qu’on lui ait proposé c’est le Mc Do ! A quoi ça sert de poursuivre ses études ? Mon fils aîné a trouvé un boulot dans une usine d’électronique, mais lui ce qu’il voulait faire c’est de la maintenance de pc, pas travailler avec le plomb…
        Et quand une mère veut élever son enfant, comme moi, comme beaucoup, on se moque un peu du reste, je n’aurais jamais pu « laisser » mes bébés pour aller travailler. C’est mon choix. Je pense que cela arrange le gouvernement que l’on soit nombreuses à vouloir élever nos enfants, sinon, combien y aurait-il de chômeurs/ses en France, le taux n’arrête pas de progresser !

        • Bonjour Bamboo

          Je pense que certaines de vos réflexions sont problématiques. Votre expérience de mère est très intéressante et pas plus moi qu’un autre n’a le droit de vous juger les choix que vous avez faits. Je souhaiterais réellement qu’une femme comme vous puisse faire ses choix sans avoir à subir l’opprobre générale…

          En revanche dans vos commentaires je vois de nombreuse prises de positions qui me paraissent discutables. Le « elle travaille elle » que vous citez est sans aucun doute un jugement honteux et une incapacité à accepter les choix d’autrui lorsqu’ils sont différents des nôtres ainsi qu’à admettre qu’on ne connait pas les raisons qui poussent chacun à agir comme il/elle l’entend. Mais le « […] mettons toutes ces mamans au boulot !! Au lieu de nous occuper des parasites en tous genres !!! » relève de la même rhétorique : trouver un bouc émissaire (faible de préférence), dire que les problèmes de la société viennent de personnes dont on ignore tout mais que l’on se permet de juger. Cela m’a vraiment donné l’impression de vous voir faire exactement ce que vous étiez en train de décrier.

          Évidemment je dis ça car je fais la supposition que vous vous attaquiez à ces fameux « assistés » que sont les gens (pauvres et/ou immigrés) censés vivre notamment grâce aux prestations sociales. Supposition hasardeuse mais pas tant que ça tant ces idées sont répandues. Or il faut savoir que la fraude des pauvres n’existe presque pas (240 millions d’euros par an contre 3 milliards de fraude fiscale par exemple), qu’elle est nettement inférieure aux sommes économisées par le fait que des personnes ayant droit à des prestations sociales n’y ont pas recours (environ 5,7 milliard d’euros) et qu’il est pour le moins difficile de frauder lorsque l’on est immigré-e.
          Source : http://www.democratie-socialisme.fr/spip.php?article3007
          http://www.bastamag.net/article3442.html
          J’espère n’avoir pas interprété complètement à tord votre commentaire (et en même j’espère que si :))

          De même quand vous dites « au moins tous mes enfants ont eu tous leurs diplômes, eux… », il me semble que vous vous attaquez au choix de vie d’une autre personne. Je crois comprendre que c’est de la même façon que cette personne s’est attaquée aux vôtres et j’imagine que c’est dans l’intention de vous défendre. Mais alors vous semblez reproduire ce que vous combattez. D’ailleurs si vos enfants n’avaient pas été diplômés et les siens, si, cela vous aurait-il enlevé votre légitimité à vous défendre et à refuser que quelqu’un vous juge ? Je ne crois pas. Je pense que vous avez le droit de vous défendre car personne n’a le droit de juger vos choix ou de les critiquer, de la même façon que personne n’a le droit de juger ou de critiquer les choix de cette personne, que ses enfants aient été diplômés ou non.

          Et je rejoins Antigone sur « A dû se contenter d’un bac pro » : là encore si c’était un choix et que cela l’a rendu heureux-se, ou au moins plus heureux-se qu’une filière généraliste, alors ça me parait être l’important. Et je pense que personne n’a le droit de juger son parcours, même pas sa mère, son père, ses profs, ses amis, Antigone ou un inconnu sur le net.

          Pour finir, concernant l’emploi : le commentaire de lyly est déjà très parlant. J’aimerais quand même rajouter plusieurs choses:
          – si tout le monde ne travaille pas, cela pourrait effectivement faire diminuer le chômage. Mais dans ce cas il n’y a pas de raison que ce soit un privilège masculin : si le féminisme se bat pour que les femmes puissent travailler, il se bat aussi pour que les hommes puissent être pères au foyer, à temps partiel, etc.
          – si les entreprises ferment, ce n’est la plupart du temps pas qu’il n’y a pas de travail, c’est avant tout parce que cela permet aux entreprises de générer plus de profit. L’accord national interprofessionnel (ANI) de 2013 a assoupli les conditions de travail, charges et autres licenciements afin de permettre aux entreprises de « pouvoir embaucher plus sereinement ». Résultats des courses : d’immenses plans sociaux, une précarisation des salariés, une explosion du nombre de CDD courts. Le problème est que la plupart des grandes entreprises sont là pour faire du profit (les dividendes distribuées aux actionnaires ont été multipliées par 40 entre les années 80 et aujourd’hui), que produire moins leur permet de générer plus de profit (aujourd’hui seules 70% des capacités productives de la France sont utilisées) et qu’il faut donc que l’Etat les encadre ce qui se fait encore moins aujourd’hui avec les gouvernement socialiste que sous le gouvernement Sarkozy (30 milliards de crédit accordés aux entreprises et le MEDEF réclame 100 milliards, le « pacte de responsabilité » qui ne va encore être qu’un assouplissement de la législation SANS AUCUNE CONTREPARTIE GARANTIE EN RETOUR). On estime la fraude fiscale des entreprise, notamment grâce aux paradis fiscaux, à plusieurs milliers de milliards d’euros (malheureusement je n’ai plus les liens de mes sources).
          – enfin comme effectivement on produit de plus en plus en travaillant de moins en moins et pour éviter de tomber dans le tout-consumériste que questionnait Lyly, il y a aujourd’hui la possibilité de mettre en place le revenu de base (ou sa variante, le salaire universel) qui aurait pour intérêt de faire disparaitre la pauvreté, de mettre fin au « problème » du chômage et de permettre à chacun d’être beaucoup plus libre de ses choix. En effet, comme vous le disiez, on est parfois forcé de travailler pour des raisons financières même quand ce n’est pas notre choix.
          Revenu de base http://www.basicincome.org/bien/
          http://www.monde-diplomatique.fr/2013/05/CHOLLET/49054
          Salaire universel http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-lenjeu-des-retraites-avec-bernard-friot (l’émission est passionnante)
          http://www.bastamag.net/Bernard-Friot-Le-management

          • Bonjour Clem
            Non mes réponses ne sont pas problématiques, juste réalistes…
            « Mettons toutes les mamans au boulot » était je pense vous l’avez compris, une réponse à Lyly, car ce n’est pas ce que je pense.
            Pour moi les parasites, sont au-dessus de nous, ceux qui font la pluie et le beau temps, les politiques français et européens, les lobbies et Cie… http://www.francetvinfo.fr/economie/transports/la-cour-des-comptes-epingle-la-sncf-pour-ses-billets-gratuits-offerts-aux-proches-des-cheminots_527013.html?xtatc=INT-1=obinsource
            La cour des comptes met à jour, tout ce qui va de travers chez nous, les commentaires, en rajoutent une couche…
            Eh oui, vous supposiez bien mal ! et bien plus que de façon hasardeuse ! Ai-je parlé d’assistés, non ! Les parasites sont partout, il y en a même qui ont des parachutes dorés, il y a aussi les artistes et sportifs qui préfèrent « vivre » à l’étranger, mais je suis sûre qu’ils rappliquent illico-presto dès qu’ils ont un gros soucis de santé, la sécu est là pour ça non ?
            Quand aux « pauvres », je n’ai rien à leur envier, pour mon foyer nous percevons, la rente de mon mari ainsi que sa pension d’invalidité « version minima » puisqu’il touche une rente et cela pour 3, mon fils de 23 ans est à notre charge, il ne perçoit rien…
            Comme vous le constatez vous avez complètement interprété à tort !
            Lorsque je dis que mes 3 enfants ont eu leurs diplômes, certes je n’ai pas travaillé à l’extérieur mais chez moi, ça n’a pas été de tout repos, ne serait-ce qu’avec ma fille qui avait des difficultés, et que j’ai aidé depuis le début de l’apprentissage de la lecture ! (l’aîné aussi mais moins). Ce n’était pas un jugement juste une constatation. Mais je peux être critique, car je sais de quoi je parle ! Car je sais que leur dernière a fréquenté une école privée et en est sortie sans son brevet ! Quand aux 2 aînées, elles n’ont pas eu cette « chance », l’une n’a aucun diplôme, je la plains cette pauvre gamine, qui a l’âge de ma fille et a beaucoup pleuré, lors d’un été où, elle a passé les vacances avec nous et a fait des devoirs de vacances avec ma fille, c’était la première fois qu’elle en faisait, et n’avait pas du tout le niveau ! Et l’aînée qui n’a eu aucun soutien non plus, a réussi à décrocher un C.A.P. de vente. Quand à cette personne comme vous dîtes, elle ne s’est pas « attaquée » à mes enfants mais à moi…
            Quand au Bac de mon fils, je me suis trompée, c’est un Bac techno qu’il a passé, pas par choix, juste qu’on n’a pas voulu de lui en Bac S ! Il n’aurait pas galéré dans sa classe où il n’apprenait pas grand-chose. En anglais, il s’était mis au fond de la classe et ne suivait pas les cours ou juste d’une oreille, cela ne l’empêchait pas d’avoir d’excellente notes, c’est pour cette raison que son prof, le laissait faire, lui comme le prof de philo avait bien vu qu’il avait subi un préjudice, c’est eux qui l’ont dit, c’est pour cela que lors de la réunion parents-profs, (j’ai assisté à toutes de mes 3 enfants). Le prof a conseillé un D.U.T. non pas parce qu’il s’appelait l’Oréal, mais juste parce qu’il le valait bien !! Il a été le seul de sa classe a l’avoir fait. Et cerise sur le gâteau, une fois à l’I.U.T., il a encore subi les préjugés avec son « petit Bac techno », il s’est mis à niveau en maths TOUT SEUL avec internet ! Et il a décroché son D.U.T contrairement à d’autres qui avaient un Bac S… Mais il n’est pas le seul, son frère aîné qui n’avait peut-être pas ses facilités, mais est tout de même intelligent ! On l’a dirigé, en B.E.P., par la suite il a passé un Bac pro. d’où mon erreur… Il aurait pu passer le bac techno… Et ma fille, même chose : B.E.P ! Malheureusement, le bac pro se terminait juste l’année où elle aurait pu y accéder ! Elle a malgré tout été acceptée en Bac techno, mais n’ayant pas le niveau en maths, et la mentalité des gamines n’avait rien à voir avec la sienne qui avait 3 ans de moins, (elle a redoublé sa 5ème justement à cause des maths), elle a abandonné ! Alors qui sont les boucs émissaires ??
            Je ne suis pas contre que les pères soient au foyer, il faut vivre avec son temps, je préférerais savoir mon/es petit/s enfant/s, quand il y en aura, avec leur père que chez une nounou. Mais comme il a le crédit de sa maison à payer, ni lui ni sa compagne ne pourront mettre leur travail entre parenthèses pour élever leur/s enfant/s…
            Je suis d’accord avec vous à partir de « si les entreprises ferment »…
            Je ne peux m’attarder, ma fille vient d’appeler, et si je vous racontais ce qu’elle dit vous verriez que tout est fait pour décourager les jeunes lorsqu’ils veulent travailler et pourquoi ils ne touchent pas un centime, lorsqu’ils n’ont plus/pas de boulot. Pendant de temps-là d’autre continuent à se gaver sur les dos des pauvres, des jeunes…
            Pauvre France !

            • Effectivement j’avais interprété à tord, je vous prie de m’excuser. J’entends ce discours tellement souvent chez des personnes de toutes les classes sociales que c’est un réflexe. Il y a effectivement des personnes qui ont intérêt à conserver les privilèges de leur classe sociale (quoique je ne pense pas que les cheminots et leurs familles en fasse partie), tous comme il y en a qui ont intérêt a conserver leurs privilèges de genre… Je vous souhaite bon courage.

  8. je n’ai pas le temps de lire tous les commentaires, une chose à dire (j’espère que je ne redis pas ce qui a déjà été dit?)
    OUI pour avoir le choix, encore faut-il que ce soit un choix éclairé.
    deux exemples (que je maitrise) : l’allaitement : j’en suis à presque 7 ans d’allaitement cumulés, pour mes 3 enfants (dernier en cours à 21 mois, pourvu que ça dure !); je vous rassure, mes seins vont bien.. je dis souvent oui on a le choix d’allaiter ou non, mais quand on connait les tenants et les aboutissants, en vrai, on ne se pose même plus la question, cela devient évident…
    la scolarité : presque tous les enfants sont scolarisés dès 3 ans, mais c’est obligatoire ma chère dame… mais si vous saviez que vous avez le choix, que vous pouvez vous permettre de garder vos enfants et qu’ils sont mieux avec vous, vous faites quoi ?
    bref il y a d’autres exemples, mais juste, au non de la sacro-sainte liberté, on se fait manipuler… et ça me révolte !

    • Merci de ton commentaire Marie.
      Je pense que ce que tu veux dire est clair mais je reprécise au cas où : ce n’est pas la scolarisation qui est obligatoire en France, mais l’instruction. Ce qui veut dire que l’école à la maison est légale…

  9. Juste encore un lien vers une vidéo qu’une amie m’a fait passer il y a peu:
    http://www.lidd.fr/lidd/9252-majorite-opprimee-quand-roles-masculins-et-feminins-sont-inverses
    Je la trouve juste géniale, tous les trucs considérés par la plupart des gens comme « normaux » mais me faisant toujours sauter au plafond y sont… bon, d’accord, il manque le droit à l’avortement, mais malgré les manifestations ressentes en France, c’est moins un problème qu’en Espagne par exemple… et puis il faut bien reconnaître que justement, comme nous ne sommes pas interchangeables, il y aurait des problèmes techniques 😀 Plus sérieusement, je trouve qu’il manque la question d’embauche « Vous planifiez d’avoir des enfants?… non, vu votre âge… », mais à part ca, je n’ai pas remarqué de manques sérieux.

  10. Bonjour, je n’ai pas lu les commentaires précédents, mais je voulais te remercier pour ton article car je m’y reconnais vraiment ! je me considère comme féministe et militante, mais des fois les propos des féministes me heurtent et je me sens vraiment visée car je ne « travaille » pas, je mets des guillemets car j’ai 3 enfants, je fais beaucoup de bénévolat et j’aide à l’école donc disons que je n’ai pas d’activité rémunérée … et je ne suis donc pas indépendante financièrement, mais c’est un choix ! et je le revendique, j’ai pu m’occuper et profiter de mes enfants lorsqu’ils étaient petits, j’ai cododoté, allaité longtemps (et non ça n’a jamais affecté ma libido contrairement à ce qu’on peut lire souvent) sans pour autant m’oublier et avoir des enfants rois !

  11. bonjour,

    J’aime beaucoup votre article et votre blog en général. Dans cette réflexion, un livre intéressant à lire: christine delphy, l’ennemi principal. tomes I et II. Une autre vision féministe qui date un peu mais qui est toujours d’actualité, je trouve…
    Merci!

  12. Ouf ! J’ai cru que je ne parviendrai jamais à la fin des commentaires pour poster le mien. Tu déchaînes les foules et les passions avec tes articles, Ophélie 😉
    Celui-ci me touche beaucoup, il résume si bien ma pensée. Ça fait vraiment du bien de le lire. (Et celui de la Jeune Idiote aussi.) Merci.

  13. Juste merci pour cet article, c’est ce que je voudrais crier à tous ceux (mais surtout toutes celles) qui m’envoient les offres d’emploi qui « pourraient m’intéresser », qui font les gros yeux quand je donne à téter à mon « grand garçon » de 17 mois, qui me proposent une soirée baby-sitting pour se retrouver en amoureux, ou juste une heure pour aller chez l’esthéticienne…

  14. « Le » féminisme moderne ? C’est ridicule. Ouvre un ouvrage de gender studies et tu verras à quel point c’est un domaine ouvert aux débats et désaccords internes.

    Pour moi être féministe c’est être libre ; avoir le choix (sur tous les plans). Et je me considère comme une « féministe moderne » que tu caricatures et critiques. Mais je me définis comme queer (« le genre précède le sexe »), ce qui est UN courant parmi des centaines d’autres.

    Accessoirement, je ne veux pas de progéniture, et je trouve que c’est sexiste d’essayer de théoriser le féminisme uniquement à partir de la maternité.

    Je conseille l’excellent manuel (sympa et facile à lire) « Introduction aux études sur le genre » sous la direction de Bereni et allii, pour y voir clair dans «  » »le » » » féminisme.

    • Sorry, relis mon article, Maria, et tu verras que : 1. je n’ai jamais fait mention du ‘féminisme moderne’ ; 2. que je ne critique pas le féminisme ; 3. que je prône la liberté de choix ; 4. que je ne théorise pas uniquement le féminisme à partir de la maternité et que je comprends tout à fait les femmes qui ne veulent pas d’enfants (et tant mieux, on est bientôt dans une situation de surpopulation à laquelle on n’a pas vraiment de réponse pour le moment) ; 5. merci pour cette lecture, je crois l’avoir déjà lu plus tôt dans mes études, ce sera l’occasion de le feuilleter à nouveau.

  15. Un grand bravo pour cet article qui me parle énormément, je n’ai pas encore d’enfants, mais étant enseignante, je me rends compte de toutes les questions que tu soulèves. La question de la consommation est très intéressante.

  16. J’arrive 20 ans après la bataille (oui, on fait ce qu’on peut), mais toutes les féministes que je connais pensent la place des hommes, pour la bonne raison que ce que le féminisme combat, à savoir un système patriarcal, pénialise hommes et femmes. Et toutes les féministes ont conscience de ça. On (souvent les hommes, d’ailleurs) accuse souvent le féminisme de ne penser que la place des femmes, à tort. (Je sais que tu n’as pas dit ça, simplement, ça me tient à coeur de bien le préciser, on pense trop souvent que le féminisme est fémino-centré-avec-des-oeillères, mais non).
    Le patriarcat pénalise les hommes, car s’ils n’entrent pas dans le moule du mâle alpha (celui qui laisse sa femme élever les gosses et se concentre sur sa carrière), ils sont perdants (car pas assez virils, fiottes, tapettes, soumis à leur femme qui porte la culotte, que sais-je encore). Il pénalise encore davantage les femmes, car, que nous nous conformions ou pas aux injonctions du patriarcart, nous sommes perdantes dans les deux cas. Cas 1 : j’essaie d’être une épouse parfaite barbie + une mère modèle + une wonderwoman du travail comme me le dicte la société, évidemment je n’y arrive pas (car c’est impossible), donc je culpabilise et je me trouve nulle. Cas 2 : je refuse de me conformer à ces injonctions débiles, je lâche du terrain sur un des aspects sucités, et on me regarde forcément de travers (soit je suis une mère indigne qui fait des gosses pour retourner au boulot deux mois après, soit je suis une femme soumise qui rentre dans ses foyers pour d’en occuper comme uen poule pondeuse). Les femmes perdent TOUJOURS. C’est pour cela que je suis résolument contre le fait de changer de label s’agissant du féminisme : c’est la place des femmes qui est le plus problématique dans nos sociétés. Les hommes, s’ils acceptent de répondre aux injonctions partiarcales, se retrouvent dans un rôle de dominant dont ils tirent avantage sans souffrir d’inconvénients notoires (faire carrière en déléguant les affaires familiales à madame, mettre les pieds sous la table en rentrant et jouer le dimanche au foot avec les enfants, c’est peinard). Nous, on perd, et ce, quoi qu’on fasse – et c’est ça que l’on dénonce. C’est pour cela qu’il ne faut surtout pas dilluer le féminisme dans un humanisme ou une parité de bon ton, comme certains veulent le faire.
    Voilà, c’est tout. 🙂 Comme tu le dis, la liberté de choix, c’est nécessaire. Tellement nécessaire.

    • Alors je dois dire que je ne suis pas du tout d’accord! J’ai l’impression que tu ne définis la réussite que par le regard des autres…Hors, pour moi, réussir, cela signifie avant tout être heureux…
      Au final, je ne sais pas si j’aurais des enfants un jour, cela dépends de nombreux facteurs (surtout s’ils peuvent être heureux dans le mode de vie que j’aurais à leur proposer…). Mais je ne me vois ni renoncer à voir grandir mes enfants, ni rester à la maison, car j’ai choisit un métier-passion. Et il en a de même pour mon compagnon.
      Et puis si nous ne redéfinissons pas la place de l’homme, comment voulons-nous que les employeurs cessent de demander au jeunes femmes si elles prévoient d’avoir un enfant (ou du moins que ce soit discriminatoire, je ne dis pas que ‘est bien si on le demande à tout le monde, mais au moins, e serais moins discriminatoire!)
      Bref, je pense que pour le bien de tous (femmes, hommes, parents ou non ainsi qu’enfants), il est urgent de redéfinir la place de l’homme de notre société pour que les femmes en aient une plus juste et les enfants puissent voir leur 2 parents… et que les 2 parents puissent les voir, travailler, et selon le schéma particulier qui conviendra le mieux dans chaque situation particulière prise pour elle seule dans son unicité et sous la responsabilité conjointe du couple (ou autre pour inclure toutes les variantes de familles recomposées, de parents élevant seul leurs enfants pour quelque raison que ce soit etc…)
      Après, bien sûr, ça reste mon avis!

      • Euh… Je viens de dire que le féminisme pensait la place des hommes, et tu me réponds qu’il est important de penser la place des hommes. J’ai du mal à comprendre pourquoi tu n’es pas d’accord, du coup. Tout ce que tu dis, c’est ce que défénd le féminisme, et ce n’est pas du tout contradictoire avec ce que j’ai écrit, au contraire, ça va dans le même sens.

        • Désolée, j’ai mal interprété quelques passages… Mais on ne dois pas avoir la même définition de l’humanisme et de la parité… Pour moi, cela signifie justement que tout le monde à le choi… Alors que je connais beaucoup de (soit-disant?) féministes qui refusent le droit au hommes de pleurer, refusent de hacher le bois et ne veulent pas admettre que les femmes peuvent (malheureusement) aussi être pédophiles… pour ne citer que quelques exemples. Hors, la parité et l’égalité ne peuvent être obtenues qu’ensemble, du coup, j’ai parfois tendance à réagir un peut trop fort…

  17. Bonjour,
    Ce qui me gène aussi, outre qu’on a pas vraiment le choix de choisir aujourd’hui en France, c’est justement de présenter la situation sous forme de choix : choisir entre s’occuper de ses enfants et le travail salarié, et par conséquent choisir entre avoir de l’argent à soi et dépendre de son conjoint ou des aides sociales, pour lesquelles il faudra se justifier (RSA…).

    Deux choses à défendre à mon avis : la possibilité d’avoir son bébé sur le lieu de travail (qu’on soit père ou mère), pour la grande majorité des métiers où cela ne poserait pas de problème de sécurité. Ça veut notamment dire transiter vers une société qui n’enferme plus ses enfants (crèche, école…).

    Et surtout, surtout : le salaire à vie. Si on rémunérait les personnes au lieu de rémunérer les postes de travail, il serait beaucoup plus facile de concilier vie familiale et vie professionnelle (aussi bien pour les hommes que pour les femmes), du fait simplement que quitter momentanément ou non un poste de travail ne signifierait alors pas pour autant arrêter de travailler, avec toutes les conséquences que ça implique (voir aujourd’hui la double peine des femmes quand elles arrivent à la retraite).

  18. MERCI
    je suis en train de pleurer, pour de vrai.
    Tu as donné MA définition du féminisme.
    (je suis trop émue, je n’arrive pas à m’exprimer.) encore merci

  19. J’ai aimé cet article , oui je suis d’accord être féministe aujourd’hui , c’est pouvoir choisir ce qui est le mieux pour chacune , sans entraves , et sans culpabiliser , tout simplement parce que c’est normal et que c’est une évidence !

  20. C’est peut être parce que je vis à la montagne, dans un milieu assez écolo-naturaliste, mais moi j’ai ressenti la pression inverse à la naissance de mon premier enfant. Accoucher à la maison (quitte à y laisser ta peau, j’en connais qui ont failli y passer), allaiter coûte que coûte, car c’est ce qu’il y a de mieux pour ton enfant (même quand ton sang se mêle au lait à force de crevasses, miam !), prendre au minimum 6 mois de congé parental, lui consacrer tous tes jours et toutes tes nuits, les petits pots c’est le diable, la tétine c’est la porte ouverte à toutes les dépendances, etc …
    Franchement, quand j’ai repris le boulot progressivement, ça a été pour moi un soulagement de me retrouver « libre » quelques heures par jour – et pourtant, je faisais des ménages à cette époque.
    Certaines femmes s’épanouissent pleinement dans la maternité totale, mais la plupart de mes amies osent à peine avouer, à voix basse, que ce rôle de mère totalement dévouée à son enfant pendant 1, 2 voire 3 ans ne leur convient pas, et les étouffe. D’autant que pour le partage des tâches, quand Madame reste à la maison toute la journée avec bébé et Monsieur bosse (faut bien un revenu dans la famille), tu peux te brosser : vu que tu n’as « que » ça à faire, pourquoi le papa se taperait-il encore le linge ou la vaisselle en rentrant ? C’est logique. Et assassin, à la longue.
    Personnellement, et alors que je fantasmais sur ce type maternité avant de devenir mère, ce dévouement presque total auquel j’ai été incitée m’a coûté mon couple. Pas parce que je ne baisais plus et que je n’étais pas épilée. Mais parce que je me suis sentie dévorée, niée en tant qu’être humain entier. J’ai fait une dépression, connu l’anorexie.
    Aujourd’hui, je suis maman célibataire, je bosse à plein temps, j’ai une nounou, j’ai beaucoup moins de temps à consacrer à ma fille, mais quand je suis avec elle, j’en profite mieux, je n’essaie pas de tuer le temps comme je le faisais avant. Je suis débordée mais heureuse car je ne suis pas qu’une mère, je suis aussi un être humain avec un métier, des amis, un chéri. Et j’ai envie de dire aux futures mamans tentées par le maternage intensif : méfiez-vous. Ce n’est pas pour tout le monde, loin de là. N’écoutez que vous-mêmes, ne soyez pas dans le sacrifice (en dehors des petits sacrifices normaux quand on devient parents : sortir moins, voire pas du tout la première année, partir en vacances chez papi mami au lieu d’aller trekker en Malaisie, etc), car on ne peut pas être une bonne mère quand on s’oublie.
    Et je trouve qu’en France, justement, on continue à avoir le choix. Ce n’est pas parfait, ok, mais dès le premier enfant, on peut prendre 6 mois de congé parental, et j’ai des amies qui n’ont pas bossé pendant 5 ans en enchaînant les maternités. Mon amie qui vit en Suède, en revanche, frémit déjà à l’idée qu’il est très difficile et très mal vu de faire garder son enfant avant l’âge d’1 an. Et Elisabeth Badinter avance que si la natalité se porte mieux en France qu’en Europe du Nord, c’est justement parce qu’on n’exige pas des Françaises qu’elles mettent leur vie entre parenthèse pendant un an ou plus parce qu’elles deviennent mère : les femmes nord-européennes renonceraient pour beaucoup à la maternité en raison des sacrifices trop importants qu’elle représente. Et je pense que cette théorie est juste.
    Voilà, désolée, c’était très long, mais c’est quelque chose qui me tient à coeur, parce que j’aurais pu y laisser la peau, et que je voudrais qu’enfin on laisse les mères tranquilles. La pression a changé de camp, crois moi, mais dans quel camp qu’elle se trouve, elle est néfaste.

  21. Ah oui, et une dernière chose, pardon, c’est vraiment le commentaire infini 🙂 :
    je me suis bien évidemment retrouvée dans la dépendance financière vis à vis de mon conjoint, avec un petit boulot d’autoentrepreneur histoire de ramener quatre sous mais d’être le plus flexible et disponible possible pour ma fille. Résultat, quand je me suis séparée de son père, je n’avais droit ni au chômage, ni au RSA tant qu’il n’y avait pas de jugement concernant une éventuelle pension alimentaire. Je n’ai dû ma survie, en attendant de retrouver un boulot salarié, qu’à l’aide de mes parents.
    Je pense que j’aurais dû mieux écouter les leçons de nos féministes de mères, la vieille garde, les ringardes d’aujourd’hui 😉

    • je ne comprend pas pourquoi une femme se sent humilié si elle garde ses enfants en étant financiairment dépendente quelque temps,c’est le monde à l’envers.

  22. Ah! Cet article fait un bien, et perdue dans les vignes du muscadet, je me sens moins seule. Merci beaucoup pour cet article!

  23. Oh que c’est intéressant! Je suis désolée je n’ai pas eu le temps de lire tous les commentaires, peut-être que ce que je vais dire a déjà été écrit. Je suis française et je vis en Allemagne, où j’ai eu deux enfants. Au début, pour la naissance de ma première fille, j’étais très radicale, très française. J’ai essayé d’allaiter mais ça n’a pas marché, et franchement ça m’arrangeait, au bout de trois semaines ma fille dormait dans sa chambre. J’ai retravaillé au bout de quatre mois (à l’époque, il n’y avait pas de congé parental). J’habite dans un quartier où toutes les mamans restent à la maison. On m’a regardé de travers, on m’a dit que mon enfant allait être malade parce que je ne l’avais pas allaité. On observait ma fille pour voir quand elle allait commencer à dérailler. Mais elle riait tout le temps, elle se développait correctement et moi j’étais heureuse avec mon job à 80%. Pour le deuxième, je me suis forcée à allaiter parce que la pression est vraiment énorme en Allemagne, j’ai allaité presque 6 mois et je suis restée toute ce temps à la maison. Contrairement à ma fille, mon fils a dormi dans un lit collé au mien pendant plus de 6 mois et j’ai adoré ça, tout comme les siestes collés l’un à l’autre. Je n’ai, enrevanche, pas vraiment aimé allaiter et mon mari était un peu déçu de ne pas pouvoir donner le biberon. Bref je raconte tout ça pour dire que: 1) la pression sur les femmes existe bien en Allemagne, elle est juste différente d’en France 2) il faut faire comme on le sent et ça peut être différent à chaque bébé. Il n’y a pas une solution miracle. Mon fils n’a pas été moins malade, il rit autant que sa soeur, il peut se séparer de moi.
    Encore un mot sur le rôle des hommes. J’ai l’impression que de plus d’hommes veulent passer du temps avec leurs enfants, même si ici, souvent les hommes prennent leur congé parental en même temps que la maman pour partir en vacances… Dans mon couple, c’est mon mari la maman poule, qui prépare les sacs de sports et les goûters, qui sait rien qu’en regardant nos enfants s’ils ont de la fièvre. Il n’a pas envie de se tuer au travail et de ne les voir que le week-end. Notre but est de travailler tous les deux à 70%-80% pour avoir un job correct et une vie familiale équilibrée.
    Encore un point, et c’est le dernier. Il y a dix ans j’aurais été du côté des féministes pures et dures qui veulent tout concilier, maintenant que je suis maman et que je travaille, je me rends compte que ce n’est pas si facile et que je veux avoir du temps avec ma famille. Je crois qu’il faut voir la vie en global, sur 80 ans, la période où on élève ses enfants est courte, il faut y penser et s’adapter. Les quelques années où l’on fera moins carrière, où l’on ne sera pas wonder woman, c’est quoi à l’échelle d’une vie? Il faut avoir le choix, mais il faut aussi avoir le courage de prendre les décisions qui correspondent à ce qu’on veut vraiment et ce n’est pas toujours simple
    Désolée pour le commentaire à rallonge, le sujet me passionne.

  24. bien je vois que mes commentaires ne sont pas acceptés je m’en doutais mais ça m’a fait du bien de me défouler un peu,les féministe me pourrissent la vie au quotidien.

    • Je valide tous les commentaires, sauf ceux insultants et/ou grossiers.
      L’un de vos commentaires l’était, je l’ai donc supprimé. J’ai accepté les autres.

  25. Bonsoir Ophélie,
    Je viens de lire tous les commentaires avec des pauses et je m’en étonne. Cela ne me gêne pas de lire de gros pavés mais je fuis généralement les longs articles et commentaires à rallonge sur le net. Je suppose que ce sujet m’a vraiment intéressée. Je viens de lire un article dans le magazine Marianne sur le french bashing et il cite les best-sellers récents aux USA, comme French Women Don’t Get Fat de Mireille Guiliano, ou Bringing Up Bébé de Pamela Druckerman, où les femmes françaises sont célébrées comme des super women qui parviendrait à rester toujours minces, élégantes, professionnelles, tout en étant dotées d’enfants parfaitement éduqués..; Un enfant de 2 ans et /2 m’a déjà dit ta gueule…

    En ce qui me concerne le livre d’Elisabeth Badinter m’a fait du bien. Je suis l’aînée de la famille et je suis originaire d’un pays d’Afrique noire où une femme doit être mariée, avoir des enfants, être propriétaire dans son pays d’origine et planter un arbre. A part le mariage qui a échoué j’ai zéro pointé dans les autres domaines d’ailleurs aussi dans le mariage. A la sortie de son livre c’était une période où aussi bien de mes parents que du monde professionnel le fait de ne pas avoir d’enfants était incompréhensible. Je travaille en crèche et forcément tu dois avoir des gosses ou en vouloir. A ce moment là j’ai eu l’impression de trouver quelqu’un qui comprenait mes choix même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qui es écrit. Ce qui est bizarre c’est que j’ai fait lire ce livre à ma mère il y a peu de temps sans aucun message de ma part alors qu’elle a reçu ainsi. Je voulais juste connaître son opinion et oh bizarre elle a été responsable en crèche. Depuis ce livre ma mère a accepté mes choix. Je dis souvent que m’occuper des enfants des autres me suffit. Une petite anecdote. Il y a quelques années une responsable de crèche(moins de 40 ans) me calcule mes jours de congés et me dit + jour de la mère(pas sûre du nom exact) comme une évidence. Tranquillement je lui ai répond que je n’en ai pas et elle me répond désolée c’est par habitude. Femme = enfant. Bref je suis peut-être à côté du sujet en racontant tout cela.

    Pour ce qui est de la mère au foyer j’ai le souvenir d’une maman en halte-garderie qui en même temps souhaitait avoir du temps pour elle en le mettant une matinée par semaine et la culpabilité de le mettre. Cela signifiait pour elle l’abandonner. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait car elle avait une belle vie selon elle. Pendant toute la période de la familiarisation en halte elle était terriblement angoissée à la limite des pleurs. Evidemment le petit hurlait lors des rares séparations. Elle finit par abandonner l’idée de le mettre en halte. La responsable lui dit qu’ils seraient les bienvenus l’année d’après. A cette époque le petit avait 2 ans. Je ne sais pas quelle était la place du père à cet époque et ayant changé de structure l’année suivante je ne sais ce qu’ils sont devenus.

    Je vais m’arrêter là. Certains commentaires ont bien exprimés mes pensées. J’ai cru lire que tu voulais faire un article sur l’enfant roi. Cela m’intéresse au plus haut point.

  26. Désolée pour les fautes. Quand je parlais de l’acceptation de ma mère je parlais de la période de la sortie du livre de Badinter.

  27. Merci.

    Je suis un homme et suis totalement d’accord avec ce que vous dites. Il n’y a pas un féminisme mais des féminismes aujourd’hui, et certains sont allés dans les extrêmes qu’ils critiquaient eux-mêmes au départ de la part du patriarcat.

    Je vous rejoins également sur la nécessité d’un nouveau label. Il faut faire entrer l’homme dans la réflexion sur ces sujets là. Le féminisme avait du sens quand la femme souffrait d’une injustice face à la société patriarcale, ce qui n’est globalement plus le cas aujourd’hui en occident. Pourquoi ne pas parler d’humanisme tout simplement ? Pour un monde plus humain et plus égalitaire, où chacun aurait le choix de faire ce qu’il entend sans qu’il soit jugé par ses pairs.

    • Les femmes souffrent toujours énormément (je pèse mes mots) des injustices de la société patriarcale, et ce partout dans le monde (oui même en Occident).
      Et c’est d’ailleurs pour ça que le mot féminisme est préférable à humanisme : pour ne pas invisibiliser le fait que ce sont les femmes qui subissent cette injustice.

  28. Bonjour,

    Après lecture de cet article, je me suis dis  » c’est exactement ça » !
    Ayant vécu dans un mode de vie où les rôles était très définis, je me suis souvent demandé si cela n’empêchait pas l’épanouissement personnel. La notion de choix me parle beaucoup car en effet en appliquant cela on sort des limites (étroites) du féminisme.
    Je me suis souvent dis que le féminisme actuel ne faisait que victimiser les femmes et diaboliser les hommes (un grand bravo à la redéfinition de la condition de l’homme que j’ai lu dans cet article, cela est essentiel).
    Je me suis souvent demandé pourquoi les critiques (sur le féminisme) les plus engagées venaient du coté des femmes.
    Était-ce parce qu’il y a autant de notion du féminisme de qu’il y a de femmes?
    Alors ma question est celle-ci:
    Si il y a plusieurs façon de vivre le féminisme, comment faire alors pour que ce « combat » ne se disperse pas et ne finisse pas être marginalisé sans avoir atteint son objectif (cad, faire reconnaître les droits des femmes et l’éradication de la notion de femme-objet.).

    En effet, en réfléchissant au mouvement « Femen », je me dis voilà un exemple de la dispersion du mouvement. On ne sait pas exactement leurs attentes, leurs revendications,on ne voit que leur radicalisation et leur envie d’anarchie. Pour finir on ne prends plus aux sérieux ce mouvement qui au départ avait l’ambition d’être un mouvement féministe.
    Voilà ma crainte, c’est que l’on vulgarise le féminisme, pour après le voir disparaître dans les méandres des magnifiques idéaux abandonnés. &

  29. Mais tu peux faire énormément de choses Asef!
    Déjà le simple fait de ne pas prendre les clichés courants sur les femmes comme sur les hommes comme normaux et en discuter autour de toi pour le faire réaliser aux autres… Je trouve important pour moi de discuter de mes convictions avec mes proches et d’échanger – je ne cherche d’ailleurs presque jamais à convaincre, mais plutôt à faire réfléchir (tout en réfléchissant moi même, bien sûr!), remettre en question…
    Et puis il y a les actes. Défendre une collègue/amie/qui que ce soit en fait victime d’attaques sexistes, expliquer à « l’agresseur » (le terme est trop fort, je cherche quelque-chose de plus général, mais ne trouve pas…) que son attitude/propos/comportement est sexiste, et donc non approprié. Ne pas forcer la galanterie, mais aider à descendre une poussette du train, c’est sympa… Et puis je ne sais pas quelle est ta situation privée, mais là aussi, l’égalité avec ta partenaire éventuelle représente pas mal de travail (surtout en réflexion commune, la bonne et franche communication sur qui souhaite quoi, quand, etc est la clef de voute). Question vie de famille, je trouve les blogs suivants très intéressants: http://www.mauvaispere.fr/ et http://www.tillthecat.com/

    Enfin, si tu veux t’impliquer « à fond », à ma connaissance, les groupes féministes accueillent les hommes à bras ouverts, mais je ne pourrait pas vraiment t’en dire plus, car je ne suis pas engagée dans ce sens…

  30. J’arrive des années lumières après la bataille, mais c’est la magie intemporelle d’Internet!
    J’ai aimé votre article, mais je ne suis pas d’accord sur tout.
    Vous parlez du choix des mères, mais qu’en est-il de celui des pères? Vous dites à juste titre que les mères sont culpabilisées si 1. elles sont mères au foyer et 2. si elles travaillent. Mais les crèches n’ont pas été créées pour le bien-être des femmes, mais pour celui des hommes: qu’en est-il des pères au foyer? Vous ne parlez pas du choix qu’ils ont à faire, eux. Ont-ils à choisir entre paternité et carrière? Veulent-ils l’avoir, ce choix? Vous faites peser le choix sur les femmes, pas sur les hommes. C’est encore et toujours à nous de devoir choisir entre boulot ou bébé, les hommes, eux, non. Comme s’ils étaient extérieurs au problème.
    Vous écrivez « on veut d’un père qu’il soutienne une femme assumant pleinement sa maternité, qu’il partage sa fatigue et ses peines » donc l’homme soutient et partage, rien de plus? C’est cela qui me choque: il s’implique mais pas trop, vu que c’est à la mère de tout gérer en matière de pouponnage. Pourquoi? Parce que c’est naturel chez elle: un peu plus haut, vous écrivez justement « qu’on ne blâme pas ces choix, ces priorités. Ils sont parfaitement naturels »
    « Naturels »? Donc il est « naturel » pour une femme de se poser toutes ces questions au sujet des gosses, mais chez l’homme ça ne l’est pas?
    C’est comme si vous confondiez de qui est culturel (nous avons toutes été éduquées dans un système patriarcal (la France) grâce aux médias et jouets et compagnie (le pouponnage est attribué culturellement aux femmes, et pas naturellement)), et ce qui serait « naturel ». En quoi un homme ne serait pas « naturellement » plus à l’aise que moi avec un bébé? pourquoi moi, je ne pourrais le soutenir et partager sa fatigue de père pendant que je tente de m’impliquer dans cette nouvelle relation à trois? Pourquoi ne pourrais-je l’aider à faire le choix entre son boulot et son bébé?
    Je ressens votre article comme « la femme doit être compréhensive avec son homme qui doit tâcher de ne pas avoir peur de prendre bébé dans ses bras ».
    Vous dites que vous n’êtes pas essentialiste, donc je me doute que j’ai dû mal interpréter vos propos… Mais tout ça me chiffonne quand même un chouia.
    Enfin (et je conclus, promis) je n’aime pas trop lire que c’est aux féministes de « redéfinir le rôle de l’homme ». En quoi moi, femme et féministe, devrais-je redéfinir leur rôle? C’est à eux de le faire. Comme l’a dit une commentatrice: « l’homme n’a pas eu sa révolution ». Certes, mais je ne peux pas la faire pour eux, car j’aurais l’impression de les infantiliser. Quant à les acclamer parce qu’ils repassent ou pouponnent (ça ne vient pas de vous mais d’un autre commentaire), mais alors là, très peu pour moi. « il faut faire entrer l’homme dans la réflexion féministe » (autre commentaire) mais depuis quand y sont-ils exclus?

  31. Bonjour !
    Tout d’abord, je trouve ce blog super et je crois que je vais y passer pas mal de temps! 🙂 Merci pour toutes ces infos et astuces ! De plus, je partage pas mal de tes points de vues sur la société, l’éthique etc…
    Je voulais juste parler d’un point interessant qui à mon sens serait peut être à prendre en compte dans ton article (bien que tu abordes quand même le sujet quand tu parles de choisir, et de renverser les codes de la parentalité). C’est l’idée du père au foyer/mère au travail (qui bien sur reposerait sur une décision commune dans le couple), qui dérange encore beaucoup dans notre société! Les « hommes tapétifiés », les « hommes les vrais travaillent et ramènent la tune », « c’est la place des femmes d’être au foyer »… alors qu’au final, si on évoluait vraiment vers un choix total, il y aurait forcément beaucoup plus de pères au foyer (qui auraient choisi et seraient épanouis) qu’il y en a aujourd’hui. Je pensais à ça en lisant ton article car mon copain m’a un jour dit « ça ne me dérangerait pas d’être père au foyer et de m’occuper de mes enfants, car si un jour j’avais des enfants, j’aimerais m’en occuper réellement au quotidien, les voir grandir, être présent dans leur éducation ». Alors que moi je lui disais ne pas forcément me voir mère au foyer durant plusieurs années.
    Je pense que ça doit être mieux que les deux parents ne travaillent pas (ce n’est pas une fatalité, juste un point de vue), mais lequel ? Ce devrait être un choix réel et pour moi, pas forcément la femme, d’office!

  32. Re bonjour!
    Je n’avais pas lu les commentaires et pas vu que le sujet dont j’ai parlé plus haut était traitésjustement dans d’autres commentaires, notamment celui juste au dessus! :s

  33. Très interessant cependant le « choix » de ne pas travailler et d’être entièrement maman (avec tout ce que cela implique) peut s’averer très dangereux pour ces femmes, qui, en cas de divorce sont économiquement très fragiles et encore plus à la retraite. C’est cela que veulent leur éviter les feministes françaises que vous fustigez dans cet article.

  34. Bonjour Ophélie,

    Cet article est très intéressant et je l’ai lu avec beaucoup d’attention, comme celui de Sophie. Je regrette de ne pas avoir participer au débat l’année dernière, il est vrai que j’arrive un peu tard, mais je ne résiste pas à mon envie de commenter.
    Je suis tout à fait d’accord avec ton idée du féminisme: moi aussi, je veux pouvoir avoir le choix. Pouvoir décider seule, sans que la société – le patriarcat – ne me dise ce qui est bon pour moi et ce qui ne l’est pas, ce qui est mon rôle. Là où ton article me fait un peu bondir, c’est l’utilisation de l’Allemagne comme exemple de pays où les femmes ont le choix. Sophie et toi faites toutes les deux références à une certaine pression que subissent les femmes en Allemagne, et pourtant tu n’en tires pas la conclusion qui selon moi s’impose d’elle-même: les femmes allemandes n’ont pas plus le choix que les femmes françaises. elles se voient elles aussi imposer par la société un rôle – celui d’être mère.

    Je vis en Allemagne depuis trois ans. Force m’est de constater que je suis la seule femme dans mon équipe, et que parmi les quelques 200 personnes qui travaillent dans mon immeuble, rares sont les femmes qui ne sont pas à des postes d’assistantes. Mon chef redoute le moment où je tomberai enceinte, car pour lui c’est évident que je m’absenterai alors pendant la première année de vie de mon enfant – le contraire est impensable. La pression sociale faisant des femmes principalement et avant tout des mères, à peine mentionnée par toi et Sophie, est telle que si ce congé de 12 ou 14 mois maximum (12 si un seul des parents le prend, 14 mois si les deux se le partagent) est très beau sur le papier, il n’est réellement pris que par les femmes.

    Voir cet article en allemand du journal Zeit (http://www.zeit.de/gesellschaft/2013-05/elternzeit-statistik-vaeter) où on apprend que 95% des femmes prennent un congé parental, mais seulement 27,3% des hommes. Pire, 77% de ces hommes ne prennent que les deux mois « minimum » – tandis que 90% des femmes ont pris le maximum, les 12 mois. Quand 90% d’une catégorie de personnes prennent la même décision, moi je me dis qu’il y a anguille sous roche. Les hommes prennent leur congé parental pour avoir deux beaux mois de vacances avec leur famille. Les femmes, elles, sont obligées de s’arrêter de travailler. Je ne peux pas croire que ca soit un choix libre et éclairé pour 95% des femmes, je connais la pression sociale pour la vivre quotidiennement, et les problèmes pratiques soulignés par Sophie en sont le symptôme (notamment la difficulté à trouver une crèche qui accepte les nourrissons). C’est sûr que pour les femmes qui ont envie de s’occuper de leur enfant plutôt que de faire carrière, c’est un super système. Là où le bât blesse, c’est quand la femme voudrait bien travailler aussi – personnellement, je me demande pourquoi j’ai fait 6 ans d’études, si c’est pour me retrouver à la maison pendant que des hommes moins compétents que moi font avancer leur carrière…
    Sophie argumente dans les commentaires que les « parents » retrouvent leur poste après leur congé parental; bien sûr, mais les femmes reprennent-elles simplement leur carrière là où elles l’ont laissée? C’est quand même un peu plus facile pour les hommes qui s’arrêtent majoritairement deux mois, que pour les femmes qui sont parties pendant toute une année – sans compter le congé de maternité avant la naissance – et qui ont forcément pris du retard sur leur carrière. Pas étonnant que plus on monte dans la hiérarchie, moins il y ait de femmes…

    A cela s’ajoute la difficulté à combiner travail à temps plein et métier de maman. Sophie le souligne également: les crèches ferment relativement tôt, à 15h pour certaines d’entre eux. Et comme les femmes gagnent en général moins que les hommes, n’est-ce pas naturel que ce soient elles qui récupèrent les enfants? Et enfin, la pression sociale pour que les femmes allaitent, mettent leur enfant au premier plan, etc., etc.

    Et c’est comme ça qu’on arrive à mon constat que la société allemande est tout aussi sexiste que la société française. Seulement, elle l’est différemment.

    Pour moi, une société qui donne vraiment le choix aux femmes, est une société qui s’en fout. Qui te laisse faire ce que tu veux, sans avoir d’avis. Une société où il n’est pas mal vu que les hommes prennent un vrai congé parental – un congé où ils sont seuls avec leur enfant, pendant que leur femme va travailler (et franchement, est-ce que ce n’est pas là aussi une belle chance offerte aux pères de créer un vrai lien avec leur enfant?) C’est surtout, surtout, une société qui offre de vraies solutions aux familles où les deux parents souhaitent travailler. Ces solutions ne sont pas compliquées à trouver: des crèches d’entreprise et la flexibilité des horaires de travail (pouvoir rentrer chez soi tôt et se remettre au travail quand les enfants sont couchés). Mais les mettre en place reviendrait à bouleverser l’ordre établi et forcément, ça fait peur. Et puis bien sûr, tout cela commence avec l’enfance: si on arrêtait d’enseigner aux petites filles qu’elles sont moins fortes, moins courageuses et moins méritantes que les garçons, ça irait quand même déjà bien mieux à l’age adulte.

    Je n’ai pas d’enfants et je sais bien que les discours changent – peut-être que quand j’aurai un enfant, j’aurai envie de mettre ma carrière sur pause pendant un an pour m’en occuper. Cependant, aujourd’hui, rapport à ces 6 ans d’études mentionnés et à mon désir viscéral d’être indépendante financièrement de quiconque, y compris de mon mari, j’ai bien du mal à me l’imaginer.., et j »espère bien faire partie des 5% de femmes allemandes qui ne prennent pas 12 mois de congé parental, même si je sais déjà que ça sera très mal vu.

  35. Qu’il fait du bien cet article !
    Comme tu dis, aujourd’hui être mère /femme /épouse est très compliqué.
    Il y a toujours quelqu’un pour critiquer les choix que l’on fait.

    Mon fils a maintenant presque 15mois, toujours allaité. Il a dormi avec son papa et moi jusqu’à ses 9mois. Il a été en motricité libre depuis sa naissance, porté en écharpe et je pense faire l’instruction en famille, et actuellement il est élevé selon la pédagogie montessori.
    Nous sommes une famille bienveillante, contre la veo, contre le laisser pleurer et faisons de notre mieux pour accompagner notre enfant. Bébé est végétalien comme moi.

    Évidement, les premières personnes à critiquer sont les membres de la famille à qui je ne parle plus depuis des mois car selon eux je fais n’importe quoi car je suis « jeune ».

    Cest une lutte permanente à essayer de se justifier, et malgré toute la bonne volonté dont nous faisons preuve, nous sommes considérés comme anticonformistes.

    Tant pis. Ou tant mieux

  36. Bonjour,
    Ton article est une source d’inspiration pour tous les femmes. À mon avis, les femmes doivent devenir indépendantes financièrement. J’ai pu monter ma propre affaire en devenant mon propre patron. Je vends mes collections en ligne pour aider à arrondir la fin de mois. J’ai reçu un coup de pouce de Maria≈ Gagner-argent.org pour réaliser ce rêve.

  37. Merci pour votre article. Je suis tombé ici par hasard, en cherchant des idées/phrases qui m’équiperaient pour une rencontre sur le féminisme dans quelques semaines, avec des femmes qui vivent un féminisme différent du mien. Votre article me donne le courage de me présenter à cette rencontre en sachant que je ne suis pas la seule à espérer un changement au concept du féminisme – y ajouter le concept de choisir, au lieu de vivre selon ce que la société croit qu’est le féminisme.

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