N°56 897

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N°56 897 est inquiète.

Depuis hier, une drôle d’odeur a envahi l’air. Un souffle du dehors, proche, qui se répand dans le vaste hangar. Ses camarades sont nerveuses, elles crétellent, petits cris saccadés, plaintifs. La veille, certaines sont parties, emmenées. On ne les a pas revues.

N°56 897 a mal. Malgré les 48 semaines qui la séparent de sa naissance, son bec mutilé par le fer rouge la fait toujours souffrir. Difficile, aussi, avec ce tiers de bec en moins, de gratter le sol au dehors. De toute façon, ce n’est pas comme si elle y allait souvent, au dehors : la lumière du jour, elle l’a connue à six mois passés, avant, c’était l’enclos 7 jours sur 7, et comme elle se fait vieille, cela fait déjà un mois qu’elle ne l’a plus vue, cette lumière. Et puis, le sol… enfin, un maigre bout de terre aussi chauve qu’un oeuf, difficile d’apercevoir le ciel bleu sous l’enclos grillagé. Mais bon, on le lui a répété : tu es une chanceuse, toi, tu es une bio ! Un tiers de ta vie à voir le soleil, c’est pas donné à toutes, tu sais ! Et d’autant plus chanceuse qu’elle n’est pas née ainsi… et oui, comme il n’existe pas de production de poussins biologiques en France, n’importe quelle petite bête fait l’affaire, tant qu’elle a moins de trois jours. Ce qui fait songer à n°56 897 qu’on ne naît pas bio, on le devient.

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N’empêche qu’elle a mal, et puis, comme si cela ne suffisait pas, ils viennent encore d’allumer cette foutue lumière. Et oui, par ces froids petits matins d’hiver, le soleil ne suffit pas pour assurer le bon développement des cocottes, alors on fait des heures sup : du néon pour 16h de luminosité continue. Bon, au moins, la nuit, on peut tourner l’interrupteur et se reposer un brin. Ses copines le lui ont dit, d’ailleurs : il paraît que celles des cages, elles, c’est 24h/24 parfois, les ampoules blafardes ! Et oui, quand il fait jour, on pond plus, et quand on pond plus, on ne nous éjecte pas immédiatement.

Elle se tourne vers sa voisine, immobile. Cela fait longtemps qu’elle ne bouge pas, celle-là, d’ailleurs. Hé ho, ça va ? N°56 897 étend un peu son aile (privilège des bio, ce n’est pas ici qu’on dispose d’à peine une feuille A4 pour s’ébattre !), mais la copine ne bronche pas. Hier encore, elle se plaignait de douleurs dans les cuisses en remuant faiblement son corps déplumé, ses vieux os fragiles. Elle picorait des cibles fantômes, sans fin, la mine défaite. N°56 897 la secoue, en vain. Elle ne bouge plus. Son oeil est blanc.

Celle-là s’est échappée plus tôt, une de moins parmi les 3000 du hangar. Mais des hangars comme celui-là, ils s’alignent en rangs d’oignons autour de la cour de gratte, il paraît même qu’elles sont près de 80.000, des cocottes comme elles, dans cet élevage. N°56 897 soupire. La semaine dernière, elle a manqué deux jours de ponte, tout comme celle d’avant. A ce rythme-là, elle ne pondra bientôt plus que le week-end, et encore. Elle a beau se dire avec fierté que c’était des gros, des L au moins, voire XL, en écartant les ailes pour jauger de leur taille, ça ne change pas grand chose. Elle le sait, la n°21 003, elle se faisait sèche, avare de ses ovaires. Une vieille cocotte avant l’heure, quoi. Et ils l’ont embarquée, plus revue depuis.

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Elevage poules pondeuses bio

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Elle a un peu faim. Elle gratterait bien le sol, mais bon, ça n’a plus l’air au menu, ça. Alors quoi ? Grignoter le tourteau de soja qui reste dans la mangeoire commune ? Elle préférerait du tourteau de sésame, ou même, grand luxe, des graines de colza, mais c’est rare, ça, réservé pour les jours de fête. Et puis, qu’y a-t-il d’autre à faire ici ? A part picorer, on s’ennuie à mourir. Il ne faudrait pas se plaindre non plus, les conventionnelles, c’est soja à tous les repas, huile de palme, antibios, hormones, tranquillisants, sulfamides, anabolisants et compléments – de la dope, quoi, et même pas de la bonne. Leurs oeufs sont tout bizarres, une vieille couleur de pisse pas mûre si on ne les jaunit pas ensuite artificiellement. Paraît même qu’elles en deviennent folles, de tous ces stups, les poulettes : trop proches, pas de place, du bitume et des grillages pour tout paysage, et puis, les autres, encore les autres, toujours les autres. Ça tourne vite à la rixe générale : s’entretuent, les poules, se bouffent entre elles, les cannibales. N°56 897 frissonne. Oui, c’est sûr, l’enfer, c’est les autres.

Ah, si seulement elle pouvait prendre un bain de poussière. Mon âme pour un bain de poussière ! songe-t-elle. Mais bon, sur sa litière souillée, ce n’est pas trop à l’ordre du jour. Ne jamais se plaindre, elle se dit, les frérots, eux, n’ont même pas vu la lumière du jour. Bio ou pas, le sort réservé aux poussins mâles est le même : un vrai monde d’amazones, où les petits mecs sont zigouillés dès la naissance. Ils appellent ça le ‘sexage’, pour faire joli, mais en vrai, ça veut juste dire que les poussins à peine nés sont passés à la meule : broyés encore vivants, les plus chanceux gazés, tandis que d’autres finiront directement à la poubelle, entassés dans le plastique qui les étouffe, vilaine agonie.

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Au moins, ce parfum étrange, il couvre les émanations d’ammoniac des paillasses. C’est que ça empeste, ces litières ! Faut dire que le coup de carsher, ce sera lors de l’enlèvement – doux euphémisme pour exprimer le moment où la cocotte fait sa mue pour se réveiller poule au pot. Mais ça, n°56 897, elle ne le sait pas encore. Elle trouve juste que ça pue le fuel et que les copines du rang n°2, elles sont toujours pas revenues de leur balade matinale, lorsque les gars en blouse sont venus, encagoulés et de drôles de broches à la main. Elle a entendu des moteurs d’un côté du hangar, vu ce nuage étrange et vaguement étouffant.

Soudain, n°56 897 entend les portes qui s’ouvrent. Vacarme de fer-blanc sur la tôle, caquètement général, ça commence à piquer de partout, ça gratouille, confusion, adrénaline. Des voix d’hommes, quelques rires gras, bruits de pas. Nombreux. Puissants.

N°56 897 a peur, elle se terre dans un recoin de sa paillasse. Mais sont pas foutus de faire des espaces clos, sur ces caillebotis, non ? Brouhaha, affolement collectif, ça piaille de partout, ça saute, ça plume, ça volette pour échapper aux caisses de bois. Elle se recroqueville, donne des coups de son bec estropié, glousse d’effroi. Une main de caoutchouc la saisit au cou. Elle crie, épouvantée. Les doigts se resserrent, garrot, elle étouffe. Maigre filet d’air qui passe encore à travers son gosier étranglé.

Et puis, l’obscurité, les plumes, partout, les becs qui piquent, les pattes qui griffent, les ailes qui se brisent. Douleur horrible qui lui traverse la tête. Aveuglement. Elle sent le sang chaud qui se répand sur son bec, sur sa tête, plumes poisseuses. Elle hurle. D’un coup vif, une comparse affolée lui a crevé l’oeil. Déplacement de la masse de poules prisonnières des caillebotis au dehors, envol et puis retombée, épouvantable, la caisse emplie sur la tôle, une autre par-dessus. J’étouffe, s’égosille-t-elle, le bec muet suffoqué par le poids du corps de ses congénères. Portes qui se ferment, moteur qui démarre, le voyage commence.

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Un long, long voyage pour n°56 897 qui ne sent déjà plus l’une de ses pattes, fracassée lors de la chute dans le camion. Bec fêlé, tête en sang, ailes broyées. Et puis le poids des autres, leurs hurlements, leur panique folle. Long trajet, pas des minutes, non, mais bien plus. Les cahots, la douleur, les arrêts, le va-et-vient, ça n’en finit plus.

Et si, finalement, le calvaire semble cesser. Les portes s’ouvrent à nouveau. N°56 897 tourne la tête, aspire une bouffée d’air, caquette de douleur lorsqu’une grosse main l’attrape par la patte blessée. La tête en bas, transportée, elle regarde les autres, celles qui ne bougent pas, celles qui ont été broyées. Souffrance de reconnaître n°07 401, la petite rousse, parmi celles qui ne se relèveront plus. Et la frêle blanche, là-bas, qui remue encore l’aile, brièvement, avant que la massue noire ne vienne pulvériser son crâne à terre.

Cri atroce quand elle sent qu’on suspend ses pattes brisées à un crochet de fer. Toutes, une à une, la tête en bas, le sang déjà, les corps défaits, les élancements dans les chairs, et la chaîne qui se met en route, saccadée, mécanique.

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N°56 897 lance un dernier cri de terreur. Son oeil valide roule, affolé, dans son orbite. Elle voit l’eau sous sa tête. Elle voit ce liquide dans lequel elle va être plongée. Elle aspire une bouffée, une dernière bouffée d’air libre. L’appareil descend brusquement. Décharge fatale. Et puis plus rien.

Après ce bain à électronarcose qui l’étourdit, n°56 897 est ensuite saignée vivante, déplumée, éviscérée, avant d’être conditionnée pour la consommation. Sa dépouille de pondeuse a été rachetée 15 centimes d’euros par l’abattoir. Elle finit en morceaux bas de gamme, poule au pot ou bouillons-cubes. Peu importe. Des dix années minimum qu’elle aurait pu vivre, n°56 897 en a vécu un peu moins d’une. Ses oeufs ont été envoyés dans tout le pays, code 0, oeufs bio, les meilleurs. Blancs en poudre dans les biscuits en boîte, meringues, îles flottantes. Jaunes sur les gâteaux dorés, les tartes au citron, la crème brûlée. Oeufs entiers en omelettes, brouillés, à la coque. Les mouillettes au beurre des petits enfants.

Poulette broyée, mutilée, déchiquetée.

N°56 897 était une pondeuse bio.

Une cocotte heureuse.

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180 réflexions sur “N°56 897

  1. non mais zut de flute de zut !
    comment je vais faire, moi maintenant, pour manger tranquillement ma viande et mes oeufs ???
    rezut tiens !
    pourquoi je suis tombée sur ce blog, pourquoi je lis tout, pourquoi pourquoi mais pourquoi ?
    et pourquoi c’est toujours les mêmes qui doivent faire des efforts, hein ? ceux qui essaient déjà de pas trop salir, pas trop polluer, qui achètent (plus cher) bio… mais non, ça ne suffit pas ! comme j’aimerais, parfois, faire l’autruche, comme j’envie les gens qui ne se posent aucune question !

    bon là je suis un peu déboussolée, je vais filer lire l’article sur comment les remplacer, parce que là, concrètement, je devais faire mes « bredele » et je ne sais pas si je vais les faire…
    pfff…
    Antigone, je ne sais pas quel âge tu as, beaucoup moins que moi, mais je n’ai pas la moitié de ta sagesse…

    • Oh… Mais je suis tellement touchée par ce que tu écris.
      Peu importe l’âge ou la sagesse, tu sais, il faut juste que l’envie soit là… après, on peut déplacer des montagnes ! (ou simplement apprendre à remplacer les œufs… 😉 )
      Et pour les bredele, j’habite en Allemagne et je t’assure que les Lebkuchen sans œufs, ce n’est pas difficile !

  2. Bonjour, article très touchant encore une fois! heureusement je ne mange pas d’œufs, je ne les digère pas…. et sinon on mange ceux des poules de maman (ouf) des cocotte de jardin gâtées aux verres de terres dès que maman jardine et aux restes de la cuisine plus ce qu’on récupère de « non vendable » au marché (salade, graines de courges….).
    Par contre déménager une poule est compliqué elles s’habituent difficilement aux nouveaux lieux, mais c’est sur que celles d’élevage seront mieux chez vous que morte même si le temps d’adaptation sera plus long qu’avec des poules « jeunes ». Bon courage aux familles d’accueil! 🙂

    • J’ai des poules, récupérées dans un élevage avant qu’elles ne partent à l’abattoir. Même pas bio l’élevage, juste « plein air » (3000 poules par hangar). Poulettes de 18 mois donc (6 mois d’élevage en cage et 1 an de ponte avant d’être mises au rebut), mais aucun soucis d’acclimatation ! Je les ai juste laissées enfermées 24h dans le poulailler (1m2 pour 4) avant de les lâcher dehors. Pas de soucis de transition de nourriture, elles se sont jetées sur la salade, le pain mouillé… Et en moins de 48h, elles me couraient déjà après quand je les appelais. Et elles sont toujours rentrées d’elles mêmes le soir dans le poulailler et sont toujours sorties d’elles mêmes également. C’est ma « première fois » que je récupère des poules, mais ma voisine qui en récupère depuis des années (bon elle, ses poules finissent quand même dans la casserole vers 5/6 ans…) n’a jamais eu le moindre soucis non plus, à part quelques batailles d’établissement de hiérarchie quand elle mélange ses anciennes avec des nouvelles…

  3. Coucou Ophélie,

    J’avance à grands pas dans la lecture de ton blog (que j’ai repris depuis le début 😊) et je dois dire que c’est même devenu additif!!!!
    Je tenais à te remercier pour cet article… édifiant!
    Et oui, moi aussi, j’avoue, je croyais que nos petites pondeuses bio vivaient paisiblement une belle vie de poulette…
    Que d’illusions!!!
    Et en même temps, ben si je m’étais renseignée j’aurais su…
    En tout cas j’aime vraiment beaucoup ton blog!!!! Et je vais te confier un secret… J’ai lu un article il y a quelque temps sur un ingénieur qui cherche des solutions plus écologiques (je ne me souviens plus dans quel domaine) et qui disait quelque chose qui m’a paru très juste. À savoir : pour que les gens changent leurs comportements de manière globale, il faut leur proposer des alternatives qui ne mettent pas en péril leur confort.
    Et bien je trouve que tes recettes toutes plus gourmandes les unes que les autres vont exactement dans ce sens!!!!
    Et avec ton blog tu sembles avoir trouvé le parfait équilibre entre information/éducation et alternatives TRÈS gourmandes 😊
    Alors MERCI et bravo!!!!

  4. putain je chiale toute seule devant mon écran (désolé pour le langage, mais ça me vient comme ça), alors qu’en plus je sais tout ça… Tu fais de magnifiques textes, tu as vraiment le talent pour éveiller l’empathie par les mots…. Je suis ton blog depuis un peu plus d’un an, depuis que je me suis tournée vers le végétarisme en fait, et je relis souvent tes articles. Je ne commente jamais, parce-que même sur la toile, on peut être timide! Mais le cœur y est. Continue!

    • Oh, merci Libersa, ton message me touche énormément.
      A dire vrai, moi aussi je suis une timide… je n’osais jamais laisser de commentaires avant d’avoir moi-même un blog !
      Merci du fond du cœur.

  5. Je suis une âme innocente, trop. J’ai toujours vécu en pleine campagne. Dans mon village ainsi que dans ceux d’à côté, il y a des élevages de poules. Elles ont une grande cour avec de l’herbe et de la terre. Elles gambadent où elles veulent. Le poulailler est à disposition, mais elles ne sont pas forcées d’y rentrer. Elles n’ont pas non plus le bec coupé. Dans les fermes, les vaches laitières gardent leur veau, elles ne sont pas surexploitées, et elles ont des belles et grandes prairies (il y en a d’ailleurs une pâture juste de l’autre côté du grillage de mon jardin, je les vois tous les jours du coup, et je vois bien qu’elles s’y sentent bien). C’est comme ça partout, où je vis. D’ailleurs les éleveurs laitiers sont souvent à la limite de la faillite parce que les industries leur demandent trop de rendement et qu’ils ne s’y plient pas. Ils ont du coup créé leur propre groupe qui revend leur lait 10 centimes plus cher le litre, où les bénéfices leurs sont reversés, afin de ne pas avoir à surexploiter leurs animaux et donc à les maltraiter. Bref, je vis au pays des bisounours. Je ne savais pas vraiment que ça se passait comme ça ailleurs. Je savais que ça ne devait pas être joli, mais à ce point, non je ne savais pas. Merci pour cet article du coup, même si j’aurais peut-être préféré ne pas savoir.

  6. Bonjour Antigone XXI/Ophélie !
    J’ai découvert ton site récemment grâce au blog « Green me up » et depuis, je dévore littéralement tous tes articles et tes recettes (à proprement parler pour ces dernières :-)). Tes articles sont magnifiquement écrits et je trouve que tu dépeints simplement mais très justement une réalité malheureusement horrible. Les hommes sont vraiment les pires animaux qui existent, capables d’une cruauté sans pareille.

    Pour ma part, je suis une toute jeune végétalienne (moins d’un mois !), avec encore beaucoup de questionnements et « de peurs » (réaction de l’entourage, gérer les invitations, questions de santé…) Il y a un an, je prenais l’avion pour la Nouvelle-Zélande, en mode repas normal, plein de viande, laitages, … Une fois ici, j’ai progressivement arrêté la viande rouge, surtout par goût mais je gardais le poulet, en le prenant « free range » pour me donner bonne conscience. Le poisson est ici très cher et avec un choix limité donc j’ai appris à m’en passer. Avec les recettes d’Hélène, puis celle de Laurence et enfin les tiennes, j’ai appris à réaliser de plus en plus de plats végéta*iens. J’avais diminué depuis longtemps les laitages après avoir lu « Lait, mensonges et propagande », jusqu’à les arrêter définitivement il y a peu mais c’était surtout des raisons de santé qui me motivaient. Et puis un jour, j’ai regardé un reportage (français) intitulé « une vie de cochon » et là,  j’ai su. Quand j’ai vu toute cette douleur, cette souffrance, cette industrie qui détruit à la fois des vies animales mais aussi humaines, j’ai compris qu’il était temps d’agir et de faire mon possible pour ne plus contribuer à cela. Depuis, je me renseigne le plus, j’apprends à ouvrir les yeux et ne plus faire l’autruche et c’est grâce à des personnes comme toi que c’est possible. Résultat, la semaine prochaine, je reprend l’avion pour la France mais cette fois, avec un menu végétalien.

    En ce qui concerne les œufs, j’avais déjà eu un premier aperçu des conditions de vie des « codes 0 » grâce à une newsletter à laquelle je suis abonnée mais c’est en lisant ton article que j’ai vraiment réalisé ce que cela impliquait, quelle était vraiment la vie de ces poules qu’on pense à tort heureuses et choyées. Le couple néo-zélandais qui nous accueille, mon mari et moi, en ce moment élèvent une dizaine de poules, qui sont libres d’aller et venir comme elles veulent. Elles ont un grand espace vert, avec de la vraie herbe, des vrais vers de terre et tous les restes végétaux de la maison. Si elles pondent, ils sont contents et sinon, ben elles continuent de vivre leur vie de poules heureuses jusqu’à ce qu’elles meurent naturellement de vieillesse et elles seront alors enterrées avec respect, comme des membres de la famille.

    Sur ce, j’ai encore beaucoup de choses à lire sur ton site, sur tous les liens que tu donnes et je vais rapidement commander les livres dont j’ai eu connaissance dans les commentaires. Merci à toi de m’avoir aidée à ouvrir les yeux mais aussi de me donner, par ton exemple, le courage de m’affirmer comme végétalienne.

    Je te souhaite une très bonne semaine

    • Oh, je suis désolée de te répondre si tardivement, Camille !
      J’ai cru t’avoir répondu plus tôt et je viens de voir que, non, ce n’était pas le cas !
      Je voulais simplement te remercier pour ton adorable message qui m’a beaucoup touchée et qui m’a fait très plaisir en même temps : bravo à toi, quel changement, quels pas ! Tu peux être fière et j’espère que le retour de Nouvelle-Zélande ne sera pas trop difficile…
      Merci vraiment à toi en tout cas et à bientôt ! 🙂

  7. Merci beaucoup pour ta réponse Ophélie. Le retour en France va beaucoup me faciliter la vie car j’aurais accès à des produits introuvables en NZ. Ici, les magasins bio sont hyper rares et même là, impossible de trouver du tofu soyeux, des yaourts de soja et bien d’autres. Le seul avantage ici, c’est que chaque restaurant est normalement tenu de proposer un plat végétarien (malheureusement pas végétalien mais c’est au moins un début). Et puis, j’espère avoir rapidement enfin une maison, avec un grand jardin pour y installer des poules rescapées.
    Une petite anecdote : l’autre matin, en allant nourrir les poules, j’ai vu l’un des chiens de la maison (des curly coated retriever) faire des « bisous » à une poule. C’était super mignon à voir.

    Je te souhaite une très bonne fin de semaine.

    • C’est vrai ? Je pensais justement que la NZ était assez vg, bio, et tout ça… Mince, moi qui rêve d’aller y habiter ! Bon, je crois que je vais devoir bifurquer sur l’Australie… 😉
      Et des chiens câlineurs de poules, n’est-ce pas adorable ? ❤
      Très bonne fin de semaine à toi aussi, Camille !

      • La Nouvelle-Zélande est un pays plein de contraste mais clairement côté alimentation, c’est l’horreur (même quand tu n’es pas vegan). Ici, c’est le royaume du barbecue (et pas au tofu, ni aux légumes), des produits laitiers (la plus petite barquette de beurre fait 500g, ils en mettent partout, j’ai même vu une collègue en tartiner sa part de cake aux poivrons que j’avais fait, ils mettent tous du lait dans leur thé,…), des take-aways et j’en passe. Pour le bio, cela se développe de plus en plus mais ils ont parfois 20 ans de retard et certains produits restent introuvables (et l’Australie n’est pas forcément mieux lotie). Par contre, leur gentillesse fait qu’il est beaucoup plus facile de demander des plats sur-mesure au restaurant. Je me souviens qu’un resto où il n’y avait aucun plat adapté vegan et la serveuse m’a d’elle-même proposé un plat que je puisse manger. De ce côté-là, ils sont vraiment super, très ouverts et aux petits soins pour les gens.
        Bonne semaine.

  8. Wow.
    Ben, je me disais « et si j’arrêtais les oeufs en plus de la viande? » … mon choix est fait. J’avais déjà décidé d’arrêter les produits laitiers…

  9. Je vous conseille ce livre « Non aux oranges carrées ! : Guide pratique pour changer sa façon de faire ses courses (de A à Z) » tous les produits que vous achetez sont décryptés. Un chapitre parle des poules et des codes sur les oeufs les 0, 1, 2 et 3 et depuis j’achète les codes « o ».

  10. Bonjour Ophélie et la compagnie 🙂

    L’article date un peu, mais je me demandais où sauver des petites poules promises à la souffrance ou à la mort? Où les trouver? On cherche à « abattoir » dans les pagesjaunes??

    Merci!!

  11. Heu… tu confonds bio et batterie toi, pour une partie de la chaîne. Faut que tu relises les critères des élevages bio/fermier.

      • Je confirme pour les élevages bio. Nous avons acheté des poules d’un de ces élevages qui allaient être envoyées à l’abattoir après leurs longs mois de bons et loyaux services.
        Elles étaient amaigries, leurs becs abîmés, il leur manquait plein de plumes. Il a fallu près de 5 mois de « chouchoutage » pour qu’elles aient à nouveau fière allure. Là, elles sont en forme. On leur donne du grain adapté, et tous nos déchets de légumes comme dessert. Elles ont bien mérité une retraite dorée 🙂 (pas question de les manger! )

        • Le plus beau serait que tout le monde devienne végétarien car la souffrance est pour tout les animaux d’élevage j’ai déjà vu des vidéos ou j’en ai été malade c’est atroce ce que l’on fait subir à tout ces animaux hélas cela n’arrivera jamais pour ces éleveurs il n’y a que l’argent qui compte et le sort final de leurs bêtes ils s’en foute

        • 5 mois !! Les élevages mettent au rebut les poules lors de la mue (et donc c’est normal qu’il leur manque des plumes) tout ça parce qu’au moment de la mue les poules utilisent leur énergie pour la mue et donc ne pondent plus. Après, elles re-pondent, mais les oeufs sont moins « calibrés et lisses » et puis elles vont pondre (théoriquement) de moins en moins au fil des ans. Mais la mue ne prend pas 5 mois ! Mes poules de réforme, ça leur a pris 2/3 semaines avant d’avoir à nouveau l’air de « vraies » poules (et poules « plein air », même pas bio). Attention si elles ont l’air piteuses plus de temps, c’est sûrement qu’il y a un problème (de carence alimentaire ou de maladie….) Et sinon, il faut veiller à soit leur donner les coquilles (de coquillages si vous avez une plage pas loin, les coquilles vides des oeufs…) ou suffisamment de sable pour qu’elles puissent faire leurs oeufs (sinon, elles ne peuvent pas les expulser et ça fait mal ! ou pire, la coquille se fait quand même mais trop fragile, elle se casse à l’intérieur et là, c’est l’infection assurée…)

  12. Oui Rey, malheureusement on le retrouve dans le cahier des charges du label bio. Par exemple sur ce document (qui commence à dater), qui est vulgarisé: le label biologique pour les poules, autorise de couper le tiers du bec (pas plus, mais le tiers quand même!!! Je n’ose imaginer ce qu’ils font aux autres, non bio…) Elle doit avoir accès au plein air seulement 1/3 de leur vie (dingue… moi qui les imaginais gambadant dans la nature de leur naissance à leur mort -heureuse-). Ou encore, le label autorise un maximum de….6 poules par m². ah ouais… et les autres, c’est combien??
    Ou encore: une alimentation conventionnelle est tolérée jusqu’à 5% si les réserves de bio sont vides.
    Alors côté santé, un truc que je découvre, citation: « Les vaccinations et les traitements antiparasitaires ne sont pas limités en nombre. » Ça calme.
    Voila la source, qui semble vouloir faire la promotion du bio.
    http://www.itab.asso.fr/downloads/cahiers-elevage/cahier-pondeuses-web.pdf

    Et ben mes amis, on n’est pas encore sortis de l’asperge, comme on dit…

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  14. Merci…
    Si seulement il y avait davantage d’humains qui voient cette souffrance et décident de dire stop à ces horreurs et ces souffrances…

  15. Si je puis me permettre, toutes les poulettes bio ne vivent pas comme cela. Ma belle-sœur fait un élevage de poulets bio, cela n’a rien, mais alors rien du tout, à voir avec ce que tu décris ici. Les cocottes vivent dans de grands enclos, et cavalent en tous sens. Mais c’est indéniable, elles finissent par être tuées et mangées ! Je suppose que, comme pour tout le reste, il faut fuir les hypermarchés et savoir ce qu’on achète, et à qui. Circuit court.

  16. Bonjour, article très interessant et très détaillé. Cela dis, une question me trotte l’esprit. Dans un élévage, les poules, donc les oeufs ne sont pas fécondés puisque absence de mâles. Dans ce cas, comment expliquer la naissance de poussins (ensuite broyés) ..??
    Merci d’avance

    • Ce sont deux circuits différents : des élevages de poules pondeuses et des élevages de poussins donc de pondeuses fécondées.

  17. Elles sont rares, les poules libres de courir. Mes frères ont des poules chez eux. La plupart son en liberté. D’ailleurs, la chienne en a adopté une. Elles se protègent mutuellement.
    Je prends parfois des oeufs chez eux. S’ils n’en ont pas, je n’en achète pas ailleurs. Là je connais les cocottes et je sais qu’elles ont une belle vie. Souvent jusqu’à leur mort naturelle (même si eux, en mangent parfois).

  18. Ping : N°56 897 | Sur les animaux | Scoop.it

  19. C’est odieux. C’est d’une cruauté inadmissible. On peut nourrir les poli patin sans utiliser de telles méthodes. Si ils n’avaient pas exterminé les paysans et leur multitudes de petites productions locales on n’en serait pas là. Il faut trouver un moyen de boycotter cela. On n’a pas le droit de laisser souffrir des êtres vivants de cette façon sous prétexte de se nourrir. D’une nourriture malsaine qui plus est.

  20. C’est tellement triste et odieux. Je me souviens du plaisir de manger de bons œufs de poules heureuses et bien traitées. Chaque été deux mois de vacances chez les paysans. Les poules qui couraient de partout, même dans la cuisine quelquefois à picorer dans un grand pré. J’adorais le matin leur distribuer leur dises de blé et de mais dans la cour et les voir accourir en pépiant avec leurs petits poussins aux trousses. Chercher où étaient cachés les œufs fraîchement pondu. C’était le travail des enfants de les trouver et le soir on les rentrait en sécurité dans le poulailler. L’hiver dans l’écurie avec la lampe rouge pour les réchauffer. C’était il n’y a pas si longtemps et pourtant lorsqu’on assiste aux horreurs qui se généralisent aujourd’hui jusque dans les pays  » en voie de développement  » j’ai l’impression d’avoir vécu 10 vies. L’impression que ces souvenirs appartiennent à un monde depuis longtemps éteint. Ça fait très mal de voir l’essence même de cette planète s’éteindre par la faute de la cupidité humaine et voir tous ces animaux en souffrir.

      • L’article aurait prfaitement collé a mon billet précédent (« Wok de légumes »)mais il est édité et les lecteurs n’y reviendront pas. L’avantage du reblogue est qu’il fait à lui seul office d’article avec son titre et son accès direct. Mais je vais lire vos autres articles et j’aurais bien l’occasion d’y glisser votre lien d’ici peu. Merci.

  21. bonjour, je n’aime pas trop habituellement les long article de ce genre, mais alors là c’était pas l’envie mais j’ai plutôt trouvé le courage de lire jusqu’à la fin car c’est térrible de s’imager ce que vivent ces pauvre petites bêtes, je le savait en plus qu’il nous arnaquait avec leur pseudo Bio mais là c’est encore plus clair, un article qui mérite d’être partagé!!!!!bonne continuation!!!

  22. Ping : N°56 897 EST INQUIÈTE… | UN ESPRIT SAIN DANS UN CORSAGE

  23. Bonjour, quel article déchirant, moi qui achetais des œufs bio ou élevés en plein air… Je tombe de haut. Peut-être que moi aussi je fermais les yeux. C’est finit, nous mangeons les œufs de mes cocottes qui partiront de vieillesses. Car après tout, elles auront travaillé pour moi toute leur vie, elles ont le droit à une retraite en or. Merci à vous

  24. C’est pour ce genre de chose, que je suis devenue vegetalienne, et fière de l’être!!

    Merci pour cet article qui ouvre, une fois de plus, les yeux.

  25. Ping : Faut-il manger des œufs ? – Antidote Veggie

  26. Ping : Havreflarn (galettes suédoises à l'avoine façon Ikea) - Rose Citron

  27. Coucou Ophélie, une « lettre » circule sur FB en ce moment, qui ressemble étrangement à cet article… tu en sais quelque chose??

    « N°67 595 est l’une des 80 000 poules dans un établissement familial d’œufs biologiques. Elle n’a jamais vu le soleil ni senti l’herbe sous ses pieds, elle n’a jamais rencontré sa mère. Ses yeux piquent à cause des fumées brûlantes d’ammoniac, son corps déplumé est couvert de blessures et d’abrasions, ses os sont cassants à cause de l’épuisement par la production d’œufs, son bec coupé est palpitant de douleur. Elle est exténuée, épuisée et défaite. Après toute une vie de privation sociale, psychologique, émotionnelle et physique, elle s’en sort en picorant des cibles fantômes pendant des heures sans fin. Elle a deux ans et sa vie est terminée. Sa production d’œufs a diminué et on s’en débarrassera par les moyens les moins chers – elle sera gazée avec les autres 80 000 poules de sa communauté. Cela prendra trois jours complets pour finir le travail. Pendant deux longues journées elle entendra les bruits et respirera les odeurs de ses sœurs en train de mourir dans les bidons de gaz à l’extérieur de son étable. Et à la troisième journée ce sera à son tour. Elle sera attrapée par ses jambes et amenée dehors pour la première fois de sa vie et, comme toute un chacune de ces 80 000 poules épuisées, comme chacune de ces 50 milliards de victimes annuelles de notre appétit, elle se battra pour continuer à vivre et elle n’acceptera aucune explication et aucune justification pour être privée de sa pathétique vie unique.
    Elle est le visage des « œufs biologiques » dont nous encourageons l’utilisation par les entreprises et les consommateurs. »
    Lettre de la part d’un monde végétalien
    Joanna Lucas

    • Ah non, je ne l’avais pas vue… Bon, c’est soit une coïncidence soit un mini-plagiat, mais si ça peut aider à faire diminuer la consommation d’œufs, on va dire que c’est une bonne chose ! Merci de m’avoir prévenue en tout cas 🙂

  28. Bonjour
    est-ce qu’il existe un livre recueil avec des histoires d’animaux d’élevage- laboratoire, comme celle ci que u as écrit? Avec ce qui concerne les vaches de chair, les vaches laitières, les poules pondeuses, les poules de chair, les cochons, les chèvres , les lapins, le foie gras, ect…. j’aimerai offrir cela à beaucoup de monde

  29. Ping : Quiche épinards chèvre (sans oeufs) | Les carnets d'Anna Moog

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