NO MILK TODAY


Après avoir publié ma recette de lait de noisette maison, un message un peu long m’a été adressé. En gros, si je traduis en résumant, cela voulait dire : ‘Bon, c’est bien joli de se décarcasser la tête à faire ton lait de noix maison mais, après tout, pourquoi ne pas boire de lait de vache ? Ce serait quand même ‘vachement’ plus simple… hu hu…’

Cette question m’a interpellée et je me suis rendue compte que, si, pour moi, la réponse est parfaitement naturelle et va totalement de soi, et bien, il n’en est pas de même pour tout le monde. Parce que c’est bien beau de se remplir la panse, mais l’un des buts de ce blog est aussi le partage d’informations. C’est pourquoi je me suis dit que, plutôt que répondre personnellement à l’intéressé, il serait plus judicieux d’écrire un article sur le sujet – amis vg, veuillez m’excuser, pour vous nihil novi sub sole !

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Alors, pourquoi ne pas boire de lait de vache ?

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Je ne reviendrai pas ici sur les arguments éthiques, humains et environnementaux de ce choix, car j’estime les avoir déjà traités assez amplement, mais je traiterai ici avant tout des questions de santé. J’avais déjà abordé celles-ci partiellement dans le cas plus général de consommation de produits animaux, mais, à en juger la question qui m’a été adressée, un développement plus ample est nécessaire.

Vers la fin de l’adolescence et pendant de nombreuses années ensuite, j’ai eu des problèmes digestifs. Cela m’a pris longtemps avant de mettre le doigt sur leur principale cause. Je continuais de siroter mon petit café crème et, comme par hasard, j’étais prise de crampes d’estomac dans le quart d’heure qui suivait… mais je n’accusais pas mon noisette pour autant. Attendez, depuis ma petite enfance je buvais du lait de vache sans aucun souci, et maintenant, celui-ci pourrait être la cause de mes maux ? Mais bien sûr ! Bref… cela m’a pris un certain temps avant de me rendre à l’évidence : je ne digère pas le lait de vache. Et par là-même, un grand nombre de produits laitiers : beurre, crème, etc. A ma grande surprise, quand j’ai commencé à pointer du doigt le coupable et à faire mes petites recherches sur le sujet, je n’étais pas la seule ! Et apparemment, le phénomène semble même être relativement courant – comme c’est étrange…

Depuis notre plus tendre enfance, nous entendons autour de nous que le lait, ‘c’est bon pour la santé’, que le lait, c’est ‘indispensable pour des os solides’, ou encore qu’il est nécessaire de consommer ‘au moins trois produits laitiers par jour’… qui ne se souvient pas de ces publicités ciblées pour public adolescent qui nous montraient de beaux jeunes gens s’embrassant goulûment à travers champs et montagnes avec le fameux slogan : ‘les poduits laitiers, des sensations pures’ …?

… Alors, les produits laitiers, si purs que ça ?

Dans quelle mesure est-il naturel de boire le lait d’une autre espèce que la sienne ?

Ça vous dirait, vous, de boire du lait de chienne ou du lait de truie ? Non ? Pourquoi ?..

Nous, les humains, sommes les seuls mammifères, d’une part, à boire le lait d’une autre espèce que la nôtre et, d’autre part, à continuer à boire du lait une fois parvenus à l’âge adulte.

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  • Un aliment inadapté pour l’homme

Boire le lait d’une autre espèce que la sienne signifie que l’on consomme un produit au code génétique inadapté pour la nôtre. En effet, les hormones contenues dans le lait sont des véhicules d’informations et elles transmettent à l’hypophyse du bébé (humain ou non) des informations spécifiques pour cette espèce particulière. La question est donc : les informations de croissance d’un veau d’une demi-tonne sont-elles les mêmes que celles d’un nourrisson de 3-4 kilos ? Pas vraiment… C’est cette même perturbation du mécanisme sensible du système hormonal qui est la cause de troubles de l’organisme qui peuvent se manifester sous la forme d’intolérances ou d’allergies. Plus grave encore, ces troubles peuvent participer au développement de maladies auto-immunes, elles-mêmes révélatrices de dysfonctionnements du système immunitaire. La responsabilité des produits laitiers dans le diabète de type 1 a été particulièrement bien étudiée et nous permet d’y voir plus clair.

Selon le Dr. Campbell, ce type de diabète peut se former de la façon suivante :

  1. On nourrit un bébé de protéines de lait de vache contenues, par exemple, dans un lait infantile.
  2. Ce lait est digéré par l’intestin grêle mais, dans un certain nombre de cas, la digestion n’est pas complète : un petit nombre de chaînes d’acides aminés ou des fragments de la protéine originale restent dans l’intestin.
  3. Ces fragments peuvent ensuite être absorbés par le sang.
  4. Le système immunitaire identifie ensuite ces fragments comme des intrus et tente de les détruire.
  5. Malheureusement, certains de ces fragments ont une composition très proche des cellules du pancréas, responsables de la production d’insuline.
  6. Le système immunitaire n’est plus capable de différencier les fragments des protéines de lait animal des cellules du pancréas et détruit les deux.
  7. L’enfant ne peut ainsi plus produire de l’insuline et devient diabétique de type 1 pour le reste de sa vie.


Boire le lait d’une autre espèce que la sienne présente un autre aspect problématique. Tandis que le lait maternel humain est constitué en grande partie de graisses poly-insaturées, le lait de vache contient essentiellement des acides gras saturés à grosses molécules lipidiques – que le foie humain a du mal à digérer. Le système biliaire va donc s’activer pour tenter de dissoudre ces graisses difficilement compatibles avec le système digestif humain et qui engendrent des putréfactions intestinales : on aboutit ici à une fatigue prématurée de ces organes. Ajoutons à cela une propension naturelle au lait de vache à fixer les toxines déjà présentes dans le corps, et principalement celles issues de l’alimentation : nous avons donc ici un double effet toxique, direct et indirect, du lait de vache pour notre organisme.

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  • Un aliment inadapté pour l’adulte

D’autre part, continuer de boire du lait à l’âge adulte est également problématique. Tous les animaux cessent, tôt ou tard, de boire du lait : pourquoi pas nous ? Cette question rejoint en réalité celle que je me suis posée lorsque j’ai mis le doigt sur la cause de mes maux de ventre : une fois adulte, nous perdons la quasi-totalité des enzymes indispensables à la digestion du lait, les lactases. Le risque est donc de ne pouvoir digérer cet aliment, mais également de créer un état de sur-activation d’acide lactique. Présent en trop grande quantité dans l’organisme, celui-ci engendre une prolifération de cellules qui ne sont pas en mesure d’atteindre leur maturité, de capter l’oxygène et d’éliminer les déchets – ce qui, à terme, se révèle toxique pour l’organisme.

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  • Et le calcium dans tout ça ?..

Petite, j’avais un livre illustré par Quentin Blake qui racontait l’histoire d’un petit garçon qui décidait de ne plus boire de lait de vache… et tous ses os se cassaient ! Je me demande maintenant dans quelle mesure un certain lobbyisme de la part des industries de produits laitiers étaient derrière tout ça, mais passons… Voilà, ce n’est pas nouveau et il n’y a certainement aucune chance pour que vous ayez échappé à ce type de discours : le lait de vache est riche en calcium et ne pas en consommer serait un désastre pour notre organisme – zouuu, en partance pour l’ostéoporose sans passer par la case Départ ni toucher les 20.000 francs… Pourtant, est-ce le cas ?

Les produits laitiers, il est vrai, sont riches en calcium. Pourtant, comment expliquer que c’est dans les pays où l’on en consomme le plus qu’on a les taux les plus élevés de fracture des os ? Le grand paradoxe se situe là… Les protéines animales – contenues, par exemple, dans le lait de vache – sont très acidifiantes pour l’organisme. L’augmentation du taux d’acidité corporelle touche d’abord le sang et les tissus sanguins, ce qui provoque alors une réaction du corps pour faire baisser cette acidité anormale. Le calcium est alors l’élément utilisé pour neutraliser cette acidité et revenir à un équilibre basique. Mais où le corps tire-t-il son calcium ? Des os !… Les os, parce qu’ils doivent donc fournir le calcium nécessaire pour rétablir l’équilibre acido-basique de l’organisme, sont donc affaiblis, d’où leur risque accru de fracture.

Répondre aux besoins en calcium de notre organisme en buvant du lait ou en consommant des produits laitiers est donc un mythe. Sachez d’ailleurs que bon nombre de laits végétaux contiennent naturellement du calcium, quand ils ne sont pas par ailleurs enrichis en calcium. D’autre part, vous trouverez de bonnes sources de calcium dans les légumineuses (soja et produits dérivés, haricots…), les crucifères (brocolis, chou vert, chou chinois, chou frisé…), les noix et graines (sésame, amandes, noisettes…), mais aussi dans les algues, la mélasse, les graines germées, etc. N’ayez donc aucune crainte à vous passer de produits laitiers : cela ne pourra faire que du bien à vos os !

Et puis, dites-vous que, face aux processus de fabrication et de mise en boîte des produits laitiers, les laits végétaux, notamment maison, présentent l’avantage de la simplicité de composition – pas de mauvaise surprise dans ce qui vient nourrir votre organisme !

Tant de choses encore pourraient être dites sur la nocivité des produits laitiers sur notre santé… mais il est difficile de tout résumer en un article ! J’espère que celui-ci vous aura intéressé, et je vous donne rendez-vous très bientôt pour continuer à recycler notre okara ! 😉

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Pour aller plus loin :
Le rapport Campbell, de T. C. Campbell et T. M. Campbell
Santé, mensonges et propagande. Arrêtons d’avaler n’importe quoi, de T. Souccar et I. Robard