LES HUILES ESSENTIELLES POUR LES NULS

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Les Huiles Essentielles pour les Nuls - Antigone XXI

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J’ai dû dire au détour d’un billet que je soignais la plupart de mes maux et bobos du quotidien par des remèdes naturels - essentiellement par la phytothérapie et l’aromathérapie - et cela ne vous a pas échappé.  Pourtant, j’ai longtemps été une accro à l’aspirine, une fan de l’Ibuprofen, une dopée du paracétamol, médocs que j’utilisais à tire-larigot pour soigner, en vrac, les atroces migraines qui me suivaient depuis le début de l’adolescence, les règles ultra-douloureuses qui me rappelaient chaque mois que j’étais une fille, et quantité de petites rages de dent, de muscles un peu cassés et de lendemains de soirées arrosées. Outre le fait que, depuis que je suis végane, je n’ai plus une seule migraine (je ne plaisante pas) et que j’ai appris à mieux écouter mon corps pour éviter ou mieux gérer les épisodes douloureux, je me soigne désormais de façon naturelle et mes remèdes ne sont pas moins efficaces que tout l’arsenal chimique que je dégoupillais auparavant – au contraire.

Il est vrai que les plantes et extraits de plante peuvent vraiment être très efficaces pour soigner tout un tas de maladies et de problèmes de santé, de façon naturelle et sans effets secondaires. Bien que je tombe rarement malade maintenant (ce qui change d’avant où j’étais à peu près malade un tiers de l’année), j’ai remarqué que, si je soigne une affection respiratoire (rhume, bronchite…) à coup d’aroma- et de phytothérapie, il y a de très fortes chances qu’elle soit tuée dans l’œuf si je m’y prends le plus tôt possible, ou, si j’ai tardé à me soigner, qu’elle ne dure que 3-4 jours. Quand je compare avec mon entourage chez qui les rhumes semblent durer des semaines ou s’enchaîner d’octobre à février, je vois une énorme différence.

Vous êtes nombreux à m’avoir demandé d’écrire sur le sujet, et j’ai donc pensé à une nouvelle gamme d’articles (disponibles dans la rubrique VIVONS) sur l’aromathérapie, la phytothérapie et les produits naturels : tous ces éléments qui peuvent se montrer aussi utiles en cosmétique qu’en soin ménager et, bien sûr (et surtout), en soin de santé. Car l’aromathérapie, avec laquelle je commencerai ici, c’est l’utilisation médicale des huiles essentielles

Cet article ne se veut pas une somme exhaustive des connaissances en aromathérapie, loin de là, mais une présentation de savoirs de base sur la question. J’aimerais y présenter tout ce qu’il faut savoir avant d’utiliser les huiles essentielles, afin que, si vous êtes complètement novice en la matière, vous puissiez avoir quelques bases pour vous lancer en toute sécurité. Je présenterai dans un prochain article mes huiles préférées, celles que j’utilise au quotidien et que je recommanderais à tout aromathérapeute débutant d’avoir dans son tiroir.
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[ Sommaire ]
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  1. Phytothérapie et Aromathérapie
  2. Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?
  3. Comment ça marche ?
  4. Huiles essentielles et antibiotiques
  5. Les huiles essentielles, c’est sans danger ?
  6. Comment identifier une huile essentielle ?

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Rappel : je ne suis pas aromathérapeute ni naturopathe. Les informations et conseils que je vous propose ici sont le fruit de mes propres recherches et des formations suivies en la matière. Je ne peux être tenue responsable de problèmes rencontrés dans votre propre utilisation des huiles essentielles. Renseignez-vous et consultez des spécialistes avant de vous lancer.

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Les Huiles Essentielles pour les Nuls - Antigone XXI

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Phytothérapie et Aromathérapie

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La phytothérapie (du grec phytos – la plante – et therapeía - la cure), c’est la médecine par les plantes, c’est-à-dire la science qui traite les maladies par les plantes médicinales. Il s’agit là d’une pratique très ancienne, sur laquelle repose toute notre médecine, puisque les plantes ont très longtemps été la base de la pharmacopée.

L’aromathérapie (du grec arôma, arôme), c’est l’utilisation médicale des extraits aromatiques de plantes, les huiles essentielles. Celles-ci sont utilisées pures ou incorporées dans différentes préparations (lotion, crème, miel, gélules…). C’est une branche de la phytothérapie mais qui présente d’importantes différences avec celle-ci.

Pendant longtemps, phytothérapie et aromathérapie se sont confondues : les extraits distillés de plante étaient déjà utilisés dans l’Egypte ancienne, en Inde ou en Chine. C’est seulement à partir du XIXè siècle, que l’on commence à étudier les principes actifs de ces extraits. Pour la petite histoire, ce serait le chimiste Gattefossé (1881-1950) qui, développant une gangrène à la suite de graves brûlures aux mains, aurait appliqué sur ses plaies de l’huile essentielle de lavande, dont il pressentait l’usage antiseptique et cicatrisant. Alors qu’il aurait vraisemblablement dû perdre ses mains, celles-ci guérirent extrêmement rapidement. Gattefossé décida alors de consacrer ses recherches à l’étude des huiles essentielles : inventeur du mot ‘aromathérapie’, il est considéré comme le père de l’aromathérapie moderne.

Tandis que la phytothérapie utilise la totalité de la plante sous de multiples formes (tisanes, extraits, macérats, décoction, etc.), l’aromathérapie ne fait appel qu’à la partie volatile (voir ci-après) de la plante, l’huile essentielle, beaucoup plus concentrée que la plante elle-même. Ainsi, il faut 100 kg de genévrier pour faire 1 kg d’huile essentielle de genévrier ! D’autre part, les propriétés et utilisations des extraits de plantes ne sont pas les mêmes en phyto- et en aromathérapie. On ne remplace pas les feuilles séchées  par l’huile essentielle d’une même plante. Par exemple, si un gommage au sucre et à la cannelle ne présente aucun danger pour la peau, l’huile essentielle de cannelle pure est, elle, très dermocaustique : vous risquez donc de belles irritations…

La précaution est donc de mise quand on touche à l’aromathérapie. Mais rassurez-vous : une fois les bases acquises et un petit nombre d’informations maîtrisées, il est relativement aisé d’utiliser les huiles essentielles, à condition de ne pas faire n’importe quoi avec et de suivre des conseils et recettes certifiés.

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Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

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Une huile essentielle, ou essence végétale, est la fraction odorante volatile extraite d’une plante. A l’origine, c’est le système de défense de la plante contre l’extérieur : insectes, soleil, maladies…  C’est aussi par-là qu’elle se soigne en cas de blessure ou de parasite.

L’huile essentielle est obtenue par extraction mécanique, distillation ou entraînement à la vapeur d’eau. Il s’agit donc d’un véritable concentré de plante. Cet extrait est liquide : ‘huileux’, certes, car les huile essentielles ne se mélangent pas avec l’eau (on dit qu’elles ne sont pas miscibles), mais seulement avec les corps gras, l’alcool ou certains solvants. Les huiles essentielles n’ont rien à voir avec des huiles végétales : elles n’ont pas du tout les mêmes composition, utilité et propriétés. Contrairement aux huiles végétales, elles ne sont pas grasses et peuvent donc s’évaporer : attention à bien refermer vos flacons ! Les huiles essentielles sont aussi différentes des hydrolats, obtenus par entraînement à la vapeur à partir de fleurs, et des Fleurs de Bach, qui sont des élixirs floraux réalisés à partir d’un nombre restreint d’essences (infusées au soleil ou par ébullition) de fleurs.

Une huile essentielle peut être extraite de différentes parties de la plante : les fleurs (HE de camomille, rose, géranium), les feuilles (eucalyptus, menthe, teatree), le bois (cèdre, bois de rose ou de hô), le zeste (citron, orange, pamplemousse), l’écorce (cannelle), les racines (gingembre), les graines (carotte), ou encore les fruits, les bulbes, etc. 

Chaque huile essentielle est donc unique : cela signifie que chaque huile a son parfum, ses propriétés, ses caractéristiques propres. Avant de substituer une huile pour une autre dans une recette, il est donc très important de vérifier si cette substitution est possible et ne comporte aucun risque.

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Comment ça marche ?

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Une huile essentielle est un mélange de molécules variées : des alcools, des terpènes, des phénols, des éthers, des cétones, des acétates… Chaque huile contient ainsi plus de 200 substances actives ! En aromathérapie, on part du principe que c’est l’ensemble de ces substances qui confère à une huile essentielle ses propriétés, et non seulement tel ou tel principe actif.

Bien que les huiles essentielles soient peu utilisées par les professionnels de santé Français, près de 10 000 études scientifiques (cf. ici & ) ont été réalisées sur les huiles essentielles dans le monde : la plupart conclue à l’efficacité des huiles essentielles.

Les huiles essentielles ont de nombreuses propriétés, qui varient selon les huiles. Certaines, comme l’huile d’arbre à thé ou de thym jouent un rôle antiseptique et anti-infectieux, d’autres ont une action antidouleur (génévrier, girofle…), digestive (cannelle, gingembre, cumin…) ou cicatrisante (hélichryse, gaulthérie…). Une majorité d’huiles essentielles sont anti-virales et peuvent avoir une action antibiotique.

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Huiles essentielles & antibiotiques

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Les huiles essentielles présentent d’importantes différences avec les médicaments, notamment les antibiotiques :

• Elles ne présentent pas d’effets secondaires : par exemple, elles n’altèrent pas la flore intestinale, à la différence des antibiotiques classiques. 

• Elles ne provoquent pas de résistance : le problème des antibiotiques, entre autre, c’est que, plus on en prend, plus les germes s’habituent et plus il faut augmenter le dosage (ou changer de molécules antibiotiques) pour combattre la pathologie. C’est ce qu’on appelle l’antibiorésistance. Avec les huiles essentielles, pas de problème !

• Elles améliorent la réponse immunitaire : non seulement les huiles essentielles bloquent le développement de germes infectieux, mais elles ont également une action positive sur le terrain immunitaire, permettant de limiter les tentatives de récidives de la maladie. Ceci est particulièrement important dans le cas d’affections à répétition, comme les rhumes ou les otites.

• Elles sont efficaces sur l’environnement extérieur : tandis qu’un antibiotique classique ne concerne que l’organisme, utiliser des huiles essentielles en diffusion permet de détruire les germes infectieux présents dans une pièce. Si l’on tombe malade, en hiver, ce n’est pas à cause du froid, mais à cause du peu de circulation de l’air et donc des microbes dans les espaces clos : une vaporisation d’huiles essentielles anti-infectieuses est donc particulièrement utile pour empêcher la prolifération de ces germes.

Bien sûr, cela ne signifie pas que vous deviez jeter systématiquement à la poubelle vos antibiotiques et les remplacer par des huiles essentielles. Il est des cas où la maladie est si avancée et si agressive que seuls des antibiotiques peuvent la contrer. Mais, même ici, l’aromathérapie peut être utilisée en complément d’un traitement classique, ce qui permet de renforcer son efficacité.

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Les huiles essentielles, c’est sans danger ?

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Les huiles essentielles, comme les médicaments, ne se prennent pas n’importe quand et comment.

En dehors des potentielles allergies, certaines huiles sont dermocaustiques : cela veut dire qu’elles peuvent entraîner des irritations ou des brûlures au contact avec la peau, à l’exemple de l’huile de cannelle ou de clou de girofle. D’autres sont photosensibilisantes, c’est-à-dire qu’elles rendent la peau excessivement sensible à la lumière du soleil : c’est le cas notamment des huiles essentielles d’agrume (citron, orange…).

D’autre part, certaines huiles sont à éviter absolument pendant le premier trimestre ou pendant toute la grossesse, de même que durant l’allaitement. Chez les enfants, certaines huiles peuvent provoquer d’importants troubles et une grande majorité d’entre elles sont contre-indiquées en-dessous de trois ans.

Enfin, certaines huiles peuvent être contre-indiquées dans le cas de certaines pathologies ou troubles (problèmes thyroïdiens, épilepsie…).

Ces questions seront abordées plus en détails dans de futurs articles, donc je m’en tiens là pour le moment.

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Quelles huiles choisir ?

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Attention, toutes les huiles essentielles ne se valent pas et on trouve sur le marché de plus en plus d’huiles de mauvaise qualité ou qui n’ont presque rien à voir avec des huiles essentielles. De nombreuses huiles utilisées par exemple en parfumerie ou cosmétique conventionnelles sont des huiles synthétiques ou coupées avec des molécules synthétiques : leur effet thérapeutique est donc nul ou quasi nul et, pire, elles peuvent même être toxiques.

Il est donc important de toujours acheter des huiles essentielles pures. Certes, celles-ci sont plus chères que les arômes de synthèse présents dans de nombreux produits ménagers ou cosmétiques, ou que les ‘essences’ et ‘arômes’ vendus en grande surface, mais leur qualité est incomparable. On les trouve en magasin bio, pharmacie ou en parapharmacie. Pour vérifier l’origine d’une huile essentielle, vous pouvez demander à consulter les fiches de contrôle que les fournisseurs remettent au magasin ou au pharmacien.

Le mieux est d’acheter si possible des huiles essentielles biologiques ou 100% naturelles. Dans le premier cas, vous serez ainsi assurés qu’elles ne contiennent aucun résidu de pesticide et qu’elles ont été obtenues selon des méthodes agricoles respectueuses de l’environnement.

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Comment identifier une huile essentielle ?

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Une erreur que je faisais au tout début de mon intérêt pour les huiles essentielles était de croire que je pouvais substituer une variété d’huile essentielle par une autre et ne pas prêter attention au chémotype. En fait, chaque huile essentielle a une carte d’identité très précise qui indique à la fois son origine, son chémotype et son procédé d’extraction.

Prenons par exemple l’huile de romarin à camphre. La bouteille doit indiquer :

  • le nom vernaculaire : romarin à camphre
  • la dénomination scientifique latine : rosmarinus officinalis 
  • le chémotype : camphre, cinéole, alpha-pinène
  • le procédé d’extraction : parties distillées – rameaux feuillés
  • l’origine : Espagne, produit issu de l’agriculture biologique

Le chémotype est particulièrement important : une même plante peut avoir une essence différente selon l’environnement – le biotope – dans laquelle elle se développe. Beaucoup d’éléments peuvent ici rentrer en jeu : le climat, le soleil, la nature du sol, les populations végétales environnantes, etc.

Une même plante peut avoir des variétés différentes : ainsi l’eucalyptus peut être globuleux, radié, mentholé, citronné ou à cryptoneCette distinction est très importante car, selon les chémotypes, les propriétés des huiles peuvent être très différentes. Tandis que l’eucalyptus globuleux est préconisé dans le cas de maladies ORL, l’eucalyptus citronné est un excellent anti-moustique : essayez de chasser des moustiques avec de l’eucalyptus mentholé et vous compterez vos piqûres…

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Vous l’avez compris, les huiles essentielles, ce ne sont pas des petits arômes inoffensifs et jolis qui feront un délicieux parfum ou une saveur parfaite pour votre gâteau. Comme les médicaments, elles doivent être utilisées dans des buts précis et selon des posologies fixées. On ne prend pas une huile comme ça, ‘juste pour aller bien’, ou 5 gouttes alors qu’il était écrit 2. Vous prendriez 5 comprimés d’aspirine alors qu’il est prescrit d’en prendre 2, vous ?

Une huile est rarement substituable à une autre ou, du moins, il ne faut jamais chercher à remplacer une huile par une autre sans être sûr de soi, sous peine de s’intoxiquer. L’huile de sauge peut ainsi être mortelle, l’huile de cannelle occasionner de belles brûlures, l’huile de romarin être abortive… Ne faites pas vos propres mélanges sans maîtriser les propriétés des huiles. Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à demander l’avis d’un aromathérapeute ou d’un naturopathe.

Une huile essentielle conservée dans son flacon bien fermé, à l’abri de la lumière et de la chaleur, peut se conserver des années sans que ses propriétés en soient altérées.

Donc, les huiles essentielles, c’est pratique, efficace et puissant, et on les manipule avec précaution. 

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J’espère que cet article vous a intéressé et que vous êtes prêts pour la suite ! N’hésitez pas à poser toutes les questions  que vous souhaitez afin que je les traite prochainement.

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Faites-moi part de vos attentes pour les articles à venir !

  

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